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Brève

It feels important to remind ourselves, at this point, that Facebook, our new beloved interface with reality, was designed by a Harvard sophomore with a Harvard sophomore’s preoccupations. What is your relationship status? (Choose one. There can be only one answer. People need to know.) Do you have a “life”? (Prove it. Post pictures.) Do you like the right sort of things? (Make a list. Things to like will include: movies, music, books and television, but not architecture, ideas, or plants)
- Zadie Smith

Réflexion intéressante sur le fait que Facebook, en temps qu’outil, ne formate pas seulement nos usages, mais également la façon dont on se présente, notre identité, nos centres d’intérêts (seulement ceux qui rentrent dans les catégories les plus communes). C’est quelque chose à suivre de près car Facebook devient le principal vecteur de notre identité et de nos relations sociales.

Il est encore plus intéressant d’observer ces changements à l’échelle mondiale. Après la domination culturelle américaine, allons nous voir arriver une domination américaine de l’identité, des relations sociales?

Via The New York Review of Books

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Je ne suis pas loin de penser comme Serge Soudoplatoff, qui remonte, lui, jusqu’à l’invention de l’alphabet pour retrouver une innovation d’une telle portée : les managers sont aujourd’hui dans la position des scribes lors de l’avènement de l’écriture.
J’ai beaucoup de mal à voir dans la minimisation systématique des réseaux sociaux autre chose que du déni : la première étape de la phase du changement.
Cécil Dijoux, Hypertextual

Si la comparaison entre les médias sociaux et l’invention de l’écriture est sans doute un peu exagérée, je rejoins totalement la dernière phrase. Voir des entreprises qui considèrent les réseaux sociaux comme un simple moyen de communiquer un peu plus, ou des hommes politiques qui ne s’y intéressent que pour ajouter un peu de modernité à leur image me surprend toujours autant.

Les implications de ces nouvelles technologies qui ont démultiplié l’effet des réseaux sont tellement énormes que je ne suis pas loin de penser qu’elles font plus qu’apporter de nouveaux outils: elles vont modifier profondément chaque métier, qu’il soit au contact de l’innovation, du produit, de grandes causes, des consommateurs, des électeurs, des fans…

Ceux qui ne sauront pas adapter leur métier se retrouveront en difficulté, tant à un niveau personnel qu’au niveau des organisations. Et pourtant, ces disciplines sont à peine présentes au programme des écoles de commerce, alors qu’elles devraient l’être dans toutes les filières, de façon sérieuse.

Sur Hypertextual

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Temps moyen pour valider le message d’une prise de parole en TV: 3 mois
Temps moyen pour valider le message d’une prise de parole sur les médias sociaux: 3 minutes*

Pourtant, une marque qui a plusieurs centaines de milliers de fans sur Facebook aura la même audience pour chaque message publié sur sa page qu’elle n’a sur la diffusion d’un spot TV sur une chaîne de la TNT.

Est-ce qu’elle peut se permettre de prendre 3 mois pour valider chaque prise de parole sur Facebook? Est-ce que le même niveau hiérarchique est impliqué dans les deux cas? Est-ce que la marque se fait accompagner par une agence pour chaque message posté sur sa page Facebook?

Pour les grosses marques, Facebook peut devenir un moyen de communication de masse. Chaque communication peut engager la marque à grande échelle. La perfection est donc exigée pour chaque message publié.

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Social media isn’t a fad, it’s a fundamental shift in the way we communicate

Certains d’entre vous auront reconnu la fameuse conclusion de la vidéo Social Media Revolution, de Socialnomics.

J’ai en fait repensé à cette phrase en lisant cet excellent article de Gilles: Et si les médias sociaux n’étaient pas des médias?. Même si on n’est pas loin de jouer sur les mots, je pense que les médias sociaux portent mal leur nom, et j’ai presque envie de dire que c’est une discipline qui ne devrait pas exister.

Observons un peu les usages que les médias sociaux peuvent avoir en entreprise:
- Convaincre les consommateurs pour bénéficier d’un bouche à oreille positif
- Ecouter largement les remarques des utilisateurs et leur répondre
- Innover de façon collaborative (co-création et remontée d’insights communautaires)
- Offrir un service clientèle de meilleure qualité
- Fluidifier la communication en interne
- Offrir un contact et un dialogue personnalisé à chaque client
- …

Finalement, des usages qui, s’ils sont plus simples à atteindre grâce aux outils 2.0, étaient déjà présents au sein des entreprises.

Les médias sociaux ont donc apporté des solutions plus simples et à plus grande échelle. Mais leur impact principal aura été de rendre les faiblesses des entreprises sur ces sujets plus visibles, et beaucoup plus dangereuses.

Les grosses marques les plus engagées en faveur de leur communauté séparant déjà leurs stratégies médias sociaux en fonction de ces grands objectifs, et je suis persuadé qu’au final, les médias sociaux ne seront plus considérés comme une discipline à part entière, mais intégrés comme outils au sein de chaque service de l’entreprise.

Les médias sociaux ne sont donc pas une révolution en eux-même, mais ils obligent les entreprises à se réinventer. Et ceux qui n’ont pas encore perçus ces changements et considèrent ces outils, au mieux, comme une mode nécessaire et purement marketing devraient penser à se remettre en question sous peine d’être surclassés dans leur domaine de prédilection.

Quant à moi, est-ce que je dois déjà songer à une reconversion? Je pense avoir encore un peu de temps avant que tous les métiers de l’entreprise n’intègrent ces nouvelles pratiques. Par contre, une plus grande spécialisation des consultants en médias sociaux à l’un de ces métiers deviendra sans doute nécessaire.

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The Internet is not complex; it’s the same. The same business challenges, the same customers, the same competitors and the same products (to a large extent). The problem arises when companies who should be thinking in terms of business challenges and opportunities start discussing the granularities of the digital platform – at a cost to discussing the strategy.
- Helge Tenno

En planning digital, et en particulier lorsque l’on s’attaque aux médias sociaux, on a coutume de dire qu’il faut penser usage avant de penser technologie. Il faut d’abord se demander comment on va apporter de la valeur au consommateur avant de se demander quels supports et quels outils utiliser.

Ces réflexions sont également valables quand on s’intéresse de façon un peu plus large au dispositif digital de la marque. Il ne faut pas penser support avant toute chose. Il faut penser objectifs marketing, stratégie d’écoute et de dialogue, stratégie de contenus.

Cela permet non seulement de simplifier la réflexion, en la décomposant en plusieurs phases, mais également de s’assurer que ce qui est fait sera toujours au bénéfice de la valeur apportée au consommateur et à la marque. J’ai même tendance à penser que c’est très positif pour l’apport d’idées nouvelles, qui naissent souvent de la rencontre entre un concept marketing et les spécificités d’un supports.

Via 180360720.no

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I definitely think that people who tweet on behalf of an organization need to be in it. If you can find the wonderful combination of someone who really knows your business and really knows social media, then that’s the person to use, even if they’re in the meat department or they’re a cashier.
Marla Erwin, conceptrice de la stratégie médias sociaux de Whole Food Market

Pour rappel, Whole Food Markets, c’est plus de 1,8 millions de followers sur leur compte Twitter global, 3200 followers sur leur compte dédié au fromage (!), 340 000 fans sur leurs page Facebook globale, 250 pages Facebook locales, 150 comptes Twitter locaux.

Autant dire qu’ils sont crédibles quand ils donnent des conseils sur le community management…

Retrouvez Maria Erwin en interview sur le site Social Media Examiner

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Voilà un livre que je vais rapidement me procurer: Where good ideas come from, de Steven Johnson.

It’s a book that tries to grapple with the question of why certain environments seem to be disproportionately skilled at generating and sharing good ideas.
Steven Johnson

L’auteur présente ses réflexions sur les environnements, les contextes qui favorisent la créativité, en suivant deux axes: le temps, avec de nombreux rappels historiques, et l’espace, en s’intéressant non seulement aux contextes « humains », mais également aux contextes naturels.

Inutile d’en dire trop, la vidéo a suffit à me convaincre. Elle rappellera forcément à certains la vidéo Drive, ainsi que toutes les autres de la série.

Via Romain Pechard

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Tous ceux qui travaillent dans le domaine des médias sociaux le savent: pour convaincre un client, les statistiques sont primordiales. L’objectif est de sélectionner des chiffres qui montrent que l’entreprise va pouvoir atteindre ses objectifs en s’engageant au sein de sa communauté.

Pourquoi ces chiffres sont-ils si importants?

  • Il est encore nécessaire de convaincre les marques de l’intérêts de ces nouveaux supports de la conversation, car elles manquent de repères concrets venant de leur industrie ou de leur propre expérience.
  • Il est impossible de s’engager sur des résultats précis tellement la route qui mène au succès peut s’avérer plus ou moins tortueuse en fonction des cas.
  • Les facteurs clés de succès, que nous pouvons percevoir clairement en tant que spécialistes du domaine, sont beaucoup moins évidents pour des professionnels du marketing traditionnel. Là où nous voyons de façon limpide des opportunités, il faut des preuves chiffrées à ces derniers (ce qui est d’ailleurs tout à fait sain et normal!).

Donc nous mettons des chiffres dans nos présentations client ou nos recommandations!

Et pourtant, je me sens assez mal à l’aise face à tous ces chiffres.

  • La plupart proviennent directement de sociétés dont les médias sociaux sont le business: cabinets de conseil en médias sociaux, groupes de communication…
  • Même si je ne mets pas en doute le sérieux avec lequel ont été réalisées ces études, elles ont tout de même été mises en place par des structures dont ce n’est pas le métier, et qui manquent sans doute d’expérience dans le domaine. Quand on observe le manque de fiabilité de sondages réalisés par des pros, on peut s’interroger…
  • La façon de présenter les chiffres est aussi très importante (et cela rejoins en partie ma première interrogation). Fullsix avait sorti il y a quelques temps une étude, Face to Facebook (pdf), montrant que 31% des fans d’une marque sur Facebook étaient motivés par les offres promotionnelles. Ce chiffre était très positif (et j’imagine que par rapport à d’autres supports traditionnels, c’est élevé). Cependant, dernièrement, un cabinet américain nous apprend que 70% des gens qui deviennent fans d’une marque considère que cela ne donne pas droit à celle-ci de leur envoyer des offres promotionnelles (voir cet article). Cela permet de relativiser tout de suite les opportunités que le premier chiffre semblait ouvrir: certes, la promotion sur Facebook permet de toucher 30% des fans, mais c’est au détriment des 70% restant, pour qui l’image de la marque risque de souffrir.
  • Ce dernier exemple doit également nous alerter sur le fait que les sources et méthodologies de l’enquête ne sont pas toujours précisées. En effet, il est très difficile d’aller du blog français qui présente l’étude jusqu’à celle-ci.
  • En majorité, les chiffres nous viennent des US. Il ne faut pas oublier que d’une part, ce pays est largement en avance dans ce domaine au niveau des usages, mais surtout que culturellement, les américains sont beaucoup moins méfiants face au marketing.
  • Les usages et technologies évoluant très vite, les études deviennent obsolètes après quelques mois seulement.
  • Je ne parle pas des chiffres complètement fantaisistes, comme la valeur d’un fan Facebook

Les chiffres resteront indispensables, pour convaincre, mais également pour valider des hypothèses ou des stratégies. Il est toutefois nécessaire d’être vigilant, honnête dans leur utilisation.
Il faut les présenter de façon neutre, vérifier les sources, être très attentif aux différences de contexte, proposer des contre-exemples…

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