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Analyse

Le blog Trendwatch Daily a écris un article intéressant sur les ingrédients qui font une bonne campagne virale:

  • Know the consumer : Il y a deux raisons qui font qu’il faut absolument bien connaître son consommateur. La première est qu’il faut connaître les relais d’opinions qui vont transmettre le message vers la masse de notre cible. La seconde est qu’il faut que le message intéresse et interpelle la cible. Il est essentiel de choisir le bon ton, les bonnes valeurs, les bons centres d’intérêts… Au final, cette connaissance du consommateur se travaille comme pour une campagne classique. On doit trouver comment toucher le consommateur (en choisissant le bon canal et le bon message).
  • Brand DNA : Comme toujours, la surexposition médiatique fait que la campagne doit être cohérente avec l’ADN de la marque. En effet, une campagne qui fait un gros carton mais qui a un taux d’attribution très faible n’est pas efficace. Il faut donc de la cohérence avec la marque pour que le consommateur comprenne tout de suite à quelle marque il a affaire. Il faut être malin car si la marque apparait trop clairement, on perd en potentiel de viralité car les consommateurs sont prêts à diffuser un message pour son contenu intéressant, mais moins souvent pour faire de la pub à une marque. Encore une fois sur ce point, la connaissance de la cible est essentielle. Certaines cibles, fans d’une marque, sont prêtes à en faire de la pub. D’autres cibles vont plutôt être réticentes.
  • Stresstetainment : Ce concept, difficile à traduire, intègre le fait que les individus ont finalement peu de temps libre pour se divertir. Il faut donc travailler intelligemment sur certains paramètres pour que le message arrive dans des conditions qui permettent au consommateur de pouvoir s’y intéresser : il faut travailler sur le timing, sur un bon ciblage de la cible et il faut inspirer confiance en étant transparent.
  • Social tools : Il faut permettre aux consommateurs d’utiliser les outils qu’ils souhaitent pour transmettre le message. C’est un peu comme travailler sur le tunnel de conversion d’un site web : il y a déjà suffisamment de raisons qui font que l’on peut perdre un consommateur. Pas besoin d’en rajouter en oubliant un moyen de transmission que le consommateur aurait voulu utiliser.

Les trois premiers points sont caractéristiques de toute action de communication, virale ou pas. Le quatrième est plus spécifique au marketing viral.

Il y a un point sur lequel j’aimerais insister, même s’il est en partie inclus dans le premier, c’est l’intérêt du message. Celui-ci doit bien sûr être suffisamment intéressant pour plaire, mais il doit également déclencher une action.

Le déclenchement de l’action de transmission du message d’une cible à l’autre peut être favorisé par plusieurs moyens de susciter l’intérêt : l’humour, le choc, l’extraordinaire, la nouveauté… Il faut faire preuve d’empathie et se demander si en recevant tel message on serait prêt à le faire partager. La meilleure solution étant de tester le message auprès d’échantillons de la cible.

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Avec de nombreuses études qui nous montrent depuis longtemps la saturation des consommateurs en stimuli publicitaires, la cohérence des différentes actions de communication avec un positionnement simple et impactant semble être de rigueur. En effet, il y a peu d’attention disponible (non, je ne dirai pas de « temps de cerveau ») pour chaque marque, donc si le consommateur reçoit deux messages différents d’une même marque, il risque de ne pas faire le lien, et surtout de ne pas chercher à le faire. Des messages créatifs, mais simples, et directement cohérents avec le positionnement de la marque semblent donc essentiels.

Pourtant, on rencontre de temps à autre des marques qui se permettent d’avoir des positionnement ou des messages complexes. La complexité peut venir de plusieurs éléments :

  • La complexité du positionnement lui même. Un positionnement complexe vient souvent d’un positionnement basé sur plusieurs avantages concurrentiels par exemple.
  • La complexité du message. Certaines publicités comprennent des sens cachés (polysémie), ou alors tout simplement un message complexe (jeux de mots, sous-entendus, private joke…)
  • La diffusion de messages déconnectés du positionnement. Je pense notamment aux marques automobiles. Même les marques qui ont un positionnement très clair (comme la nouvelle Twingo, par exemple; exemple sur lequel je reviendrai dans un prochain billet), envoient des messages souvent très variés aux consommateurs (messages sur le prix, sur une fonctionnalité, sur l’environnement…).

Quelles sont donc ces marques qui peuvent se permettre de diffuser des messages complexes ou d’avoir un positionnement complexe?

  • Les marques de produits qui nécessitent une grande implication à l’achat (prix élevé, le plus souvent). Lorsqu’un consommateur s’apprête à réaliser un achat qui représente une forte implication pour lui, il va passer du temps à se renseigner sur les différentes alternatives qu’il a. Ce temps passé à étudier les différentes marques va lui permettre de faire le lien entre les différents messages diffusés par la marque et d’intégrer le positionnement de celle-ci.
  • Les marques qui ont une exposition publicitaire très forte. Une marque qui peut se permettre de passer continuellement en publicité TV, par exemple, peut se permettre des messages un peu complexes ou déconnectés du positionnement. En effet, la répétition va permettre au consommateur d’intégrer le positionnement de la marque. Les marques automobiles sont dans ce cas.
  • Les marques « inspirationnelles ». Parfois, un positionnement n’a pas besoin d’être cohérent sémiologiquement, ou de pouvoir s’expliquer. Les marques avec un fort pouvoir « inspirationnel » ont une empreinte sensorielle qui permet au consommateur de faire le lien entre les différents messages de la marque, sans qu’il n’y ai un lien sémiologique entre ceux-ci. Les marques de luxe par exemple peuvent se passer d’un positionnement explicité
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Pour être créatif, il faut une bonne dose de connaissances.

Ces connaissances permettent plusieurs choses :

  • Connaitre l’existant. Pour trouver une idée innovante, il faut connaitre ce qui existe, sinon on passe son temps et son énergie à réinventer la roue. C’est ce qui est arrivé à un célèbre mathématicien indien, Srinivasa Ramanujan, qui a passé une partie de sa vie à réinventer une grande partie des savoirs mathématiques de l’époque (fin du XIXème siècle) par manque de contact avec la société scientifique. Quand ses recherches sont devenues publiques, de nombreux scientifiques ont compris que si ce mathématicien avait eu connaissance de l’existant, il aurait pu faire gagner de nombreuses années à la recherche en mathématique en allant beaucoup plus loin.
  • De façon plus générale, il semble que l’on est plutôt créatif dans les domaines que l’on connait un minimum (expérience de Lubart et Sternberg). Il faut souvent un socle de connaissance pour aller plus loin et trouver une solution créative.

Cependant, avoir une trop grande expertise dans un domaine peut limiter la créativité.

Tout d’abord, une trop grande expertise entraine une certaine routine. Quand on maîtrise trop un domaine et qu’on a une grande expérience de celui-ci, on a tendance à ré-utiliser les recettes qui ont fait leurs preuves, sans chercher de solutions nouvelles.

C’est vrai même dans les domaines où l’on est « obligé » de trouver des idées nouvelles comme la publicité. On va se forcer à trouver un concept créatif un peu nouveau, mais notre grande expérience va nous « imposer » le dispositif média qui a toujours fonctionné dans ce cas.

Une trop grande expérience risque également de nous faire éliminer trop rapidement des idées qui nous paraissent inefficaces. Même si celles-ci n’auraient pas fonctionné, elles auraient pu, par association d’idées, nous mener vers une idée innovante.

Alors, comment continuer à être créatif dans notre domaine de compétence?

Tout d’abord, je pense que l’humilité est importante : il faut savoir rester ouvert aux idées nouvelles (notamment celles de nos collègues), même si elles semblent inexploitables au premier abord. Elles peuvent très bien mener à de belles idées.

Ensuite j’aime bien utiliser une méthode que j’appelle le « to be at the wrong place ». Pour trouver de la créativité, il faut se mettre dans une position qui nous est inhabituelle. Dans le cadre d’un marketer qui doit travailler sur un produit de beauté par exemple, au lieu de faire un n-ième focus groupe, il pourrait se mettre directement à la place de la consommatrice, ou alors à la place du vendeur d’une chaîne de produits de beauté. Il verra alors les choses différemment et s’auto-censurera beaucoup moins.

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En plus de l’environnement, de l’expertise et de la facilité naturelle d’une personne à être créative, la motivation joue un rôle essentiel dans le processus de créativité.

On peut distinguer deux types de motivation qui entrent en jeu dans ce processus:

  • La motivation intrinsèque : c’est la motivation réelle, interne, pour le projet en tant que tel. Cela peut-être le plaisir de travailler dessus, un défi personnel, la curiosité…
  • La motivation extrinsèque : ce sont toutes les sources externes de motivation que l’on peut trouver à la réalisation du projet.

Globalement, la motivation intrinsèque est beaucoup plus propice à la créativité. L’efficacité de la motivation extrinsèque en termes de créativité dépend de sa composition : les encouragements, félicitations et feedbacks sont plus efficaces pour rendre une personne créative que les motivations financières ou matérielles par exemple. Le psychologue américains Mark Lepper a également démontré que plus on augmente les sources de motivations extrinsèques, plus on risque de faire chuter la motivation intrinsèque. En effet, le but à atteindre devient la récompense et non plus la réussite du projet en lui même.

Cependant, on peut, sur un même projet, travailler sur les deux sources de motivation. Plus la phase du projet nécessite de créativité et de solutions innovantes, plus la motivation intrinsèque doit être importante comparée à la motivation externe. C’est souvent le cas lors du lancement des projets. Une fois que le projet est lancé et que les grands principes créatifs ont été trouvés, la motivation extrinsèque par la récompense peut être utile. Les formes de motivation externes comme les primes doivent idéalement arriver à cette phase des projets.

En prenant exemple sur un univers que je connais bien, la communication, il est essentiel que la motivation intrinsèque soit forte lors de la recherche du concept créatif. Une fois que celui-ci est trouvé, la motivation externe peut prendre le relais, pour toute la phase de développement ou de réalisation.

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