Logo Interact!on

Les marques mettant en place de plus en plus d’outils de monitoring et de remontée de feedbacks clients sur les médias sociaux, mais comment différencier l’insight consommateur privé, l’insight consommateur public et l’insight communautaire?

L’insight consommateur privé
L’insight consommateur privé est un feedback qui a été recueilli de façon privée auprès d’un consommateur. Il est intéressant, car relativement brut, et peu contaminé par le besoin de reconnaissance sociale de l’individu.

L’insight consommateur public
L’insight consommateur public est une information, exprimée par une seule personne, mais en public. Cet aspect public est essentiel à comprendre, car il peut y avoir une différence non négligeable entre l’information ressentie et la façon dont elle a été exprimée. En s’exprimant, la personne a conscience d’être jugée par ses pairs, et a donc pu adapter son sentiment avant publication, de façon consciente ou non.

L’insight communautaire
L’insight communautaire est une information qui a non seulement été publiée publiquement, mais qui a également été co-conçue. Cette co-conception peut prendre différentes formes: co-conception de l’information, vote et classement d’informations publiées par des individus, informations (le plus souvent qualitatives) récoltées sur des usages…

Chaque type de donnée doit être traité de façon très spécifique.

L’insight consommateur privé est sans doute la donnée la plus fiable, la plus précise. Mais elle ne représente pas forcément une opinion partagée largement. Le risque est de répondre à un problème minoritaire parmi les utilisateurs.

L’insight consommateur public est le type de donnée le plus délicat à manipuler. Sa valeur intrinsèque est fortement influencée par des considérations sociales. Par contre, il peut être très éclairant sur l’image de la marque. Il permet de comprendre quels enjeux sociaux sont à l’œuvre lors de l’expression d’un consommateur à propos de celle-ci. Il est également primordial de comprendre que selon le support et le type de prise de parole, ces enjeux sociaux seront plus ou moins proéminents. Ils sont très forts sur une plateforme où la notion d’identité est forte, comme sur Facebook. Par contre, sur une plateforme utilisée le plus souvent de manière anonyme (Yahoo Answers par exemple), les impacts sociaux seront moins importants, même s’ils restent présents.

L’insight communautaire, quant à lui, est très utile pour comprendre les opinions les plus largement partagées. En fonction du degré d’engagement nécessaire pour participer à cette co-création de feedback, ces opinions largement partagées seront également les opinions les plus importantes pour les consommateurs. En effet, s’il suffit de cliquer sur « Like » pour apporter sa pierre à l’édifice, on va avoir tendance à promouvoir des idées que l’on partage, même si elles ne sont pas très importantes. Si par contre, la participation demande plus d’engagement (rédaction d’un commentaire plus long, participation à la création d’un design…), il y a des chances que seuls les problèmes importants soient traités.

Quelques pistes pour gérer au mieux ces problématiques:

  • Il faut bien séparer ces différents types de feedbacks à chaque étape de leur traitement: récolte de l’information, remontée vers les services concernés, étude, mise en œuvre, communication autour de cette mise en œuvre.
  • Dans la mesure du possible, agir en entonnoir: commencer par faire appel à des insights communautaires, pour isoler rapidement les problèmes les plus importants à traiter (encore une fois, il faut garder à l’esprit que c’est la marque qui doit décider, pas les consommateurs ; ce qui ne doit pas empêcher la marque d’écouter). La seconde phase est d’observer des commentaires publics relatifs au problème sélectionné, puis, finalement, creuser le problème en récoltant des avis privés sur le problème.
  • En fonction de l’objectif recherché, on ne doit pas utiliser les même informations. Pour une étude de la stratégie produit assez globale, les insights communautaires sont les plus adaptés, alors que pour l’amélioration d’un aspect spécifique du produit, les insights consommateur (privé et public) sont les plus utiles (attention, ce n’est pas une règle figée, plutôt une tendance).
  • Je radote un peu, mais ces différentes phase doivent être menées par des experts du produit, ce qui leur permettra de faire le tri assez rapidement sur ce qui est pertinent, ce qui est un biais social, et ce qui est largement partagé mais peu important.
Lire la suite

Lorsque l’on observe les marques qui ont le plus de fans sur Facebook, on se rend rapidement compte qu’il leur devient impossible d’utiliser l’outil pour dialoguer avec leur communauté.

Là où Twitter offre suffisamment de flexibilité, grâce à la simplicité de l’outil et à son API (qui permet la mise en place d’applications comme Cotweet), pour la mise en place de programmes de dialogue ambitieux, tels la Twelpforce de BestBuy, la rigidité des fan pages sur Facebook ne le permet pas.

Une marque comme Whole Food (350 000 fans sur Facebook pour le compte principal), qui a pourtant toujours démontré un intérêt fort pour le dialogue, ne peut répondre aux 30 / 40 interactions qui sont publiées quotidiennement sur son mur. Manque de volonté? Manque de moyens? Problème de rentabilité? Facebook devient alors un outil de diffusion de contenu de marque.

Certes, les « Like » et autres commentaires font illusion un moment, mais à partir du moment où la marque ne peut plus répondre à chaque consommateur individuellement, elle cesse d’être une marque de proximité. Il y a un réel risque de lassitude de la part des internautes qui vont se rendre compte qu’en devenant fans d’une marque, ils ne font rien de plus que de lui offrir un canal de communication supplémentaire. Les consommateurs commencent d’ailleurs à intégrer ce glissement. Une étude nous informe que si 20% des gens qui entrent en contact avec une marque sur Twitter le font pour interagir avec la marque, le chiffre est beaucoup plus faible pour Facebook.

La question devrait intéresser Facebook, car passer d’un format de dialogue entre marques et consommateurs à un format purement publicitaire aura un impact important sur son modèle. Si les consommateurs n’y trouvent plus leur compte, les entreprises réduiront leurs investissements sur la plateforme, pour se tourner vers des supports plus adaptés au dialogue.

Les solutions existent, et Facebook devrait s’inspirer de ce qui se fait sur d’autres types d’outils 2.0: possibilité de faire remonter les contributions de fans les plus populaires, création de groupes de fans pour isoler les plus actif et leur offrir un réel espace de dialogue… Facebook pourrait également regarder du côté de Whole Food qui a su adapter son utilisation de l’outil aux réseaux de points de vente, ce qui lui a permis de constituer des communautés de taille plus modestes, centrées autour d’un magasin (l’arrivée de Facebook Places pourrait ouvrir des opportunités en ce sens).

Lire la suite

I definitely think that people who tweet on behalf of an organization need to be in it. If you can find the wonderful combination of someone who really knows your business and really knows social media, then that’s the person to use, even if they’re in the meat department or they’re a cashier.
Marla Erwin, conceptrice de la stratégie médias sociaux de Whole Food Market

Pour rappel, Whole Food Markets, c’est plus de 1,8 millions de followers sur leur compte Twitter global, 3200 followers sur leur compte dédié au fromage (!), 340 000 fans sur leurs page Facebook globale, 250 pages Facebook locales, 150 comptes Twitter locaux.

Autant dire qu’ils sont crédibles quand ils donnent des conseils sur le community management…

Retrouvez Maria Erwin en interview sur le site Social Media Examiner

Lire la suite

En travaillant régulièrement sur les médias sociaux, on peut remarque de façon empirique que les contenus créés par les utilisateurs sont primordiaux pour les petites marques.

Si l’on prend les 50 premiers résultats d’une recherche du nom de la marque sur Google (autant dire que cela représente ce qui est visible et publique sur Internet à propos de la marque), on observe une grande différence entre les grandes marques et les plus petites:

  • Une grande marque (leader national ou multinationale) a entre 10 et 20% de ces premiers résultats qui sont des contenus créés par les utilisateurs. Les autres sont des contenus créés par la marque (entre 30% et 80%) ou par les grands supports de presse en ligne. La raison? Les gens parlent beaucoup de la marque, mais ses moyens marketing lui permettent de faire remonter une grande quantité de contenus dans les premières pages.
  • Plus la marque a des moyens marketing limités, plus la proportion de contenus créés par les utilisateurs va remonter dans les premières pages. Une marque plus modeste aura ainsi entre 60% et 70% de contenus créés par les utilisateurs dans ces premières pages de Google.

Que sont ces contenus créés par les utilisateurs? Citations de la marque sur les réseaux sociaux (supports publiques), publication sur un forum, publication sur un blog personnel, avis sur les sites dédiés, articles sur les wiki…

Bien entendu, ces chiffres sont issus de mon expérience et n’ont pas vocation à remplacer d’éventuelles études sur le sujet. Mais ils permettent de toucher du doigt un élément essentiel: là une grande marque peut se permettre de camoufler des contenus négatifs derrière des contenus nombreux et populaires, une petite marque ne pourra se le permettre.

Cette sur-représentation des contenus créés par les consommateurs peut-être une menace importante car les internautes ont tendance à s’exprimer plus facilement lorsqu’ils sont mécontents. Et mes observations confirment d’ailleurs cette idée: les plus grandes marques ont souvent une tonalité plus positives de leurs citations (toujours sur les 50 premiers résultats de Google).

Que faire alors?
Le premier réflexe pourrait être de créer du contenu et de travailler son SEO. En effet, une bonne stratégie de contenu couplée avec l’utilisation des best practices en SEO permet de faire remonter du contenu de marque sur les premiers résultats Google, même pour de petites marques.
Cette solution montre tout de même assez rapidement ses limites. Dès que l’on arrivera sur des requêtes du style « avis + nom de la marque », il sera très difficile de remonter avant les principaux forums et sites de recueil de feedbacks consommateur. De plus, cela est valable seulement lorsque le consommateur va chercher les avis sur Google. Or on sait que la recherche de feedback se fait de plus en plus de façon sociale.
L’idéal reste donc de convaincre les consommateurs, de les fidéliser, puis de leur donner les moyens et la motivation d’exprimer leur satisfaction.
Plus facile à dire qu’à faire? Certes… Mais c’est la seule issue sur le long terme…

Lire la suite

Voilà un livre que je vais rapidement me procurer: Where good ideas come from, de Steven Johnson.

It’s a book that tries to grapple with the question of why certain environments seem to be disproportionately skilled at generating and sharing good ideas.
Steven Johnson

L’auteur présente ses réflexions sur les environnements, les contextes qui favorisent la créativité, en suivant deux axes: le temps, avec de nombreux rappels historiques, et l’espace, en s’intéressant non seulement aux contextes « humains », mais également aux contextes naturels.

Inutile d’en dire trop, la vidéo a suffit à me convaincre. Elle rappellera forcément à certains la vidéo Drive, ainsi que toutes les autres de la série.

Via Romain Pechard

Lire la suite

Tous ceux qui travaillent dans le domaine des médias sociaux le savent: pour convaincre un client, les statistiques sont primordiales. L’objectif est de sélectionner des chiffres qui montrent que l’entreprise va pouvoir atteindre ses objectifs en s’engageant au sein de sa communauté.

Pourquoi ces chiffres sont-ils si importants?

  • Il est encore nécessaire de convaincre les marques de l’intérêts de ces nouveaux supports de la conversation, car elles manquent de repères concrets venant de leur industrie ou de leur propre expérience.
  • Il est impossible de s’engager sur des résultats précis tellement la route qui mène au succès peut s’avérer plus ou moins tortueuse en fonction des cas.
  • Les facteurs clés de succès, que nous pouvons percevoir clairement en tant que spécialistes du domaine, sont beaucoup moins évidents pour des professionnels du marketing traditionnel. Là où nous voyons de façon limpide des opportunités, il faut des preuves chiffrées à ces derniers (ce qui est d’ailleurs tout à fait sain et normal!).

Donc nous mettons des chiffres dans nos présentations client ou nos recommandations!

Et pourtant, je me sens assez mal à l’aise face à tous ces chiffres.

  • La plupart proviennent directement de sociétés dont les médias sociaux sont le business: cabinets de conseil en médias sociaux, groupes de communication…
  • Même si je ne mets pas en doute le sérieux avec lequel ont été réalisées ces études, elles ont tout de même été mises en place par des structures dont ce n’est pas le métier, et qui manquent sans doute d’expérience dans le domaine. Quand on observe le manque de fiabilité de sondages réalisés par des pros, on peut s’interroger…
  • La façon de présenter les chiffres est aussi très importante (et cela rejoins en partie ma première interrogation). Fullsix avait sorti il y a quelques temps une étude, Face to Facebook (pdf), montrant que 31% des fans d’une marque sur Facebook étaient motivés par les offres promotionnelles. Ce chiffre était très positif (et j’imagine que par rapport à d’autres supports traditionnels, c’est élevé). Cependant, dernièrement, un cabinet américain nous apprend que 70% des gens qui deviennent fans d’une marque considère que cela ne donne pas droit à celle-ci de leur envoyer des offres promotionnelles (voir cet article). Cela permet de relativiser tout de suite les opportunités que le premier chiffre semblait ouvrir: certes, la promotion sur Facebook permet de toucher 30% des fans, mais c’est au détriment des 70% restant, pour qui l’image de la marque risque de souffrir.
  • Ce dernier exemple doit également nous alerter sur le fait que les sources et méthodologies de l’enquête ne sont pas toujours précisées. En effet, il est très difficile d’aller du blog français qui présente l’étude jusqu’à celle-ci.
  • En majorité, les chiffres nous viennent des US. Il ne faut pas oublier que d’une part, ce pays est largement en avance dans ce domaine au niveau des usages, mais surtout que culturellement, les américains sont beaucoup moins méfiants face au marketing.
  • Les usages et technologies évoluant très vite, les études deviennent obsolètes après quelques mois seulement.
  • Je ne parle pas des chiffres complètement fantaisistes, comme la valeur d’un fan Facebook

Les chiffres resteront indispensables, pour convaincre, mais également pour valider des hypothèses ou des stratégies. Il est toutefois nécessaire d’être vigilant, honnête dans leur utilisation.
Il faut les présenter de façon neutre, vérifier les sources, être très attentif aux différences de contexte, proposer des contre-exemples…

Lire la suite

L’infographie suivante souligne avec humour que la fameuse Pyramide de Maslow peut être utile dans de nombreux domaines*. S’intéresser aux besoins et motivations des gens est essentiel, même dans des situations extra-professionnelles d’ailleurs.

Dans les médias sociaux, ou l’apport de valeur est indispensable, comme je me plaît à le rappeler régulièrement, la pyramide de Maslow peut-être un outil méthodologique intéressant. A utiliser principalement comme une grille de travail qui permet de ne pas passer à côté de certaines motivations peu évidentes. Motivations qui doivent ensuite être précisées et adaptées aux consommateurs ciblés et au positionnement de la marque.

Je vous laisse donc apprécier l’infographie à sa juste valeur (je suis persuadé que vous aimerez le « Viral meme nirvana »).
Hierarchy of Internet needs

Source: Flowtown Blog – The hierarchy of Internet needs
Via: Youngplanner

Lire la suite

L’engagement, c’est de l’attention offerte, du temps passé et un risque social.

En observant un peu les campagnes menées sur les médias sociaux, je trouve que les marques ont tendance à négliger un élément important: le potentiel d’engagement qu’elles peuvent espérer obtenir des consommateurs. Chaque marque a un potentiel très différent dans ce domaine.

Un exemple que je prends assez régulièrement est la différence entre une marque comme Porsche et une marque comme Twix. Jamais le community manager de Twix ne pourra espérer autant d’engagement de la part de ses membres que celui de Porsche.

Les éléments qui vont déterminer cette différence sont les suivants:

Attrait du produit
Les gens vont plus facilement s’engager dans une communauté qui touche à un produit qui a un fort attrait, et qui est apprécié des consommateurs. Cet attrait a deux dimensions: la première est la qualité intrinsèque du produit et la seconde est l’importance du produit dans la vie des consommateurs.

La corrélation entre l’image de la marque et les motivations des consommateurs
Une marque fortement attractive aura plus de chance de gagner l’attention des gens sur les médias sociaux.

La valeur « sociale » de la marque
Un consommateur qui considère que montrer son engagement envers une marque sera positivement perçu par ses amis jouera plus facilement un rôle actif au sein de la communauté de la marque.

Avant même de se lancer dans des actions sur les médias sociaux, les marques doivent estimer si, à la lumière de ces trois critères, elles peuvent espérer voir des gens devenir naturellement des ambassadeurs. Sinon elles devront faire de gros efforts de community management (animation, concours, promotions exclusives…) pour obtenir cet engagement.

Malheureusement, de nombreuses marques ne font pas cet effort.
Il en ressort des campagnes qui n’apportent pas suffisamment de valeur, alors que le potentiel d’engagement est faible. Le résultat? Un désintérêt total des membres de la communauté.
D’autres marques, au contraire, font trop d’efforts pour apporter de la valeur, alors que leur potentiel d’engagement était déjà élevé. L’image de marque peut en souffrir, car les consommateurs vont se demander pourquoi la marque a besoin de faire tant d’efforts pour les intéresser.

Lire la suite