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Brève

Les community managers qui se cachent parmi mes lecteurs ne me contrediront pas: la qualité d’un contenu n’a aucun rapport avec son potentiel de viralité. Cela ne veut pas dire que tout ce qui se diffuse est de mauvaise qualité, mais que les principaux facteurs de viralité sont à chercher ailleurs.

Le contenu doit être un minimum qualitatif ou intéressant pour capter l’attention et faire sauter le frein social lié au partage. Mais il doit surtout être suffisamment simple d’accès.

Plus la communication est sophistiquée, plus elle est perçue comme simpliste, alors que le message simple de l’extérieur apparaît lui comme source de richesse, car il permet aux intéressés de le reprendre vraiment à leur compte et d’en discuter librement.
- Michel Crozier, Eloge de la conversation en entreprise

Pour augmenter les chances de voir un contenu se diffuser largement, il faut avant tout le rendre simple. Cette prime à la simplicité n’est pas forcément un constat négatif: proposer un contenu à la fois simple et qualitatif nécessite une excellente maîtrise du fond et de la forme.

C’est par ailleurs ce qui fait le succès des fameux articles à liste ou des infographies: l’arme ultime du blogueur est la production de contenu plutôt grand public, présenté sous un format facilement compréhensible et simple à appréhender. Quitte à ce que la qualité et l’originalité du fond ne passent à la trappe.

Ce constat ne date pas d’hier et n’est pas limité au contenu web (musique, cinéma, culture…): le contenu le plus populaire n’est pas forcément le contenu de meilleure qualité, il est plutôt le contenu le plus accessible.

PS: Merci de ne pas diffuser cet article trop largement, que je garde quelques illusions sur la qualité de mes écrits.

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Allow and encourage plenty of off-topic discussion. It lets members bond beyond the initial topic matter.
- Richard Millington, A lesson in successfull communities

A mi-chemin entre la nécessite d’offrir une certaine cohérence dans les activités d’une communauté et la nécessité de favoriser la création de liens entre les membres se trouvent les discussions hors sujet.

A la grande époque des forums, on trouvait souvent une section dédiées à ces discussions, sans lien direct avec le thème du forum, mais largement plébiscitée par les membres.

La raison est assez simple. Un lien entre deux membres d’une communauté n’est rien de plus qu’un lien entre deux individus, qui ont une personnalité et une identité qui dépassent largement le cadre de toute communauté. Ces éléments hors-sujets sont très importants pour transformer un lien faible (issu du sujet qui rassemble la communauté) en lien plus fort. Un lien fort se construit forcément sur plusieurs points d’accroche: centre d’intérêt, caractère, valeurs.

Reste la problématique de la cohérence des activités de la communauté. Celle-ci est nécessaire pour que les membres potentiels comprennent immédiatement ce que celle-ci va leur apporter. A cela s’ajoute, dans le cadre d’une marque, la nécessité de communiquer son positionnement de façon limpide.

Tout se joue dans la conception du support, qui doit afficher immédiatement la valeur ajoutée de la communauté aux visiteurs, et bien identifier les prises de parole de la marque. Les discussions hors sujet peuvent être reléguées au second plan, les habitués sauront les trouver aussi aisément que le PMU du coin.

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Je répète c’est pas des coups de feux c’est les fusils lacrymo et on a pas peur !!!!
- MajdiKhan, sur Twitter

On avait déjà les reportages pour nous faire vivre les situations de crise. On avait également le live-twitting pour vivre en direct certains événements. Avec la crise actuelle en Tunisie, il semble que le live-twitting de situation de crise atteinde son paroxysme, et il est possible, en suivant le hashtag #sidibouzid, de suivre en temps réel ce qui se passe dans chaque rue tunisienne.

Ce que cela m’inspire?

  • Tout d’abord, ça permet de ressentir une vraie proximité avec les acteurs de la crise. L’information n’est pas traitée par un quelconque procédé journalistique, elle n’est pas filtrée, elle est brute. C’est certes une information qui n’est plus objective du tout, mais elle est plus propice à l’empathie, à la prise de conscience.
  • J’en vient à me demander s’il ne serait pas possible de créer une application pour visualiser en temps réel, sous la forme d’une carte, ce qui se passe dans le pays, quartier par quartier, rue par rue. Il y aurait également des procédés intéressant de traitement de ces informations en temps réel à inventer.
  • On peut espérer que cela permette de mettre en lumière des situations graves qui avaient échappées aux choix éditoriaux des médias, ou de compléter les informations diffusées.
  • On ne peut également qu’espérer que l’accès à Internet se développe largement dans le monde pour éviter que certains pays ne restent dans l’ombre. La crise en Côte d’Ivoire est grave aussi, mais les utilisateurs de Twitter n’y sont pas aussi nombreux qu’en Tunisie.
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La structure des médias sociaux encourage la rupture (unfollow) plutôt que la divergence. D’une part, il y a cette tendance à élargir le cercle de personnes partageant les mêmes points de vue, avec pour conséquence de rendre la critique et la dissension plus difficile; à l’opposé, il y a ce potentiel d’accès à des opinions dissonantes.
- François Guite

On critique souvent les médias sociaux pour la perte de “sérendipité” qu’ils entraînent, à cause du lissage des informations sélectionnées et rediffusées par les masses d’utilisateurs. Mais la co-création et la co-sélection de contenu peut également avoir un autre effet pervers: la perte du sens-critique.
La simplicité à rejoindre la communauté en ligne qui nous plaît permet de choisir les personnes avec qui l’on s’entoure, et donc en général de favoriser ceux qui partagent nos centres d’intérêt et nos opinions. La facilité de quitter une communauté qui ne nous plaît pas (le fameux « nofollow » présenté par François Guite) permet également de se protéger des opinions contraires. Il est donc assez évident que, de façon globale, les médias sociaux évitent aux gens de devoir se confronter aux opinions contraires à leurs convictions.
Un danger? Sans doute au moins une opportunité pour les services qui sauront construire des communautés moins superficielles et du coup, moins volatiles.

Source: Relief

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Mi mouton à cinq pattes – mi kitsch

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Une qualité que l’on voit peu dans les descriptifs de poste dans le domaine des médias sociaux, et qui me semble pourtant essentielle est la patience.

Les community managers eux-même ne perçoivent pas l’intérêt de cette qualité, comme le montre un récent sondage de Locita.

Locita

Les communautés de marque qui fonctionnent le mieux partagent deux caractéristiques: elles sont constituées de liens forts, et elles n’ont pas une politique de développement agressive.

Il est parfois tentant, pour accélérer les choses, de partir à la chasse aux membres de façon assez peu subtile: tentative de buzz à tout prix, spam, orientation du budget exclusivement vers l’acquisition, croissance trop rapide,… Tous ces éléments, s’ils peuvent sembler valorisant sur le papier, ne répondent pas aux deux critères énoncés précédemment.

Construire une communauté exige de prendre le temps de créer des liens avec les membres, de comprendre leurs attentes, de les pousser à l’action. Il faut savoir résister à la pression du client, ou de la hiérarchie, qui ont besoin de voir du concret et des résultats rapides.

Le marketing traditionnel a (presque) toujours favorisé la quantité, la taille, il est donc complexe de revenir à des notions de qualité, de retenue… qui permettent pourtant de créer des communautés saines, actives sur le long terme, et bénéfiques pour la marque et ses revenus.

Marketers are fantastic at getting crowds. They do something big, promote it, and a crowd gathers.
The problem with crowds is they’re temporary.
Don’t ever mistake a big crowd with a community. The skill of weaving relationships between people is the opposite of attracting a big crowd. Relationships take time to develop and can last forever. Your crowd will be gone very soon.
- Richard Millington, FeverBee

Source de la citation: Feverbee

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Confusing Social Media expertise with Social Media Marketing expertise. It is often too tempting to conflate these two into one as well. But you shouldn’t. To be a social media expert, you need to know what social media is and need to understand the philosophies, influencer dynamics, best practices, platforms, advertising formats and landscape very well. To be a social media marketer, you also need to understand marketing and you must have a strong digital marketing frame to guide your thinking preferably from a pre-social media era. If you don’t have the latter, don’t call yourself a social media marketer.
- Shiv Singh, Going social now

Et si finalement la clé de l’incompréhension autour du terme de « social media expert » se trouvait là? Et si la différence entre un « social media expert » et un professionnel des médias sociaux se trouvait dans cette capacité à intégrer les enjeux du marketing et de la construction de la marque dans les plans d’action mis en place sur les médias sociaux?

Il est relativement simple, lorsque l’on comprend les mécanismes à l’œuvre derrière les médias sociaux (ce qui est le cas de toutes personne qui les utilise régulièrement), de faire gagner plein de fans à une marque ou d’augmenter sensiblement le nombre de followers d’un compte Twitter. Mais ce n’est pas suffisant pour développer une marque et atteindre des objectifs marketing. Là est la différence entre une personne qui maîtrise les outils et une personne qui arrive à jouer avec les usages pour améliorer l’image d’une marque, ou même augmenter les ventes.

Au delà de ça, je commence à être lassé par ce sempiternel « social media expert bashing ». Des imposteurs, il y en a dans tous les métiers. Des gens qui paraissent brillant avant d’ouvrir la bouche, il y en a toujours eu.

Certes le problèmes est sans doute plus grave dans le domaine du marketing car les apparences et le copinage prennent souvent le pas sur les compétences pour guider les carrières, mais il suffit de faire des recherches sur Twitter ou sur LinkedIn pour se rendre compte que les « social media expert » déclarés sont très peu nombreux en France. Oublions les, formons les annonceurs, recrutons plus intelligemment et le problème se réglera bien plus vite qu’avec des articles alarmistes, dont les motivations sont parfois assez peu glorieuses.

Source: Going social now

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La curation représente-t-elle le chant du cygne de l’agrégation ? C’est ce que j’essaye en ce moment de faire comprendre à un de mes clients. Je ne crois plus à l’agrégation, à cette simple accumulation des informations, d’autant que l’époque qui s’annonce, que Brian Solis nomme brillamment l’égosystème, risque de transformer le Web en un gigantesque charivari. L’infobésité ambiante ainsi que le flux et reflux des conversations créent un bruit que les machines ne peuvent pas gérer.
- Arnaud Briand, Epokhe

D’un sujet de science fiction, la supériorité de raisonnement des machines sur les humains semble prête à franchir un palier et entrer dans la science.

Pourtant, une tendance lourde, qui rythmera une partie des débats sur Internet dans les prochaines mois, assène un sacré coup à cette idée: le développement rapide du concept de “curation”. Ce concept sonne le glas du tri automatisé qui devait, disait-on il y a quelques années encore, nous permettre de faire face à l’infobésité en sélectionnant automatiquement les informations les plus pertinentes en fonction de critères renseignés par l’utilisateur.

Est-ce un retour en arrière? Pas vraiment, c’est plutôt un pas en avant en termes d’efficacité. L’humain reste le plus à même de comprendre un domaine, et de sélectionner les contenus les plus pertinents qui permettent d’enrichir un apprentissage ou un approfondissement de celui-ci. Et cela en faisant le tri parmi le volume exponentiel de conversations qui peuplent les supports numériques.

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