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Analyse

Même si je travaille principalement en France, au sein de l’agence Big Youth, je garde un œil attentif sur le développement du community management au Maroc. Il y a encore quelques mois, c’est un sujet qui était très loin des préoccupations des annonceurs. Depuis quelques temps pourtant, de plus en plus de personnes, annonceurs ou agences, me contactent sur le sujet. Il faut dire qu’avec plus de 1,2 millions d’utilisateurs, Facebook est un support majeur dans la paysage médiatique au Maroc.

Les premiers postes de Community Manager commencent d’ailleurs à s’ouvrir. Ce fut d’abord le fait de société d’offshoring, qui offraient des prestations d’animation de pages Facebook ou de comptes Twitter pour des marques européennes (françaises en particulier), mais des postes à destination du marché local commencent à se créer.

J’ai donc décidé de demander à Badr Bouanani, Community Manager chez Tribal DDB Casablanca, ce qu’il pense de l’état du marché.

Salut Badr, est-ce que tu peux rapidement rappeler ton parcours et ce qui t’as motivé à devenir CM?
Bonjour Jean. En fait, mon parcours est assez hétéroclite dans le genre. A l’époque où je suivais une licence en « Gouvernance Economique et Sociale », je travaillais en parallèle en agence de communication en tant que chef de projet junior. Cela n’avait aucun rapport avec mes études certes, mais cela m’a donné envie de continuer sur cette voie. C’est pour cela que j’ai entamé un Master en Marketing et Stratégie, où j’en suis à mes 6 derniers mois.
Concernant mon virage vers le Community Management, la transition a été presque naturelle. Etant actif sur Facebook et Twitter depuis 2007, j’ai vécu l’évolution des medias sociaux à la source, autant au niveau mondial que régional, à savoir marocain. Avec l’installation d’agences digitale de renommée mondiale au Maroc, à l’image de Tribal DDB, j’ai eu la possibilité d’intégrer cette dernière, et tout cela par le biais encore une fois des réseaux sociaux, ce qui est une preuve en elle-même de leur utilité.

Est-ce qu’il est facile de vendre des prestations de Community Management aux annonceurs marocains? Quelles sont les difficultés que vous pouvez rencontrer?
Comme le Community Management, le Marketing Communautaire en ligne est à ses prémices au Maroc. Les annonceurs marocains sont souvent ignorants de ce type de prestations et de moyen de promotion et de relation client. De ce fait, proposer des prestations de community management à l’état brut est un peu difficile, surtout quand la personne en charge du marketing et de la validation des campagnes du coté client, n’est pas aussi portée sur les médias sociaux ou internet en général.
La réticence des annonceurs à prendre au sérieux Internet et les Médias Sociaux, est basée sur l’incompréhension de ces canaux de communication, et sur la manière d’en user, et d’en prouver l’utilité pour la marque ou le produit promu.

Est-ce qu’il commence à y avoir des annonceurs qui viennent d’eux même en demandant des prestations relatives aux médias sociaux ou au CM?
Pour le moment, rares sont les annonceurs qui viennent d’eux même demander des prestations du genre. D’un autre coté, certains annonceurs, « early adopter » si je puis dire, commencent à intégrer les médias sociaux dans leur stratégie marketing, en combinant leurs campagnes marketing (street, affichage…), à des campagnes en ligne. En couplant leur stratégie, leur ROI en est accentué, et pour cela, un monitoring clair et précis de la part des agences pour chaque campagne sociale est essentiel, pour pérenniser la stratégie on-line auprès des annonceurs, et la rendre élémentaire dans toute campagne.

Quels sont les objectifs recherchés par les annonceurs qui mettent en place des actions de CM?
La première attente est avant tout une attente d’expérimentation. La majorité des annonceurs qui choisissent ce type d’action sont novices ou bien veulent expérimenter au moins une fois une action de promotion sur les médias sociaux, pour en connaitre l’impact, voir des fois l’utilité. Mais pour certains clients, qui l’ont déjà expérimenté, nous avons des retours positifs, surtout qu’ils ont pris conscience, que dorénavant la gestion de l’image de marque sur internet est devenue primordiale, et sans une bonne gestion communautaire, le cas Nestlé par exemple, deviendra récurent.

Au niveau des supports utilisés, j’imagine qu’il s’agit en priorité de Facebook et de Twitter?
Tout à fait. Il faut avant tout toucher l’annonceur sur des supports qu’il connait bien, ou ayant au moins une idée sur ce dernier. Pour le contexte marocain, les campagnes de community management sont composées avant tout de Facebook, Youtube et de Twitter.
L’impact de Facebook est devenu clair pour les décideurs en charge des budgets. La communauté marocaine, qui est la cible première des campagnes, est importante sur Facebook, avec plus de 1,2 million de membres. Pour Twitter et Youtube par contre, nous essayons avant tout de bien expliquer le concept de chacun, et d’en résumer les avantages pour l’annonceur, surtout que l’audience sur ces derniers est moins importante que Facebook.

Est-ce qu’il est facile de travailler avec les leaders d’opinions?
Intégrer des « influenceurs » est pour le moment, plus de l’avant-gardisme pour nos campagnes, qu’autre chose. L’impact d’une telle intégration est minime, surtout si l’on prend en compte l’affluence des blogs qui pourraient intéresser l’annonceur. Les blogs qu’ils soient généralistes, ou qui ont une thématique, ne sont pas légions au Maroc. Leur trafic non plus n’est pas des plus important. De ce fait, faire une campagne digitale, avec des bloggeurs surtout, est un pur exercice de style, ou de gestion de relation publique. En analysant l’impact final de la démarche, il reste minime, autant pour l’annonceur que pour l’agence chargée de la campagne. Néanmoins, j’insiste sur le fait, que concernant ce point-ci, c’est un avis assez subjectif de ma part.

Je sais que tu travailles au sein d’un groupe de communication qui intègre à la fois une agence digitale et une agence de communication, est-ce qu’il y a des campagnes communes? Comment sont organisés ces projets?
L’avantage de travailler dans un groupe qui a une stratégie de communication client globale ou à 360°, est de pouvoir coupler les campagnes autant on et off line. Actuellement, nous tendons à intégrer, tant que cela est possible, une stratégie digitale, basée sur les médias sociaux, au sein de campagnes publicitaires dites classiques.
Vu que la proéminence des campagnes off line est plus importante que celles digitale. Il faut avoir derrière, au sein du groupe, une vision d’intégration, qui consiste à proposer aux annonceurs, une campagne, respectant leurs briefs, tout en les basant sur une vision actuelle du marché publicitaire, où les réseaux sociaux, les blogs et les boards de discussions, sont devenus un marché, où leur cible y est plus fréquente, et surtout plus réactive et plus apte à partager et à consommer surtout.

Merci Badr!
Retrouvez Badr sur Twitter

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L’un des éléments primordiaux lorsqu’une marque met en place sa stratégie de community management est de s’assurer que cette stratégie sera positive pour son image.

Au sein de sa communauté, une marque a de multiples moyens pour faire progresser son image : faire rêver, écouter, convaincre, créer… Tous ces moyens ont un point commun : ils nécessitent une forte crédibilité!

Dans le marketing traditionnel, les marques essayaient de se créer une crédibilité grâce à la publicité. Au final, c’était surtout le produit qui validait cette crédibilité. Mais cette validation était finalement marginale face à la puissance de la publicité, car elle touchait seulement les gens qui étaient en contact avec le produit.

Avec l’avènement des médias sociaux, cette validation est beaucoup plus puissante, car le bouche à oreille permet aux gens de se renseigner largement sur les produits qu’ils vont acheter. En contrepartie, les marques ont un nouveau moyen de convaincre de leur crédibilité en s’engageant dans leur communauté. Elles pourront convaincre en montrant à la communauté qu’elles ont bien saisi les motivations des consommateurs, qu’elles maîtrisent le produit pour le faire progresser dans ce sens, qu’elles s’impliquent réellement dans ce domaine…

Il y a deux conclusions à en tirer:
Tout d’abord, la qualité du produit est de plus en plus importante. Il est bien plus simple de réussir au sein de sa communauté lorsque le produit est bon. Tous les efforts de la marque, et en particulier les efforts que la marque fait pour sa communauté, par l’écoute en particulier, doivent aller dans ce sens.
Mais la façon dont la marque s’implique dans la communauté est également essentielle. Et cela passe principalement par la face visible de la marque : le community manager. Si le community manager ne connaît pas le produit (ou qu’il le connaît moins bien que le community manager du concurrent), s’il n’est pas capable de déceler tout de suite un bon insight, s’il n’apporte pas de valeur, alors il ne sera pas crédible, et les consommateurs ne seront pas en confiance avec cette marque.

Cela renforce mon opinion sur la place du community manager: dans la mesure du possible, cette tâche doit être gérée en interne. C’est la seule façon d’être certain que l’engagement de la marque dans sa communauté va déboucher sur une amélioration du produit et que le community manager saura être crédible dans la communauté.

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Une marque qui souhaite s’engager au sein d’une communauté doit le faire avec une stratégie bien définie. En dehors de cette phase de planification, il y a trois étapes à respecter : les classiques phases d’écoute, de dialogue et de dynamisation.

Mais comment savoir quand passer de l’une à l’autre? Il est impossible de le prévoir lors de la planification, ce sont des éléments du contexte qui doivent déclencher ces étapes, et non des dates choisies à l’avance.

La première étape est l’écoute et la mise en place des outils de veille. Cette étape a pour principal objectif de préparer les suivantes et n’apporte pas directement à la marque, cependant, c’est l’étape la plus importante, car se lancer dans le dialogue sans avoir étudié sa cible et ses usages est très risqué. Cela ne signifie pas que la marque doit rester muette, mais ses prises de parole doivent avoir pour principal objectif d’observer les réactions à différents types de sollicitations.
Quand doit-on considérer que la marque est prête à franchir cette étape et entrer véritablement en phase de dialogue? Lorsqu’elle a répondu aux questions suivantes :
Quelle est la communauté la plus pertinente pour la marque?
Doit-elle en créer une?
Qui fait partie de cette communauté?
Qui sont les éventuels leaders d’opinion ou les personnes les plus engagées dans la communauté?
Quelle est la zone de contact entre cette communauté et ses clients / prospects?
Quelles sont les motivations de ces personnes et qu’est-ce que la marque va pouvoir leur apporter?
Quels sont les usages, les codes, le ton à adopter?
Comment réagir en cas de crise? Quelles sont les crises auxquelles la marque pourrait être confrontée?

La seconde étape est la phase de dialogue entre la marque et la communauté. Le principal objectif? Travailler la notoriété et l’image de la marque. En effet, le premier effet d’un dialogue efficace est de changer l’attitude des consommateurs envers la marque.
Comment savoir si la marque est prête à aller plus loin?
Est-ce que la marque a suffisamment apporté à la communauté pour espérer quelque chose en retour?
Est-ce que l’offre produit de la marque s’est adaptée à la communauté et a progressé?
Est-ce que les membres de la communauté en sont conscients?
Est-ce que la marque a de vrais fans? Est-ce qu’elle a réussi à convaincre des leaders d’opinion de la communauté?
Est-ce que la marque est considérée comme la référence au sein de la communauté?
Est-ce que la communauté est suffisamment mûre pour s’auto-alimenter sans le soutien de la marque?
Est-ce que les scores d’engagement sont suffisamment bons?

Une fois ces questions validées (autant dire que c’est assez rare et que cela prend du temps), la marque peut entrer dans la phase où elle va tirer les meilleurs bénéfices de tous les efforts qu’elle a fait au sein de la communauté : la phase de dynamisation. C’est la phase où la marque aura pour principal objectif de donner aux fans et aux consommateurs convaincus les moyens d’exprimer leur satisfaction et de devenir de véritables ambassadeurs. Cette étape peut être marquée par une sensible augmentation du chiffre d’affaire, ce qui doit être l’objectif ultime de la marque.
Bien entendu, comme il est très complexe pour une marque d’en arriver là, et il est tout à fait possible de commencer à mettre en place des actions de dynamisation de la communauté lors de l’étape précédente.
Et si vous arrivez réellement à faire entrer votre marque dans cette dernière phase, il est temps d’aller voir votre direction pour faire monter les enchères!

Il ne faut pas non plus oublier les actions à long terme qui doivent être menées tout au long des trois processus, en particulier la remontée des insights marketing, et l’analyse des résultats obtenus à chaque étape.

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Je pensais que la question de l’internalisation ou de l’externalisation du community manager était tranchée, visiblement c’est encore loin d’être le cas!

Les objectifs du community management

Quel est le rôle du community manager?
C’est la personne qui est en charge de gérer la marque au sein de sa communauté, et de lui assurer, grâce aux interactions qu’elle a avec cette communauté, d’atteindre ses objectifs marketing.

Quel est l’objectif marketing final que les marques doivent rechercher en allant se frotter à leur communauté?
L’objectif final de la marque est de devenir la référence au sein de sa communauté. Cela passe par de la création de valeur, et en particulier – et c’est essentiel – par la totale adéquation entre son offre et les motivations des membres de la communauté.

Certes c’est ambitieux, certes cela ressemble à la recherche du Saint Graal, mais c’est bien cet objectif que l’on doit chercher à atteindre en entrant en interaction avec sa communauté. C’est dans cette optique que je préfère parler de community leader avant de parler de community manager. Seul un leader, crédible et compétent dans son métier, saura capter les insights marketing au sein de la communauté, savoir lesquels sont pertinents et devront participer à l’amélioration de l’offre et enfin convaincre la communauté que le produit ainsi amélioré lui correspond tout à fait.

Les arguments de ceux qui sont en faveur du community manager en externe

Pour être crédible il faut être indépendant.
Deux choses à répondre à cette affirmation : d’une part, si le community manager est reconnu comme un expert, peut importe qu’il soit indépendant ou pas. Le directeur marketing de Rip Curl surfe depuis qu’il a 6 ans?* Peut importe qu’il bosse pour la marque, la communauté l’écoutera, car il est crédible, il connaît son job. Avoir un community manager en interne ne veut pas dire qu’il ne faut pas chercher à convaincre les « influenceurs », qui, eux, sont indépendants (à condition de le faire proprement, et pas à travers des articles sponsos par exemple). Et au final, que le community manager soit en interne ou en externe, il est payé par la marque, je ne pense donc pas que les consommateurs sont dupes.

Un community manager en interne coûte trop cher, en particulier pour les petites marques.
J’ai rarement entendu cet argument dans d’autres domaines que le community management. Une ressource en interne coûte plus cher qu’une ressource en externe? Les salaires sont sacrément élevés alors… D’autant plus que le community management est une tâche très flexible : on peut demander à plusieurs employés de s’en charger et de se répartir les tâches en fonction de leur emploi du temps.

Il est compliqué de trouver les ressources en interne.
Je reste persuadé qu’il est beaucoup plus simple d’apprendre le métier de community manager que de devenir crédible au sein d’une communauté. Toutes les sociétés ont des employés qui ont l’habitude de se retrouver face à des clients, qui sont empathiques et sont capables de créer un peu de contenu. Par contre, gagner se crédibilité au sein d’une communauté est autrement plus long.
Si vos équipes sont trop occupées pour se charger de cette tâche, c’est que vous n’avez pas bien saisi l’importance des médias sociaux, et il vaut alors mieux rester sur du marketing traditionnel.
Et si vous n’avez pas ce type de compétences en interne, la première chose à faire n’est pas d’embaucher un community manager en externe, mais de revoir totalement votre politique de recrutement, la situation est grave!

Trois nuances

Il n’est pas nécessaire que l’ensemble des personnes en lien direct avec la communauté soient des « community leaders ». Pour faire du management de communauté, des community managers externes seront tout à fait efficaces, en support d’un community leader.

Mon propos sur la nécessité du community leader en interne est valable pour les communautés qui sont engageantes, qui tournent autour d’un produit donc l’achat est fortement impliquant ou complexe techniquement. Pour vendre du soda, mettre en avant un leader est moins nécessaire, à part si le créateur de la recette du Coca Cola se trouve parmi vos employés.

Tout ceci est valable pour les entreprise qui ont la volonté de se lancer à la conquête du Saint Graal. Si la présence de la marque sur les médias sociaux a pour seuls objectifs de gagner en notoriété, en image, ou de diffuser des offres promotionnelles, alors un community manager en externe pourra jouer ce rôle. Mais franchement, j’attends encore les chiffres qui me prouveront que cela permet d’atteindre ces objectifs de façon plus efficace que de l’emailing, ou même qu’une pub TV.

Conclusion

Un community leader crédible au sein de la communauté est un véritable avantage concurrentiel pour l’entreprise. Imaginez une boîte de surf qui travaille avec un community manager qui s’est acheté une planche de surf il y a 4 ans pour la planter sur le sable et draguer les minettes. Si Rip Curl et son directeur marketing entrent dans la communauté, les membres vont vite comprendre laquelle des deux boîtes est la plus crédible dans son domaine. Et je peux vous garantir également que Rip Curl verra assez rapidement son offre progresser face à celle de son concurrent.

Pour conclure simplement :
Community leader (obligatoire) = Interne
Community manager(s) (en soutien) = Interne
(ou éventuellement en externe s’ils viennent en support du community leader, même si ce n’est pas l’idéal et que cela traduit un manque d’implication de la société)

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J’imagine que vous avez tous entendu ce chiffre magique. 3,6$. Un fan. Arrêtons donc de nous embêter à calculer des ROI compliqués alors que l’on peut calculer la valeur de nos actions en faisant une simple multiplication. Vous avez 300 fans? Alors les 4000$ que vous avez payé votre consultant vous auront rapporté 1080$. Virez votre consultant!

Soyons sérieux un peu.

Mesurer la valeur d’un fan comme on mesure la valeur d’un affichage publicitaire?
Avant même toute cette agitation autour des médias sociaux, il y a au moins 3 ans, l’une de mes profs de relations presse (décidément, je parle beaucoup de mes profs en ce moment, mon école m’aura coûté cher, mais au moins ça me donne de l’inspiration pour mes articles) nous apprenait qu’il faut être très prudent avec ce que l’on appelle la valeur de média gagné (« earned media » en anglais). Une citation de la marque sur les médias sociaux n’a absolument pas la même valeur qu’une citation dans un article de presse, ou que la parution de la pub d’une marque. Et même au sein des citations de la marque sur les médias sociaux, est-ce qu’une citation positive a la même valeur qu’une citation négative? Est-ce que les 99 921 fans de Nestlé valent plus que les 99 438 fans de Greenpeace Indonésie? C’est d’ailleurs le fait de comparer la visualisation d’un message par un fan à une publicité payée 5$ CPM qui a fait réagir Mike Arauz (voir citation ci-dessous).

“Just the fact that they consider themselves to be a social media marketing solutions company, and yet they think it’s a good idea to measure the value of a fan in display media terms seems like enough to write them off to me.” Mike Arauz

Des hypothèses obscures
Le chiffre de “une impression par publication et par fan” semble assez obscur. Et d’ailleurs le cabinet Virtue, responsable de l’étude, ne donne pas la méthodologie qui lui a permis d’arriver à ce résultat. Certes il arrive que certaines publications soient vues plusieurs fois par un utilisateur qui rafraichit régulièrement son feed, mais il ne faut pas oublier que de nombreux « fans » cachent les mises à jour des pages sur lesquelles ils sont inscrits. Et puis utiliser une méthodologie, “la mesure du nombre d’impressions”, qui est d’habitude utilisée pour mesurer des bandeaux publicitaires me semble assez optimiste, comme si l’attention générée par une publication noyée dans un feed était égale à l’attention générée par un bandeau publicitaire animé. Au final, c’est l’attention gagnée qui est la plus importante.

Essayer de donner la valeur universelle d’un fan est dangereux
Est-ce bien pertinent de publier la valeur moyenne d’un fan? Imaginons que Porsche a 300 fans sur Facebook et vend une voiture grâce à ce support et que Mars vend un Twix à 2% de ses 874 662 fans. Est-ce que la valeur d’un fan Facebook de Porsche est comparable à la valeur d’un fan Facebook de Mars? Est-ce qu’un fan de Porsche vaut toujours 3,6$? Quel est l’intérêt de se baser sur la moyenne pour des données qui ont une variance aussi forte?

Quel message cette étude fait passer aux fans Facebook?
Le point positif de cette étude est que les gens vont comprendre que beaucoup de marques voient leurs fans sous le seul angle du bénéfice financier qu’elles vont en tirer. 3,6$ ou 0,1$ ou 200$, peu importe, beaucoup de marque ne vont sur Facebook que pour faire de la promotion agressive, comme elles peuvent le faire sur les médias traditionnels. Le problème est que certaines marques (souvent les plus petites d’ailleurs) s’investissent dans les médias sociaux avec une réelle volonté de donner la parole à leurs fans, de les écouter pour leur offrir un meilleur service. Et certaines marques n’ont même rien à vendre, les associations en particulier. Comment vont-ils pouvoir expliquer à leurs fans qu’ils sont dans une optique gagnant-gagnant? Certes les consommateurs n’ont jamais été dupes, mais avancer un chiffre à fort potentiel de buzz, qui va être diffusé largement, va ancrer cette idée profondément dans l’esprit des gens. Si vous cliquer sur « Like », vous rapportez 3,6$ à la marque. A la limite, que cela permette au moins aux gens de se demander s’ils ont envie de donner ces 3,6$ à cette marque, si elle les mérite.

Et encore, je ne parle pas des gens qui ont compris de travers et qui annoncent fièrement qu’un fan sur Facebook coûte 3,6$!

Avec cette affaire, nous touchons du doigt l’une des limites du marketing à l’américaine : la création d’un concept fort, à fort potentiel viral, et qui reste bien en mémoire comme ce chiffre de 3,6$, cache souvent un fond trop simple et caricatural.

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A l’époque des médias de masse et de la publicité traditionnelle, le schéma créatif était assez simple. Il fallait acquérir une excellente connaissance de la cible, et trouver LA bonne idée, potentiellement déclinable sur les différents supports disponibles. Cette idée devait attirer l’attention de la cible et faire passer un message marketing dans le même temps. L’efficacité de ce procédé était très intéressant étant donnés les supports disponibles pour faire passer le message : des supports de masse, peu personnalisables. C’est ce qui a fait la fortune des agences de publicité.

Mais, comme le disait Malcolm Gladwell dans une très belle présentation au TED, vouloir faire un café universel permet d’atteindre un niveau de satisfaction de 60/100 parmi les consommateurs. Pour améliorer ce score, il ne faut pas faire un café, mais des cafés adaptés aux différents goûts.

Les nouveaux outils marketing nous permettent, à l’inverse de la publicité traditionnelle, d’arriver à cette personnalisation. Cette personnalisation permet, comme le dit Helge Tennø sur l’excellent blog 180360720, de passer de la crispation au bonheur extrême.

Quel impact sur les concepts créatifs à l’heure des médias sociaux?

Il faut prendre le temps de les adapter à chaque type de motivation décelé chez le cible, à chaque profil de membre de la communauté.

Il faut accepter de laisser les membres de la communauté prendre en main ces concepts créatifs et les décliner selon leur goût.

Il faut peut-être chercher DE bonnes idées plutôt que LA bonne idée, même si c’est souvent moins valorisant.

Et on peut même imaginer que le concept créatif doit être drivé par les usages qui se sont développés sur le support plutôt que par une idée.

C’est ce qui fera la fortune des agences conseil en stratégie digitale.

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Le sujet a été débattu à de très nombreuses reprises ces derniers temps, à la fois aux Etats-Unis et en Europe. Les médias sociaux ont apportés des changements radicaux dans les relations entre la marque et ses consommateurs. Fort logiquement, ces changement commencent à avoir un impact sur les relations entre les marques et leurs agences. Difficile encore d’avoir une idée précise de ces changements, mais certains auteurs apportent des éléments intéressants au débat.

Les annonceurs vont devoir mouiller leur chemise. A l’ère de la publicité, et du marketing d’interruption, le point clé était le concept de communication, qui devait retenir l’attention. D’où l’intérêt que les marques avaient à faire appel à des agences, qui sont des machines à créer des concepts de communication. Mais avec l’arrivée des médias sociaux, le plus important se situe du côté de la marque : connaissance empirique de la cible, connaissance du produit, support nécessitant moins de compétences techniques différentes (si on se focalise sur le dialogue)… Les marques ne pourront bien entendu pas gérer seules leurs stratégies de conversation, mais les agences vont devoir évoluer. Quelques pistes :

Les agences « social media » seront avalées par les grosses agences de marketing et publicité
Aziz Adad a écrit un article très intéressant soutenant cette théorie.
A mon avis les agences social media, surtout en France, ne grandiront pas assez vite pour s’imposer de façon durable. Les agences traditionnelles intègreront petit à petit les compétences en médias sociaux et conversation, et les annonceurs n’iront pas chercher plus loin, et continueront à travailler avec leur agence traditionnelle. Reste de gros challenges pour ces agences classiques, en termes de compétences, d’état d’esprit, d’organisation…

Les marques travaillent avec trop d’agences différentes
C’est la théorie exposée par Valeria Maltoni sur son blog Conversation Agent. Avec la multiplication des supports et le léger déclin de médias comme la TV, la radio, les marques ont commencé à travailler avec une multitude d’agences différentes (publicité, marketing direct, création, digital, médias sociaux, RP et eRP, événementiel…). Le problème? A l’époque de la conversation, les marques ont besoin de beaucoup plus de cohérence et de réactivité dans leurs prises de parole et leur écoute. Dans cette optique, les marques devraient plutôt limiter le nombre des agences avec lesquelles elles travaillent.

Les idées et l’intégration ne font pas bon ménage
Joseph Jaffe, directeur de l’agence crayon, qui travaille en particulier pour Coca Cola pense que dans le futur, les agences vont se diviser en deux : il y aura les agences créatives, responsables de trouver des idées pour aider la marque à se connecter avec ses consommateurs, et les agences d’intégration, qui réaliseront ces idées et auront en charge le planning stratégique. Il a cette conviction depuis que Coca Cola a décidé de séparer son budget stratégique entre une agence de création et une agence d’intégration.

Les agences vont devenir des créatrices de plateformes
Dans un article extrêmement intéressant, Bud Caddell, digital strategist chez Undercurrent, amène une idée complètement nouvelle. Et si les agences devenaient plutôt des créatrices de plateforme? Au lieu de conseiller les marques dans leur utilisation de Facebook, si elles créaient plutôt le prochain Facebook? Au lieu de conseiller une marque à communiquer au mieux dans GQ, si elles créaient plutôt le prochain GQ? Même si je pense que ça semble un peu complexe au niveau business, il y a un argument très fort en faveur de cette hypothèse : qui mieux que le créateur d’une plateforme peut conseiller la marque à son utilisation? Les supports devenant de plus en plus variés et de plus en plus complexes, les agences auront du mal à tous les maîtriser, en particulier car ils n’auront jamais accès à l’ensemble des analytics.

Une petite conclusion personnelle
La vérité pourrait bien se situer quelque part entre toutes ces hypothèses.
- Il est fort probable que les marques intègrent petit à petit les compétences relatives aux médias sociaux en interne (et pas seulement avec des community manager, comme c’est le cas actuellement). Cela leur permettra de profiter de leur expertise sur les produits, les consommateurs, le secteur… Elles bénéficieront également d’une grande cohérence et d’une forte réactivité dans leurs prises de paroles et leur stratégie d’écoute.
- Elles auront toujours besoin de prestataires extérieurs, pour deux tâches : apporter un regard neuf et des idées sur leur marketing et pour l’intégration des grandes campagnes transmedia. Dans ces deux cas, ce sera à la fois du conseil et de l’exécution.
- Pour le conseil concernant les sujets complexes (stratégiques et organisationnels) dans le domaine des médias sociaux, je mettrais bien quelques dollars sur leur intégration dans les grands cabinets de conseil en stratégie, comme le Boston Consulting Group, ou McKinsey par exemple.
- Et finalement, je pense que l’idée de Bud Caddell possède une part de vérité également. Mais pourquoi pas dans le sens inverse : il est fort possible que les plateformes Internet développent des activité de conseil (basé sur les analytics), pour assister les marques dans leur utilisation de la plateforme.

Et comme le dis Joseph Jaff, ça ne coûte pas grand chose de faire des prédictions : si je me plante, personne ne viendra déterrer le cadavre de cet article, et si j’ai raison, je pourrai me la raconter pendant des mois.

Et surtout, n’hésitez pas à laisser votre avis en commentaire, je pense que chaque expérience, chaque point de vue est important dans ce débat!

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« Branding is what they say about you, when you leave the room. » Dharmesh Shah

La plateforme de marque est un document qui reprend les principales caractéristiques de la marque afin de s’assurer que celles-ci soient constamment en accord avec les actions marketing mises en place.

La plateforme de marque est composée traditionnellement de quatre types d’éléments (mes amis de DDB Brands and Business Consulting pourront me corriger si je me trompe). Il y a tout d’abord les éléments d’identité : le nom, le logo, la baseline, l’historique. Il y a ensuite la personnalité de la marque : ses valeurs, sa culture, ses objectifs… Viennent ensuite les éléments du design : le logo, encore, les typos, les codes couleurs, les éléments graphiques… Et au final, nous retrouvons les éléments qui concernent l’offre de la marque : à quelle cible elle s’adresse, sa qualité…

Ces éléments ne sont pas tout à fait suffisants pour guider la marque sur les médias sociaux. Quelques ajouts que je recommanderais :

La transparence
Même si la transparence est une valeur forte sur les médias sociaux, elle n’est pas forcément adaptée à tous les types d’entreprises, et certaines, comme Apple ont du succès tout en faisant plutôt preuve d’opacité. La stratégie en termes de transparence doit être présentée dans la plateforme de marque.

Le ton
Les médias sociaux sont avant tout des supports de la conversation. Si les marques parlaient déjà de ton lorsqu’elles s’adressaient à leurs consommateurs à travers la publicité, elles doivent cependant adapter leur ton à des véritables conversations avec leurs fans ou leurs détracteurs.

Le niveau de leadership
Certaines marques ont intérêt à imposer un fort leadership, d’autres ont tout à gagner d’une forte implication des consommateurs dans la prise de décision. Facebook, par exemple a beaucoup de difficultés à se situer sur cette échelle. Avec une meilleure connaissance de leur cible, et un niveau de leadership bien définit dans leur brand plateforme, on aurait pu éviter les nombreux aller-retours de la marque face aux critiques des utilisateurs du service.

L’empathie
Une forte culture de l’empathie peut-être inculquée à une marque. C’est un élément qui rejoint un peu le précédent, et qui détermine à quel point la marque doit adopter une posture empathique vis à vis des membres de sa communauté.

La personnification de la marque
Une marque peut prendre des traits humains de façon plus ou moins importante lorsqu’elle s’adresse au membres de sa communauté. Dans le cadre de discussions en ligne, adopter des codes de discussion interpersonnelle peut-être payant.

La mise en avant des personnes
Dans beaucoup de secteurs, mettre fortement en avant les équipes de la marque peut être très bénéfique. C’est une décision qui doit être présente dans la plateforme de la marque, afin d’assurer une cohérence entre tous les contacts entre la marque et ses consommateurs.

La communauté
La marque a tout intérêt à comprendre quelles personnes sont les plus enclines à rejoindre la communauté de la marque. De même, les usages de cette communauté doivent être identifiés. Ce sont des informations à inclure dans la plateforme de marque.

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