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février 2010

Un article très intéressant de Wired pose une question en forme de provocation : Et si la consultation des médias sociaux au travail nous rendait plus productifs? Il est de notoriété publique que les médias sociaux au travail ce n’est pas bien. Cela nous fait perdre notre concentration, empiète sur notre temps de travail, nous rend bête, bref, de nombreuses entreprises filtrent l’accès à ces sites contre-productifs.

Certes, ce qui suit est plutôt valable pour les gens qui ont besoin d’être créatifs dans leur travail, mais au final, ça concerne une grande partie de la population. Les bénéfices des interruptions dues aux médias sociaux sont multiples :

  • Le moment où l’on est le plus créatif est le moment où l’on est en face d’une information nouvelle. C’est ce que les spécialistes de la créativité appellent la période d’incubation.
  • Le fait de sortir la tête du guidon est aussi extrêmement positif pour la créativité, comme le rappellent les auteurs de « Creativity and the Mind« . Cela permet en particulier de prendre en compte des informations extérieures à la tâche qui nous occupe.
  • L’un des processus les plus puissants de la créativité est l’association d’idée. Pour le favoriser, c’est simple, il faut multiplier les sources d’information et aider les rencontres entre informations qui n’ont à priori rien à voir.

N’hésitez pas à envoyer vos patrons vers l’article de Wired s’ils vous coupent l’accès aux médias sociaux (sauf si vous êtes chirurgien ou contrôleur aérien). Et évitez chatroulette au boulot quand même…

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Petite pensée de début de semaine…

Vous connaissez peut-être l’histoire qui raconte la construction d’un ensemble de bureaux, et la façon dont l’architecte a géré celle-ci. Les concepteurs d’applications sociales de tous poils ont tout intérêt à s’en inspirer.

« Une fois les bâtiments terminés, l’équipe en charge de la réalisation du parc vient voir l’architecte pour lui demander où ils doivent placer les chemins entre les différents bâtiments. L’architecte leur demande d’attendre un peu et de seulement planter de l’herbe partout pour le moment. Quelques semaines après, l’architecte observe les chemins naturellement créés dans l’herbe par le passage régulier des employés des bureaux et fait construire les allées à ces endroits. Le résultat : un aspect innovant et surtout un produit parfait, optimisé au maximum et qui répond parfaitement aux besoins des gens. »

Ce que l’on doit retenir de cette histoire? Laisser de la liberté aux consommateurs et observer les usages qui émergent permet de concevoir des outils proches de la perfection, et surtout de découvrir des solutions auxquelles on n’aurait pas pensé.

C’est finalement la stratégie qui a cours dans la Silicon Valley actuellement : sortir le plus rapidement les produits, avant même qu’ils soient tout à fait finalisés (et donc avant que leurs usages soient gravés dans le marbre), et laisser les utilisateurs faire ressortir les usages les plus intéressants. Le dernier exemple en date? La sortie de Google Buzz. L’application est loin d’exploiter toutes les possibilités offertes par l’écosystème Google. Mais Google a pour habitude d’observer beaucoup les utilisateurs pour affiner ses applications au fur et à mesure et y ajouter seulement les applications nécessaires. Ils laissent les utilisateurs tracer le chemin, pour ensuite bénéficier de cette connaissance collective et mettre en place les fonctionnalités indispensables uniquement.

Anecdote trouvée dans l’excellent « A whack on the side of the head« , de Roger von Oech

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Le sujet a été débattu à de très nombreuses reprises ces derniers temps, à la fois aux Etats-Unis et en Europe. Les médias sociaux ont apportés des changements radicaux dans les relations entre la marque et ses consommateurs. Fort logiquement, ces changement commencent à avoir un impact sur les relations entre les marques et leurs agences. Difficile encore d’avoir une idée précise de ces changements, mais certains auteurs apportent des éléments intéressants au débat.

Les annonceurs vont devoir mouiller leur chemise. A l’ère de la publicité, et du marketing d’interruption, le point clé était le concept de communication, qui devait retenir l’attention. D’où l’intérêt que les marques avaient à faire appel à des agences, qui sont des machines à créer des concepts de communication. Mais avec l’arrivée des médias sociaux, le plus important se situe du côté de la marque : connaissance empirique de la cible, connaissance du produit, support nécessitant moins de compétences techniques différentes (si on se focalise sur le dialogue)… Les marques ne pourront bien entendu pas gérer seules leurs stratégies de conversation, mais les agences vont devoir évoluer. Quelques pistes :

Les agences « social media » seront avalées par les grosses agences de marketing et publicité
Aziz Adad a écrit un article très intéressant soutenant cette théorie.
A mon avis les agences social media, surtout en France, ne grandiront pas assez vite pour s’imposer de façon durable. Les agences traditionnelles intègreront petit à petit les compétences en médias sociaux et conversation, et les annonceurs n’iront pas chercher plus loin, et continueront à travailler avec leur agence traditionnelle. Reste de gros challenges pour ces agences classiques, en termes de compétences, d’état d’esprit, d’organisation…

Les marques travaillent avec trop d’agences différentes
C’est la théorie exposée par Valeria Maltoni sur son blog Conversation Agent. Avec la multiplication des supports et le léger déclin de médias comme la TV, la radio, les marques ont commencé à travailler avec une multitude d’agences différentes (publicité, marketing direct, création, digital, médias sociaux, RP et eRP, événementiel…). Le problème? A l’époque de la conversation, les marques ont besoin de beaucoup plus de cohérence et de réactivité dans leurs prises de parole et leur écoute. Dans cette optique, les marques devraient plutôt limiter le nombre des agences avec lesquelles elles travaillent.

Les idées et l’intégration ne font pas bon ménage
Joseph Jaffe, directeur de l’agence crayon, qui travaille en particulier pour Coca Cola pense que dans le futur, les agences vont se diviser en deux : il y aura les agences créatives, responsables de trouver des idées pour aider la marque à se connecter avec ses consommateurs, et les agences d’intégration, qui réaliseront ces idées et auront en charge le planning stratégique. Il a cette conviction depuis que Coca Cola a décidé de séparer son budget stratégique entre une agence de création et une agence d’intégration.

Les agences vont devenir des créatrices de plateformes
Dans un article extrêmement intéressant, Bud Caddell, digital strategist chez Undercurrent, amène une idée complètement nouvelle. Et si les agences devenaient plutôt des créatrices de plateforme? Au lieu de conseiller les marques dans leur utilisation de Facebook, si elles créaient plutôt le prochain Facebook? Au lieu de conseiller une marque à communiquer au mieux dans GQ, si elles créaient plutôt le prochain GQ? Même si je pense que ça semble un peu complexe au niveau business, il y a un argument très fort en faveur de cette hypothèse : qui mieux que le créateur d’une plateforme peut conseiller la marque à son utilisation? Les supports devenant de plus en plus variés et de plus en plus complexes, les agences auront du mal à tous les maîtriser, en particulier car ils n’auront jamais accès à l’ensemble des analytics.

Une petite conclusion personnelle
La vérité pourrait bien se situer quelque part entre toutes ces hypothèses.
- Il est fort probable que les marques intègrent petit à petit les compétences relatives aux médias sociaux en interne (et pas seulement avec des community manager, comme c’est le cas actuellement). Cela leur permettra de profiter de leur expertise sur les produits, les consommateurs, le secteur… Elles bénéficieront également d’une grande cohérence et d’une forte réactivité dans leurs prises de paroles et leur stratégie d’écoute.
- Elles auront toujours besoin de prestataires extérieurs, pour deux tâches : apporter un regard neuf et des idées sur leur marketing et pour l’intégration des grandes campagnes transmedia. Dans ces deux cas, ce sera à la fois du conseil et de l’exécution.
- Pour le conseil concernant les sujets complexes (stratégiques et organisationnels) dans le domaine des médias sociaux, je mettrais bien quelques dollars sur leur intégration dans les grands cabinets de conseil en stratégie, comme le Boston Consulting Group, ou McKinsey par exemple.
- Et finalement, je pense que l’idée de Bud Caddell possède une part de vérité également. Mais pourquoi pas dans le sens inverse : il est fort possible que les plateformes Internet développent des activité de conseil (basé sur les analytics), pour assister les marques dans leur utilisation de la plateforme.

Et comme le dis Joseph Jaff, ça ne coûte pas grand chose de faire des prédictions : si je me plante, personne ne viendra déterrer le cadavre de cet article, et si j’ai raison, je pourrai me la raconter pendant des mois.

Et surtout, n’hésitez pas à laisser votre avis en commentaire, je pense que chaque expérience, chaque point de vue est important dans ce débat!

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« Branding is what they say about you, when you leave the room. » Dharmesh Shah

La plateforme de marque est un document qui reprend les principales caractéristiques de la marque afin de s’assurer que celles-ci soient constamment en accord avec les actions marketing mises en place.

La plateforme de marque est composée traditionnellement de quatre types d’éléments (mes amis de DDB Brands and Business Consulting pourront me corriger si je me trompe). Il y a tout d’abord les éléments d’identité : le nom, le logo, la baseline, l’historique. Il y a ensuite la personnalité de la marque : ses valeurs, sa culture, ses objectifs… Viennent ensuite les éléments du design : le logo, encore, les typos, les codes couleurs, les éléments graphiques… Et au final, nous retrouvons les éléments qui concernent l’offre de la marque : à quelle cible elle s’adresse, sa qualité…

Ces éléments ne sont pas tout à fait suffisants pour guider la marque sur les médias sociaux. Quelques ajouts que je recommanderais :

La transparence
Même si la transparence est une valeur forte sur les médias sociaux, elle n’est pas forcément adaptée à tous les types d’entreprises, et certaines, comme Apple ont du succès tout en faisant plutôt preuve d’opacité. La stratégie en termes de transparence doit être présentée dans la plateforme de marque.

Le ton
Les médias sociaux sont avant tout des supports de la conversation. Si les marques parlaient déjà de ton lorsqu’elles s’adressaient à leurs consommateurs à travers la publicité, elles doivent cependant adapter leur ton à des véritables conversations avec leurs fans ou leurs détracteurs.

Le niveau de leadership
Certaines marques ont intérêt à imposer un fort leadership, d’autres ont tout à gagner d’une forte implication des consommateurs dans la prise de décision. Facebook, par exemple a beaucoup de difficultés à se situer sur cette échelle. Avec une meilleure connaissance de leur cible, et un niveau de leadership bien définit dans leur brand plateforme, on aurait pu éviter les nombreux aller-retours de la marque face aux critiques des utilisateurs du service.

L’empathie
Une forte culture de l’empathie peut-être inculquée à une marque. C’est un élément qui rejoint un peu le précédent, et qui détermine à quel point la marque doit adopter une posture empathique vis à vis des membres de sa communauté.

La personnification de la marque
Une marque peut prendre des traits humains de façon plus ou moins importante lorsqu’elle s’adresse au membres de sa communauté. Dans le cadre de discussions en ligne, adopter des codes de discussion interpersonnelle peut-être payant.

La mise en avant des personnes
Dans beaucoup de secteurs, mettre fortement en avant les équipes de la marque peut être très bénéfique. C’est une décision qui doit être présente dans la plateforme de la marque, afin d’assurer une cohérence entre tous les contacts entre la marque et ses consommateurs.

La communauté
La marque a tout intérêt à comprendre quelles personnes sont les plus enclines à rejoindre la communauté de la marque. De même, les usages de cette communauté doivent être identifiés. Ce sont des informations à inclure dans la plateforme de marque.

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On rencontre souvent des marques qui cherchent à faire grandir leur communauté, à créer un engagement, une attente de la part de leurs fans. Mais il ne faut pas oublier que certaines marques ont à gérer le problème inverse : il n’est pas toujours facile de répondre à une attente trop forte de la part de consommateurs. C’est évidemment le problème de grosses marques comme Apple ou Google, mais également de marques un peu moins importantes, mais fortement attractives comme Salomon, marque pour laquelle j’ai eu la chance de travailler.

En fait, ce problème touche principalement les marques dont l’engagement des fans est déconnecté des moyens de la marque. Ces marques sont des « marques de proximité », selon ma classification du positionnement relationnel de la marque.

Quelques réflexions,en partie tirées de l’exemple de ce que fait Salomon pour faire face à une forte demande de la part des fans:

Utiliser les équipes internes pour entrer en contact avec la communauté
Lorsque la communauté est très active, avoir une équipe de community managers ne suffit plus pour faire face à toutes les interactions entre la marque et ses consommateurs. La meilleure solution est alors de motiver les équipes de la marque à jouer ce rôle, dans leur domaine respectif. Cela peut-être fait de façon relativement informelle, mais nécessitera dans tous les cas une formation aux usages et à la stratégie de la marque.

Utiliser les « community leaders » de la marque pour faire rêver les fans
Cette dernière technique est d’autant plus efficace lorsque les collaborateurs mis en avant par la marque sont reconnus dans la communauté. Ces « community leaders » sont crédibles, compétents, ils font rêver, et surtout, il est extrêmement valorisant pour un fan d’entrer en contact personnel, même de façon très ponctuelle, avec un leader influent de la communauté.

Compléter toutes les campagnes par des micro-interactions
Il est peu coûteux et simple de mettre en place des mini concours, des jeux sur des plateformes comme Facebook ou Twitter. Une marque ne pouvant pas lancer de grandes campagnes très souvent, elle doit prolonger chaque campagne par ces micro-interactions.

Impliquer les fans dans la création de contenus et l’animation
L’un des premiers éléments à avoir été mis en avant aux débuts d’Internet est la nécessité d’offrir des contenus de grande qualité. C’est toujours un facteur clé de succès dans le web social. Un excellent moyen d’offrir suffisamment de contenus pour faire face aux attentes des membres de la communauté, tout en développement leur attachement à celle-ci est le crowdsourcing. Évidemment, les règles habituelles concernant la réussite d’une opération de crowdsourcing doivent s’appliquer, et il est en particulier primordial de s’assurer que les membres qui apportent du contenu soient récompensés. Salomon a dans cette optique lancé un concours de production d’épisodes de leur webTV, FreeskiTV. Ce concours a déjà donné lieu à un excellent film.

Communiquer sur cette attente envers les équipes de la marque pour les motiver
Et il faut absolument communiquer en interne cette demande venant des fans. Il est extrêmement motivant pour un salarié de savoir que la marque a des fans, qui adorent les produits et qui en demandent toujours plus. C’est excellent pour motiver les équipes à aller encore plus loin. L’attente des fans puise toujours sa force dans la qualité des produits offerts par la marque, et leurs exigences ne peuvent aller qu’en grandissant. L’exemple d’Apple est très révélateur sur ce point.

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