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Medias sociaux

Je pensais que la question de l’internalisation ou de l’externalisation du community manager était tranchée, visiblement c’est encore loin d’être le cas!

Les objectifs du community management

Quel est le rôle du community manager?
C’est la personne qui est en charge de gérer la marque au sein de sa communauté, et de lui assurer, grâce aux interactions qu’elle a avec cette communauté, d’atteindre ses objectifs marketing.

Quel est l’objectif marketing final que les marques doivent rechercher en allant se frotter à leur communauté?
L’objectif final de la marque est de devenir la référence au sein de sa communauté. Cela passe par de la création de valeur, et en particulier – et c’est essentiel – par la totale adéquation entre son offre et les motivations des membres de la communauté.

Certes c’est ambitieux, certes cela ressemble à la recherche du Saint Graal, mais c’est bien cet objectif que l’on doit chercher à atteindre en entrant en interaction avec sa communauté. C’est dans cette optique que je préfère parler de community leader avant de parler de community manager. Seul un leader, crédible et compétent dans son métier, saura capter les insights marketing au sein de la communauté, savoir lesquels sont pertinents et devront participer à l’amélioration de l’offre et enfin convaincre la communauté que le produit ainsi amélioré lui correspond tout à fait.

Les arguments de ceux qui sont en faveur du community manager en externe

Pour être crédible il faut être indépendant.
Deux choses à répondre à cette affirmation : d’une part, si le community manager est reconnu comme un expert, peut importe qu’il soit indépendant ou pas. Le directeur marketing de Rip Curl surfe depuis qu’il a 6 ans?* Peut importe qu’il bosse pour la marque, la communauté l’écoutera, car il est crédible, il connaît son job. Avoir un community manager en interne ne veut pas dire qu’il ne faut pas chercher à convaincre les « influenceurs », qui, eux, sont indépendants (à condition de le faire proprement, et pas à travers des articles sponsos par exemple). Et au final, que le community manager soit en interne ou en externe, il est payé par la marque, je ne pense donc pas que les consommateurs sont dupes.

Un community manager en interne coûte trop cher, en particulier pour les petites marques.
J’ai rarement entendu cet argument dans d’autres domaines que le community management. Une ressource en interne coûte plus cher qu’une ressource en externe? Les salaires sont sacrément élevés alors… D’autant plus que le community management est une tâche très flexible : on peut demander à plusieurs employés de s’en charger et de se répartir les tâches en fonction de leur emploi du temps.

Il est compliqué de trouver les ressources en interne.
Je reste persuadé qu’il est beaucoup plus simple d’apprendre le métier de community manager que de devenir crédible au sein d’une communauté. Toutes les sociétés ont des employés qui ont l’habitude de se retrouver face à des clients, qui sont empathiques et sont capables de créer un peu de contenu. Par contre, gagner se crédibilité au sein d’une communauté est autrement plus long.
Si vos équipes sont trop occupées pour se charger de cette tâche, c’est que vous n’avez pas bien saisi l’importance des médias sociaux, et il vaut alors mieux rester sur du marketing traditionnel.
Et si vous n’avez pas ce type de compétences en interne, la première chose à faire n’est pas d’embaucher un community manager en externe, mais de revoir totalement votre politique de recrutement, la situation est grave!

Trois nuances

Il n’est pas nécessaire que l’ensemble des personnes en lien direct avec la communauté soient des « community leaders ». Pour faire du management de communauté, des community managers externes seront tout à fait efficaces, en support d’un community leader.

Mon propos sur la nécessité du community leader en interne est valable pour les communautés qui sont engageantes, qui tournent autour d’un produit donc l’achat est fortement impliquant ou complexe techniquement. Pour vendre du soda, mettre en avant un leader est moins nécessaire, à part si le créateur de la recette du Coca Cola se trouve parmi vos employés.

Tout ceci est valable pour les entreprise qui ont la volonté de se lancer à la conquête du Saint Graal. Si la présence de la marque sur les médias sociaux a pour seuls objectifs de gagner en notoriété, en image, ou de diffuser des offres promotionnelles, alors un community manager en externe pourra jouer ce rôle. Mais franchement, j’attends encore les chiffres qui me prouveront que cela permet d’atteindre ces objectifs de façon plus efficace que de l’emailing, ou même qu’une pub TV.

Conclusion

Un community leader crédible au sein de la communauté est un véritable avantage concurrentiel pour l’entreprise. Imaginez une boîte de surf qui travaille avec un community manager qui s’est acheté une planche de surf il y a 4 ans pour la planter sur le sable et draguer les minettes. Si Rip Curl et son directeur marketing entrent dans la communauté, les membres vont vite comprendre laquelle des deux boîtes est la plus crédible dans son domaine. Et je peux vous garantir également que Rip Curl verra assez rapidement son offre progresser face à celle de son concurrent.

Pour conclure simplement :
Community leader (obligatoire) = Interne
Community manager(s) (en soutien) = Interne
(ou éventuellement en externe s’ils viennent en support du community leader, même si ce n’est pas l’idéal et que cela traduit un manque d’implication de la société)

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J’imagine que vous avez tous entendu ce chiffre magique. 3,6$. Un fan. Arrêtons donc de nous embêter à calculer des ROI compliqués alors que l’on peut calculer la valeur de nos actions en faisant une simple multiplication. Vous avez 300 fans? Alors les 4000$ que vous avez payé votre consultant vous auront rapporté 1080$. Virez votre consultant!

Soyons sérieux un peu.

Mesurer la valeur d’un fan comme on mesure la valeur d’un affichage publicitaire?
Avant même toute cette agitation autour des médias sociaux, il y a au moins 3 ans, l’une de mes profs de relations presse (décidément, je parle beaucoup de mes profs en ce moment, mon école m’aura coûté cher, mais au moins ça me donne de l’inspiration pour mes articles) nous apprenait qu’il faut être très prudent avec ce que l’on appelle la valeur de média gagné (« earned media » en anglais). Une citation de la marque sur les médias sociaux n’a absolument pas la même valeur qu’une citation dans un article de presse, ou que la parution de la pub d’une marque. Et même au sein des citations de la marque sur les médias sociaux, est-ce qu’une citation positive a la même valeur qu’une citation négative? Est-ce que les 99 921 fans de Nestlé valent plus que les 99 438 fans de Greenpeace Indonésie? C’est d’ailleurs le fait de comparer la visualisation d’un message par un fan à une publicité payée 5$ CPM qui a fait réagir Mike Arauz (voir citation ci-dessous).

“Just the fact that they consider themselves to be a social media marketing solutions company, and yet they think it’s a good idea to measure the value of a fan in display media terms seems like enough to write them off to me.” Mike Arauz

Des hypothèses obscures
Le chiffre de “une impression par publication et par fan” semble assez obscur. Et d’ailleurs le cabinet Virtue, responsable de l’étude, ne donne pas la méthodologie qui lui a permis d’arriver à ce résultat. Certes il arrive que certaines publications soient vues plusieurs fois par un utilisateur qui rafraichit régulièrement son feed, mais il ne faut pas oublier que de nombreux « fans » cachent les mises à jour des pages sur lesquelles ils sont inscrits. Et puis utiliser une méthodologie, “la mesure du nombre d’impressions”, qui est d’habitude utilisée pour mesurer des bandeaux publicitaires me semble assez optimiste, comme si l’attention générée par une publication noyée dans un feed était égale à l’attention générée par un bandeau publicitaire animé. Au final, c’est l’attention gagnée qui est la plus importante.

Essayer de donner la valeur universelle d’un fan est dangereux
Est-ce bien pertinent de publier la valeur moyenne d’un fan? Imaginons que Porsche a 300 fans sur Facebook et vend une voiture grâce à ce support et que Mars vend un Twix à 2% de ses 874 662 fans. Est-ce que la valeur d’un fan Facebook de Porsche est comparable à la valeur d’un fan Facebook de Mars? Est-ce qu’un fan de Porsche vaut toujours 3,6$? Quel est l’intérêt de se baser sur la moyenne pour des données qui ont une variance aussi forte?

Quel message cette étude fait passer aux fans Facebook?
Le point positif de cette étude est que les gens vont comprendre que beaucoup de marques voient leurs fans sous le seul angle du bénéfice financier qu’elles vont en tirer. 3,6$ ou 0,1$ ou 200$, peu importe, beaucoup de marque ne vont sur Facebook que pour faire de la promotion agressive, comme elles peuvent le faire sur les médias traditionnels. Le problème est que certaines marques (souvent les plus petites d’ailleurs) s’investissent dans les médias sociaux avec une réelle volonté de donner la parole à leurs fans, de les écouter pour leur offrir un meilleur service. Et certaines marques n’ont même rien à vendre, les associations en particulier. Comment vont-ils pouvoir expliquer à leurs fans qu’ils sont dans une optique gagnant-gagnant? Certes les consommateurs n’ont jamais été dupes, mais avancer un chiffre à fort potentiel de buzz, qui va être diffusé largement, va ancrer cette idée profondément dans l’esprit des gens. Si vous cliquer sur « Like », vous rapportez 3,6$ à la marque. A la limite, que cela permette au moins aux gens de se demander s’ils ont envie de donner ces 3,6$ à cette marque, si elle les mérite.

Et encore, je ne parle pas des gens qui ont compris de travers et qui annoncent fièrement qu’un fan sur Facebook coûte 3,6$!

Avec cette affaire, nous touchons du doigt l’une des limites du marketing à l’américaine : la création d’un concept fort, à fort potentiel viral, et qui reste bien en mémoire comme ce chiffre de 3,6$, cache souvent un fond trop simple et caricatural.

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Difficile de séparer l’utilisation des médias sociaux du dialogue et de l’écoute. Ce sont d’ailleurs les premières actions à conseiller à une marque qui souhaiterait tirer parti des médias sociaux pour développer sa communauté. Comme souvent expliqué sur ce blog, l’écoute permet deux choses en particulier : faire remonter des insights marketing qui vont aider la marque a améliorer son offre, et acquérir une parfaite compréhension de la cible et ses usages, pour préparer au mieux la phase de dialogue.

Pourtant, nous pouvons lire de plus en plus d’articles qui remettent en cause l’intérêt de l’écoute. En général, c’est pour proposer de l’observation en remplacement. Les arguments avancés sont intéressants :

  • Les consommateurs sont capables de dire ce qu’ils pensent d’un produit, de qualifier leur expérience d’utilisation, mais ils ont plus de difficultés à trouver des solutions pertinentes, à se projeter dans ce que devrait être le produit. On peut avoir grâce à l’écoute une bonne vision de l’utilisation qui est faite du produit et de la satisfaction qui en est retirée, mais ce n’est pas en écoutant les consommateurs que l’on va innover.
  • Trop écouter les utilisateur conduit à faire un produit qui convient plus ou moins à tout le monde, mais finalement qui ne convient parfaitement à personne : un produit ennuyeux (je ne ferais aucun commentaire sur la vision que l’on a de la démocratie si on est d’accord avec cet argument…).
  • Le mode déclaratif est toujours à prendre avec des pincettes en raison des freins sociaux. L’un de mes profs de marketing avait pour habitude de rappeler une anecdote intéressante : les français déclarent se laver les dents deux fois par jours en moyenne. Mais quand on regarde les statistiques d’achat et de renouvellement des brosses à dents et du dentifrice, la situation est toute autre : les français se laveraient en réalité les dents moins d’une fois par jour en moyenne. Cet écueil est encore plus important sur les médias sociaux où la conversation entre la marque et ses consommateurs est le plus souvent publique.

Cette argumentation se conclue invariablement par l’énumération de quelques arguments massues : Steve Jobs n’est pas réputé pour écouter ses consommateurs, ça ne l’empêche pas de créer les produits les plus sexys de l’époque. Henry Ford disait que s’il avait demandé à ses consommateurs ce qu’ils voulaient, ils auraient pensé à des chevaux qui galopent plus vite. Robert Scoble explique que si vous demandez à des utilisateurs de Porsche ce qu’ils aimeraient améliorer, ils se retrouveraient avec une Volvo…

La solution proposée est souvent de privilégier l’observation plutôt que l’écoute (on sort au passage totalement du monde des médias sociaux, pour entrer dans celui de la veille et des études marketing). Le principal avantage de l’observation? Elle n’est n’est pas (trop) biaisée par des facteurs exogènes comme les freins sociaux.

Mais à mon avis, se contenter d’observation est extrêmement limitatif :

  • L’observation est très limitée
    On peut observer l’utilisation d’un produit/service, mais on ne saura jamais quel est le plaisir et la satisfaction qui auront été retirés de cette utilisation. La partie émotionnelle de l’expérience utilisateur est primordiale, et, à part avec des moyens très coûteux, comme des IRM, elle n’est décelable qu’avec le déclaratif.
  • L’un des principaux intérêts de l’écoute est la reconnaissance
    La valeur retirée d’un dialogue entre une marque et ses consommateurs ne se traduit pas uniquement par une amélioration de l’offre, le fait que les consommateurs sentent que la marque les écoute est très favorable. Ceci est totalement absent lorsqu’une marque se contente d’observer.

Que faire alors?

Il faut savoir piocher les meilleurs aspects de chaque technique
Utiliser l’observation pour travailler sur l’expérience utilisateur et comprendre les usages qui se développent sur les supports de la marque. Mais utiliser aussi le dialogue et l’écoute pour aller plus loin dans la compréhension des motivations des membres de la communauté.

L’écoute et l’observation ne doivent pas être utilisés pour trouver des solutions
Ces deux techniques doivent permettre de récolter des indices, des idées. Mais la solution définitive doit être développée par la marque. Ce sont ses équipes qui doivent déterminer ce qui est pertinent, et surtout découvrir s’il n’y a pas des moyens plus innovants pour arriver au résultat suggéré par la communauté. Comme je l’ai déjà dit ici, c’est ce qui a manqué à Ségolène Royal et à Désirs d’Avenir par rapport à Barrack Obama. Lui a su écouter, mais ensuite imposer son leadership et montrer qu’il avait une réelle vision, elle s’est limité à la phase d’écoute.

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A l’époque des médias de masse et de la publicité traditionnelle, le schéma créatif était assez simple. Il fallait acquérir une excellente connaissance de la cible, et trouver LA bonne idée, potentiellement déclinable sur les différents supports disponibles. Cette idée devait attirer l’attention de la cible et faire passer un message marketing dans le même temps. L’efficacité de ce procédé était très intéressant étant donnés les supports disponibles pour faire passer le message : des supports de masse, peu personnalisables. C’est ce qui a fait la fortune des agences de publicité.

Mais, comme le disait Malcolm Gladwell dans une très belle présentation au TED, vouloir faire un café universel permet d’atteindre un niveau de satisfaction de 60/100 parmi les consommateurs. Pour améliorer ce score, il ne faut pas faire un café, mais des cafés adaptés aux différents goûts.

Les nouveaux outils marketing nous permettent, à l’inverse de la publicité traditionnelle, d’arriver à cette personnalisation. Cette personnalisation permet, comme le dit Helge Tennø sur l’excellent blog 180360720, de passer de la crispation au bonheur extrême.

Quel impact sur les concepts créatifs à l’heure des médias sociaux?

Il faut prendre le temps de les adapter à chaque type de motivation décelé chez le cible, à chaque profil de membre de la communauté.

Il faut accepter de laisser les membres de la communauté prendre en main ces concepts créatifs et les décliner selon leur goût.

Il faut peut-être chercher DE bonnes idées plutôt que LA bonne idée, même si c’est souvent moins valorisant.

Et on peut même imaginer que le concept créatif doit être drivé par les usages qui se sont développés sur le support plutôt que par une idée.

C’est ce qui fera la fortune des agences conseil en stratégie digitale.

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Le sujet des postes de community manager confiés à des stagiaires a été suffisamment débattu un peu partout, je ne vais pas revenir dessus, mais plutôt sur ce que cela révèle.

Cette tendance, persistante, est assez révélatrice de l’intérêt que les marques portent à leur communauté. Elles commencent à comprendre qu’elles doivent être présentes sur les médias sociaux, mais ne veulent surtout pas s’y engager pour de bon, alors même que l’engagement des consommateurs est ce qu’elles recherchent avant tout.

Et en lisant les offres d’emploi pour les postes de community manager, je me demande si au final, les marques ne cherchent pas simplement à reproduire ce qu’elles font en grande surface. C’est à dire de l’animation commerciale 2.0.

Le community manager tel qu’on le voit dans une majorité des offres d’emploi doit créer de l’animation, asséner le nom de la marque à longueur de journée, faire essayer le produit, en discuter, donner deux-trois conseils, demander aux consommateurs ce qu’ils pensent du morceau de fromage offert, leur faire gagner un lave-linge…

Il n’y a rien de méprisant dans ce que je dis, l’animation commerciale est un beau métier, dur, qui a son utilité, c’est simplement que le potentiel de la communauté est loin d’être exploité. La communauté a besoin de bien plus qu’un animateur commercial 2.0. Elle a besoin d’un excellent connaisseur de l’industrie, qui a une vraie crédibilité, une vision. Une personne qui saura faire changer la marque en fonction des feedbacks qu’elle reçoit, qui connait et saura exploiter les effets de réseau et de bouche à oreille, qui donnera de l’énergie aux consommateurs fidélisés pour les transformer en ambassadeur…

Là où les marques embauchent un stagiaire, elles devraient mettre en avant leur C-suite. Avant même de réclamer de l’engagement à leurs consommateurs, elles devraient s’engager réellement et le prouver.

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Il est de notoriété publique que la crédibilité d’un utilisateur Twitter est essentielle pour comprendre son influence. Les messages qu’un utilisateur crédible fait passer seront reçus avec beaucoup plus d’intérêts, et une force de conviction bien plus importante que les messages d’un utilisateur lambda, sans crédibilité particulière sur le sujet. Mais cette crédibilité, et la notoriété de l’utilisateur, jouent également un rôle important dans l’attention qu’il pourra obtenir autour d’un message.

Lorsqu’un utilisateur de Twitter commence à suivre un certain nombre de comptes Twitter, et en fonction du temps qu’il passe chaque jour à consulter son compte, il scanne plus qu’il ne lit sa timeline.

Ce scan laisse sans doute moins de quelques micro-secondes à un message pour attirer son attention. Et au delà de l’intérêt intrinsèque du message et de sa formulation, c’est l’auteur de message qui peut déterminer si l’utilisateur va s’attarder sur le twitt ou non. Lorsque l’on doit consulter un nombre important de message, et c’est vrai à la fois pour une consultation en pull et pour une consultation en push (notification de nouveau twitt), l’auteur du twitt est un filtre important.

Il y a deux éléments qui entrent alors en jeu : la notoriété de l’auteur, et l’image que l’on a de lui.
Les utilisateurs qui suivent un nombre important de comptes sur Twitter le savent : certains sont très familiers, et donc immédiatement reconnus sur la timeline, et d’autres le sont un peu moins. Lors d’un scan rapide, les utilisateurs bien reconnus attirent plus l’attention.
Mais l’image (qui intègre en particulier la crédibilité et la réputation de l’auteur) est aussi essentielle. Plus le scan est rapide et plus le lecteur filtre naturellement les messages en fonction de l’image qu’il a de l’auteur, afin de maximiser les chances de donner son attention (qui est précieuse) à un contenu qui le mérite.

L’image, mais également la notoriété sont très importante pour capter l’attention d’un lecteur sur Twitter. Il est donc vain de penser que les messages publiés dès la création du compte auront un impact fort, surtout si la marque (commerciale ou personnelle) derrière le compte Twitter ne bénéficie pas d’une crédibilité importante. Il faut prendre le temps de gagner cette crédibilité et cette notoriété en tant qu’utilisateur de Twitter, et cela passe par des publications consistantes et une bonne compréhension des attentes de notre lectorat.

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Petite pensée de début de semaine…

Vous connaissez peut-être l’histoire qui raconte la construction d’un ensemble de bureaux, et la façon dont l’architecte a géré celle-ci. Les concepteurs d’applications sociales de tous poils ont tout intérêt à s’en inspirer.

« Une fois les bâtiments terminés, l’équipe en charge de la réalisation du parc vient voir l’architecte pour lui demander où ils doivent placer les chemins entre les différents bâtiments. L’architecte leur demande d’attendre un peu et de seulement planter de l’herbe partout pour le moment. Quelques semaines après, l’architecte observe les chemins naturellement créés dans l’herbe par le passage régulier des employés des bureaux et fait construire les allées à ces endroits. Le résultat : un aspect innovant et surtout un produit parfait, optimisé au maximum et qui répond parfaitement aux besoins des gens. »

Ce que l’on doit retenir de cette histoire? Laisser de la liberté aux consommateurs et observer les usages qui émergent permet de concevoir des outils proches de la perfection, et surtout de découvrir des solutions auxquelles on n’aurait pas pensé.

C’est finalement la stratégie qui a cours dans la Silicon Valley actuellement : sortir le plus rapidement les produits, avant même qu’ils soient tout à fait finalisés (et donc avant que leurs usages soient gravés dans le marbre), et laisser les utilisateurs faire ressortir les usages les plus intéressants. Le dernier exemple en date? La sortie de Google Buzz. L’application est loin d’exploiter toutes les possibilités offertes par l’écosystème Google. Mais Google a pour habitude d’observer beaucoup les utilisateurs pour affiner ses applications au fur et à mesure et y ajouter seulement les applications nécessaires. Ils laissent les utilisateurs tracer le chemin, pour ensuite bénéficier de cette connaissance collective et mettre en place les fonctionnalités indispensables uniquement.

Anecdote trouvée dans l’excellent « A whack on the side of the head« , de Roger von Oech

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Le sujet a été débattu à de très nombreuses reprises ces derniers temps, à la fois aux Etats-Unis et en Europe. Les médias sociaux ont apportés des changements radicaux dans les relations entre la marque et ses consommateurs. Fort logiquement, ces changement commencent à avoir un impact sur les relations entre les marques et leurs agences. Difficile encore d’avoir une idée précise de ces changements, mais certains auteurs apportent des éléments intéressants au débat.

Les annonceurs vont devoir mouiller leur chemise. A l’ère de la publicité, et du marketing d’interruption, le point clé était le concept de communication, qui devait retenir l’attention. D’où l’intérêt que les marques avaient à faire appel à des agences, qui sont des machines à créer des concepts de communication. Mais avec l’arrivée des médias sociaux, le plus important se situe du côté de la marque : connaissance empirique de la cible, connaissance du produit, support nécessitant moins de compétences techniques différentes (si on se focalise sur le dialogue)… Les marques ne pourront bien entendu pas gérer seules leurs stratégies de conversation, mais les agences vont devoir évoluer. Quelques pistes :

Les agences « social media » seront avalées par les grosses agences de marketing et publicité
Aziz Adad a écrit un article très intéressant soutenant cette théorie.
A mon avis les agences social media, surtout en France, ne grandiront pas assez vite pour s’imposer de façon durable. Les agences traditionnelles intègreront petit à petit les compétences en médias sociaux et conversation, et les annonceurs n’iront pas chercher plus loin, et continueront à travailler avec leur agence traditionnelle. Reste de gros challenges pour ces agences classiques, en termes de compétences, d’état d’esprit, d’organisation…

Les marques travaillent avec trop d’agences différentes
C’est la théorie exposée par Valeria Maltoni sur son blog Conversation Agent. Avec la multiplication des supports et le léger déclin de médias comme la TV, la radio, les marques ont commencé à travailler avec une multitude d’agences différentes (publicité, marketing direct, création, digital, médias sociaux, RP et eRP, événementiel…). Le problème? A l’époque de la conversation, les marques ont besoin de beaucoup plus de cohérence et de réactivité dans leurs prises de parole et leur écoute. Dans cette optique, les marques devraient plutôt limiter le nombre des agences avec lesquelles elles travaillent.

Les idées et l’intégration ne font pas bon ménage
Joseph Jaffe, directeur de l’agence crayon, qui travaille en particulier pour Coca Cola pense que dans le futur, les agences vont se diviser en deux : il y aura les agences créatives, responsables de trouver des idées pour aider la marque à se connecter avec ses consommateurs, et les agences d’intégration, qui réaliseront ces idées et auront en charge le planning stratégique. Il a cette conviction depuis que Coca Cola a décidé de séparer son budget stratégique entre une agence de création et une agence d’intégration.

Les agences vont devenir des créatrices de plateformes
Dans un article extrêmement intéressant, Bud Caddell, digital strategist chez Undercurrent, amène une idée complètement nouvelle. Et si les agences devenaient plutôt des créatrices de plateforme? Au lieu de conseiller les marques dans leur utilisation de Facebook, si elles créaient plutôt le prochain Facebook? Au lieu de conseiller une marque à communiquer au mieux dans GQ, si elles créaient plutôt le prochain GQ? Même si je pense que ça semble un peu complexe au niveau business, il y a un argument très fort en faveur de cette hypothèse : qui mieux que le créateur d’une plateforme peut conseiller la marque à son utilisation? Les supports devenant de plus en plus variés et de plus en plus complexes, les agences auront du mal à tous les maîtriser, en particulier car ils n’auront jamais accès à l’ensemble des analytics.

Une petite conclusion personnelle
La vérité pourrait bien se situer quelque part entre toutes ces hypothèses.
- Il est fort probable que les marques intègrent petit à petit les compétences relatives aux médias sociaux en interne (et pas seulement avec des community manager, comme c’est le cas actuellement). Cela leur permettra de profiter de leur expertise sur les produits, les consommateurs, le secteur… Elles bénéficieront également d’une grande cohérence et d’une forte réactivité dans leurs prises de paroles et leur stratégie d’écoute.
- Elles auront toujours besoin de prestataires extérieurs, pour deux tâches : apporter un regard neuf et des idées sur leur marketing et pour l’intégration des grandes campagnes transmedia. Dans ces deux cas, ce sera à la fois du conseil et de l’exécution.
- Pour le conseil concernant les sujets complexes (stratégiques et organisationnels) dans le domaine des médias sociaux, je mettrais bien quelques dollars sur leur intégration dans les grands cabinets de conseil en stratégie, comme le Boston Consulting Group, ou McKinsey par exemple.
- Et finalement, je pense que l’idée de Bud Caddell possède une part de vérité également. Mais pourquoi pas dans le sens inverse : il est fort possible que les plateformes Internet développent des activité de conseil (basé sur les analytics), pour assister les marques dans leur utilisation de la plateforme.

Et comme le dis Joseph Jaff, ça ne coûte pas grand chose de faire des prédictions : si je me plante, personne ne viendra déterrer le cadavre de cet article, et si j’ai raison, je pourrai me la raconter pendant des mois.

Et surtout, n’hésitez pas à laisser votre avis en commentaire, je pense que chaque expérience, chaque point de vue est important dans ce débat!

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