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mai 2010

Dans une discipline qui est encore assez nouvelle comme les médias sociaux, les exemples de réussite concrets sont très importants. La présentation faite par Drew Houston, CEO de Dropbox, sur les raisons pour lesquelles seuls les médias sociaux ont fonctionné pour faire de la marque la référence dans son domaine est en ce sens particulièrement intéressante.

Dropbox s’est lancé sur un marché – celui du stockage et du partage des données – qui était déjà particulièrement encombré. Cette forte concurrence entraîne une course aux budgets marketing, et, fort logiquement, une très forte hausse du coût d’acquisition d’un client. Dropbox en était arrivé au point où acquérir un consommateur payant (l’application ayant également une version gratuite) leur coûtait entre 233$ et 388$. Sachant qu’un abonnement d’un an coûte 99$…

La situation était donc grave… Et lorsqu’une marque n’a pas les moyens de se lancer dans la bataille sur les outils marketing traditionnels, elle n’a qu’une solution : innover. Dropbox s’est appuyé sur son principal avantage : la satisfaction de ses clients. Là où ses concurrents créaient beaucoup de client mécontents, Dropbox avait d’excellents scores de satisfaction. Se baser sur ses clients fidèles et conquis était donc assez naturel, surtout que la marque était reconnue pour son écoute de la communauté. Ce fut fait simplement en donnant aux fans de la marque les moyens de s’exprimer et en les récompensant lorsqu’ils amenaient de nouveaux clients.

Le résultat? Sur le mois d’Avril 2010, 2,8 millions de recommandations du service Dropbox furent faites sur Internet. Entre Septembre 2008 et Janvier 2010, le nombre d’abonnés au service est passé de 100 000 à 4 000 000. Et ces nouveaux abonnés sont venus à 55% des programmes de recommandation ou de supports diffusant le bouche à oreille. Le bouche à oreille a réussi non seulement à convaincre les gens que Dropbox était le meilleur service de partage de données, mais surtout qu’ils avaient besoin de ce type de service!

Voici la présentation, qui aborde un certain nombre d’autres points tout aussi intéressant, comme à quel moment lancer le produit, comment récupérer les feedbacks…

Via Maxime Guarrigues

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“The marketing department used to be in charge of talking. Ads are talking. Flyers are talking. Billboards are talking. Now, of course, marketing can’t talk so much, because people can’t be easily forced to listen.”

Comme souvent, la pensée quotidienne de Seth Godin est simple, mais présente un concept extrêmement important pour comprendre comment les marques doivent changer leur façon de penser leurs stratégies marketing.

Les marques avaient l’habitude de parler, si possible plus fort que les autres, d’interrompre, en racontant une belle histoire, ou en touchant un point sensible. C’est maintenant insuffisant. Les consommateurs veulent écouter seulement ce qu’ils souhaitent, ils veulent de la transparence, de l’écoute.

Leur parler ne suffit plus, il faut agir. Les médias sociaux ont certes permis à cette révolution d’exister, mais ce n’est pas suffisant. Il ne suffit plus d’écouter, de donner aux consommateurs l’impression d’être actifs. Il faut agir, améliorer son offre, proposer un produit unique, ou parfaitement adapté aux attentes de la communauté. Il faut apporter de la valeur, du service.

Ce changement de philosophie doit être intégrée par les services marketing, mais pas seulement. Toute l’entreprise doit comprendre l’intérêt que la marque a à changer, pour que chaque service accepte le changement de manière positive. C’est extrêmement valorisant de concevoir un produit qui va être adopté largement par la communauté, qui va motiver ses membres à déployer de l’énergie et de l’imagination pour le défendre, mais cela peut impliquer des changements importants, parfois difficiles à accepter.

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Une marque qui souhaite s’engager au sein d’une communauté doit le faire avec une stratégie bien définie. En dehors de cette phase de planification, il y a trois étapes à respecter : les classiques phases d’écoute, de dialogue et de dynamisation.

Mais comment savoir quand passer de l’une à l’autre? Il est impossible de le prévoir lors de la planification, ce sont des éléments du contexte qui doivent déclencher ces étapes, et non des dates choisies à l’avance.

La première étape est l’écoute et la mise en place des outils de veille. Cette étape a pour principal objectif de préparer les suivantes et n’apporte pas directement à la marque, cependant, c’est l’étape la plus importante, car se lancer dans le dialogue sans avoir étudié sa cible et ses usages est très risqué. Cela ne signifie pas que la marque doit rester muette, mais ses prises de parole doivent avoir pour principal objectif d’observer les réactions à différents types de sollicitations.
Quand doit-on considérer que la marque est prête à franchir cette étape et entrer véritablement en phase de dialogue? Lorsqu’elle a répondu aux questions suivantes :
Quelle est la communauté la plus pertinente pour la marque?
Doit-elle en créer une?
Qui fait partie de cette communauté?
Qui sont les éventuels leaders d’opinion ou les personnes les plus engagées dans la communauté?
Quelle est la zone de contact entre cette communauté et ses clients / prospects?
Quelles sont les motivations de ces personnes et qu’est-ce que la marque va pouvoir leur apporter?
Quels sont les usages, les codes, le ton à adopter?
Comment réagir en cas de crise? Quelles sont les crises auxquelles la marque pourrait être confrontée?

La seconde étape est la phase de dialogue entre la marque et la communauté. Le principal objectif? Travailler la notoriété et l’image de la marque. En effet, le premier effet d’un dialogue efficace est de changer l’attitude des consommateurs envers la marque.
Comment savoir si la marque est prête à aller plus loin?
Est-ce que la marque a suffisamment apporté à la communauté pour espérer quelque chose en retour?
Est-ce que l’offre produit de la marque s’est adaptée à la communauté et a progressé?
Est-ce que les membres de la communauté en sont conscients?
Est-ce que la marque a de vrais fans? Est-ce qu’elle a réussi à convaincre des leaders d’opinion de la communauté?
Est-ce que la marque est considérée comme la référence au sein de la communauté?
Est-ce que la communauté est suffisamment mûre pour s’auto-alimenter sans le soutien de la marque?
Est-ce que les scores d’engagement sont suffisamment bons?

Une fois ces questions validées (autant dire que c’est assez rare et que cela prend du temps), la marque peut entrer dans la phase où elle va tirer les meilleurs bénéfices de tous les efforts qu’elle a fait au sein de la communauté : la phase de dynamisation. C’est la phase où la marque aura pour principal objectif de donner aux fans et aux consommateurs convaincus les moyens d’exprimer leur satisfaction et de devenir de véritables ambassadeurs. Cette étape peut être marquée par une sensible augmentation du chiffre d’affaire, ce qui doit être l’objectif ultime de la marque.
Bien entendu, comme il est très complexe pour une marque d’en arriver là, et il est tout à fait possible de commencer à mettre en place des actions de dynamisation de la communauté lors de l’étape précédente.
Et si vous arrivez réellement à faire entrer votre marque dans cette dernière phase, il est temps d’aller voir votre direction pour faire monter les enchères!

Il ne faut pas non plus oublier les actions à long terme qui doivent être menées tout au long des trois processus, en particulier la remontée des insights marketing, et l’analyse des résultats obtenus à chaque étape.

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Vous vous souvenez sans doute de cette magnifique intervention au TED de Dan Pink. Il revenait sur le fait que la meilleure motivation pour toutes les tâches qui requièrent de la créativité est la motivation intrinsèque. La motivation par la récompense peut avoir des effets très négatifs.

Dan Pink est aussi intervenu à la Royal Society for the encouragement of Arts, Manufactures and Commerce (RSA) sur le même sujet et cette institution en a fait une magnifique vidéo.

Pour ceux qui auront aimé, vous pouvez retrouver plusieurs vidéos reprenant le même concept sur cette page du site theRSA.org.

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Je pensais que la question de l’internalisation ou de l’externalisation du community manager était tranchée, visiblement c’est encore loin d’être le cas!

Les objectifs du community management

Quel est le rôle du community manager?
C’est la personne qui est en charge de gérer la marque au sein de sa communauté, et de lui assurer, grâce aux interactions qu’elle a avec cette communauté, d’atteindre ses objectifs marketing.

Quel est l’objectif marketing final que les marques doivent rechercher en allant se frotter à leur communauté?
L’objectif final de la marque est de devenir la référence au sein de sa communauté. Cela passe par de la création de valeur, et en particulier – et c’est essentiel – par la totale adéquation entre son offre et les motivations des membres de la communauté.

Certes c’est ambitieux, certes cela ressemble à la recherche du Saint Graal, mais c’est bien cet objectif que l’on doit chercher à atteindre en entrant en interaction avec sa communauté. C’est dans cette optique que je préfère parler de community leader avant de parler de community manager. Seul un leader, crédible et compétent dans son métier, saura capter les insights marketing au sein de la communauté, savoir lesquels sont pertinents et devront participer à l’amélioration de l’offre et enfin convaincre la communauté que le produit ainsi amélioré lui correspond tout à fait.

Les arguments de ceux qui sont en faveur du community manager en externe

Pour être crédible il faut être indépendant.
Deux choses à répondre à cette affirmation : d’une part, si le community manager est reconnu comme un expert, peut importe qu’il soit indépendant ou pas. Le directeur marketing de Rip Curl surfe depuis qu’il a 6 ans?* Peut importe qu’il bosse pour la marque, la communauté l’écoutera, car il est crédible, il connaît son job. Avoir un community manager en interne ne veut pas dire qu’il ne faut pas chercher à convaincre les « influenceurs », qui, eux, sont indépendants (à condition de le faire proprement, et pas à travers des articles sponsos par exemple). Et au final, que le community manager soit en interne ou en externe, il est payé par la marque, je ne pense donc pas que les consommateurs sont dupes.

Un community manager en interne coûte trop cher, en particulier pour les petites marques.
J’ai rarement entendu cet argument dans d’autres domaines que le community management. Une ressource en interne coûte plus cher qu’une ressource en externe? Les salaires sont sacrément élevés alors… D’autant plus que le community management est une tâche très flexible : on peut demander à plusieurs employés de s’en charger et de se répartir les tâches en fonction de leur emploi du temps.

Il est compliqué de trouver les ressources en interne.
Je reste persuadé qu’il est beaucoup plus simple d’apprendre le métier de community manager que de devenir crédible au sein d’une communauté. Toutes les sociétés ont des employés qui ont l’habitude de se retrouver face à des clients, qui sont empathiques et sont capables de créer un peu de contenu. Par contre, gagner se crédibilité au sein d’une communauté est autrement plus long.
Si vos équipes sont trop occupées pour se charger de cette tâche, c’est que vous n’avez pas bien saisi l’importance des médias sociaux, et il vaut alors mieux rester sur du marketing traditionnel.
Et si vous n’avez pas ce type de compétences en interne, la première chose à faire n’est pas d’embaucher un community manager en externe, mais de revoir totalement votre politique de recrutement, la situation est grave!

Trois nuances

Il n’est pas nécessaire que l’ensemble des personnes en lien direct avec la communauté soient des « community leaders ». Pour faire du management de communauté, des community managers externes seront tout à fait efficaces, en support d’un community leader.

Mon propos sur la nécessité du community leader en interne est valable pour les communautés qui sont engageantes, qui tournent autour d’un produit donc l’achat est fortement impliquant ou complexe techniquement. Pour vendre du soda, mettre en avant un leader est moins nécessaire, à part si le créateur de la recette du Coca Cola se trouve parmi vos employés.

Tout ceci est valable pour les entreprise qui ont la volonté de se lancer à la conquête du Saint Graal. Si la présence de la marque sur les médias sociaux a pour seuls objectifs de gagner en notoriété, en image, ou de diffuser des offres promotionnelles, alors un community manager en externe pourra jouer ce rôle. Mais franchement, j’attends encore les chiffres qui me prouveront que cela permet d’atteindre ces objectifs de façon plus efficace que de l’emailing, ou même qu’une pub TV.

Conclusion

Un community leader crédible au sein de la communauté est un véritable avantage concurrentiel pour l’entreprise. Imaginez une boîte de surf qui travaille avec un community manager qui s’est acheté une planche de surf il y a 4 ans pour la planter sur le sable et draguer les minettes. Si Rip Curl et son directeur marketing entrent dans la communauté, les membres vont vite comprendre laquelle des deux boîtes est la plus crédible dans son domaine. Et je peux vous garantir également que Rip Curl verra assez rapidement son offre progresser face à celle de son concurrent.

Pour conclure simplement :
Community leader (obligatoire) = Interne
Community manager(s) (en soutien) = Interne
(ou éventuellement en externe s’ils viennent en support du community leader, même si ce n’est pas l’idéal et que cela traduit un manque d’implication de la société)

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