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Mot clé "consommateur"

L’expérience racontée dans cet article de Bertrand Duperrin à propos des qualités du service client de KLM sur Twitter est très intéressante. Twitter est un formidable outil de communication certes, mais pour une marque, il doit avant tout être un outil de service.

La simplicité, la rapidité de cet outil en font le meilleur allié de la marque au service du client. Il est bien plus simple de poser une question à une marque sur Twitter qu’au téléphone (coût financier ou temps perdu, et désagrément parfois), que par email (temps de réponse, sentiment de ne pas maîtriser ce qui se passe après l’envoi) ou même qu’en direct (nécessité de se déplacer sur le point de vente, problème si jamais le vendeur n’a pas la réponse…). Twitter peut-être utile dans cette optique à toute entreprise, de la plus petite à la plus grande (grâce aux outils de gestion multi-utilisateurs comme Cotweet).

Au delà de la réponse aux questions venant des consommateurs, le service aux clients doit également venir là où on ne l’attend pas. La veille réalisée par la marque doit permettre de faire remonter toutes les demandes qui concernent le produit de la marque ou le besoin auquel il répond pour apporter des solutions de manière proactive.

Je ne dis pas par là que toute activité à but commercial ou promotionnel doit être proscrite, mais si une marque utilise l’outil à cette fin, elle doit toujours le faire avec comme objectif de rendre service.

Attention à ne pas transformer cette expérience qui doit être très positive pour le client en déception : le ressenti sera d’autant plus fort, et le principe même de Twitter est impitoyable. Si l’on n’apporte rien à ses followers, alors rien ne les empêche d’arrêter de nous suivre, ce qui rendra vaine toute communication ultérieure.

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J’ai trouvé chez Nékid cette très belle intervention du publicitaire Rory Sutherland au TED.

Son intervention porte sur la différence entre la valeur intrinsèque d’un produit et la valeur perçue. Preuve à l’appui, il explique pourquoi nous avons tendance à privilégier la valeur perçue d’un produit ou service.


(n’hésitez pas à mettre les sous-titres)

Cet élément ne doit pas être pris en compte seulement en publicité. Il est excessivement important dans les médias sociaux. L’expérience utilisateur est importante, et permet en particulier d’avoir un impact direct sur la façon dont l’utilisateur va utiliser l’application et comment il va percevoir cette utilisation. C’est d’ailleurs très complémentaire avec ce que je disais dans cet article sur l’importance de la marque dans l’expérience utilisateur. Deux applications identiques peuvent voir des usages complètement différents se développer en fonction de la valeur perçue et de l’image de la marque. Et cette valeur perçue se joue dans les détails.

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On le sait, les clients d’une marque sont essentiels pour son image. La raison est simple : on achète pour l’usage que l’on va faire du produit/service, mais aussi pour le sentiment d’appartenance que l’on va ressentir en faisant cet achat. Les clients Von Dutch, par exemple, achetaient plus les produits de cette marque pour espérer appartenir à la même « tribu » que Madonna & co que pour la qualité des produits. C’est le principe de l’endorseur, ou de l’égérie : on utilise l’attractivité d’un client disposant d’une forte visibilité pour attirer les autres consommateurs.

Mais il est aussi possible d’aller encore plus loin et de faire de tous les clients des égéries de la marque.
La première méthode à appliquer si l’on souhaite aller dans ce sens est de bien cibler ses clients : plus ils vont être ciblés (en général grâce à la « tribu » à laquelle ils appartiennent), plus ils vont correspondre aux valeurs que la marque souhaite porter. Et plus ils vont servir d’appâts pour les autres clients potentiels, qui voudront faire partie de la « tribu ».

Encore mieux, il est possible pour une marque de faire porter par ses clients les valeurs qu’elle souhaite exprimer.

Pour cela, les marques essaient parfois de faire adopter une culture commune à la communauté de leurs clients. Le sponsoring d’artistes, le product placement, par exemple, vont souvent dans ce sens : si une grande partie des clients adopte cette culture commune (que les responsables de la marque jugent attractive), alors la marque pourra en tirer bénéfice.

Mais le groupe hôtelier Sage Hospitality a lancé une initiative bien plus subtile : en échange d’une journée de bénévolat pour une association, leurs clients peuvent bénéficer d’une réduction conséquente sur leur nuit d’hôtel. En plus d’être bénéfique à la société (oui, l’actualité a parfois tendance à nous faire oublier ce rôle que les marques devraient jouer plus souvent), cette opération permet à la marque de motiver ses clients à faire le bien autour d’eux. Ils pourront alors devenir des ambassadeurs très positifs pour la marque.

Dans le même esprit, une campagne pour la Prius (sans doute pas lancée par Toyota d’ailleurs) était très sympa : Well, at least he/she drives a Prius. Comprenez : les gens qui conduisent des Prius sont des gens bien. On est bien dans le même esprit : en achentant une Prius, vous entrez dans la catégorie des gens bien.

Prius - Well, at least he drives a Prius

Prius - Well, at least he drives a Prius


Prius - Well, at least he drives a Prius

Prius - Well, at least he drives a Prius


Prius - Well, at least she drives a Prius

Prius - Well, at least she drives a Prius

Ce n’est sans doute pas nouveau, mais c’est une tendance à prendre en compte : les marques doivent devenir responsables de la façon dont se comportent leurs clients. Surtout dans la période de remise en cause de notre mode de vie que l’on traverse.

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« Pour que la pensée d’un homme quel qu’il soit se mette en mouvement, il lui faut une souffrance, une douleur, ou au moins une inquiétude. », Céline

Cette citation de Céline me fait terriblement penser à la définition de base du marketing : répondre à un besoin, à une motivation, c’est répondre à une tension, la faire disparaitre.

Quelles sont ces tensions auxquelles la marque peut répondre grâce aux médias sociaux?

Manque d’informations
Les médias sociaux peuvent être une très bonne source d’informations, en particulier d’informations relatives à un produit. Qu’elles viennent de la marque ou des autres membres de la communauté, l’information n’aura pas le même impact, mais elle permettra de répondre à cette tension. Cette motivation n’est pas la plus profonde, mais c’est clairement la plus commune, la collecte d’informations pouvant avoir comme objectif de mieux consommer, de se former, de s’informer, de se divertir…

Recherche d’un produit/service personnalisé
Les medias sociaux peuvent également attirer des gens qui ont un besoin très spécifique. Grâce à la co-création ou au crowdsourcing, les marques peuvent proposer des produits parfaitement adaptés aux motivation de leurs clients.

Déception après usage d’un produit/service
On entre là dans la dimension « service après vente » des médias sociaux. Il existe de nombreux outils qui permettent de répondre à des déceptions consécutive à l’usage d’un produit.

Besoin d’expression
Parfois, nous avons besoin d’exprimer nos sentiments ou nos opinions sans aucun objectif social. C’est une tension qui trouve une réponse dans les médias sociaux. Malheureusement pour les marques, les sentiments concernés sont rarement positifs.

Renforcer les relations sociales
Que ce soit pour rencontrer de nouvelles personnes, garder le contact ou savoir ce que font nos relations sociales, les médias sociaux nous semblent indispensables aujourd’hui (de retour d’un très bon week-end à Marrakech, je me permet d’apporter un bémol à cette affirmation…)

Besoin de reconnaissance
C’est sans doute le besoin le mieux comblé par les outils sociaux. Tout le monde a besoin de se sentir important aux yeux des autres, aux yeux de la marque. Tout le monde a besoin de se sentir membre d’une communauté. Les médias sociaux qui marchent jouent beaucoup sur cet aspect.

Besoin d’accomplissement personnel
Dans toutes les communautés, il y a certaines personnes qui profitent et d’autres qui apportent. Ceux qui apportent le font souvent en partie pour répondre à ce besoin d’accomplissement personnel. Ce besoin de se sentir utile.

Cette concentration sur ces besoins peut paraitre un peu basique, mais toutes les actions sur les medias sociaux ne les prennent pas en compte. Au lieud e s’intéresser aux besoins des marques, il faut s’intéresser aux motivations des consommateurs. Et essayer de s’attaquer aux dernières motivations citées dans cette article, beaucoup plus fortes que les premières.

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Une étude de Knowledge networks, publiée le 20 Mai 2009, nous permet de relativiser l’impact des medias sociaux et des recommandations entre internautes sur les ventes aux Etats Unis. C’est vrai que c’est l’un des points que l’on met en avant pour promouvoir le développement des médias sociaux. Les gens ont moins confiance dans la publicité et préfèrent faire appel à leurs relations sociales pour se renseigner sur un produit. Mais finalement, est-ce que l’impact des médias sociaux est si fort que l’on pense?

A la question « Est-ce que vous utiliser les médias sociaux pour vous aider à acheter un produit de la catégorie suivante », les utilisateurs des médias sociaux ont répondu :
- Achat d’un voyage : 4% utilisent souvent les médias sociaux et 24% de temps en temps
- Banque ou services financiers : 4% / 10%
- Vêtements ou chaussures : 3% / 23%
- Restaurant : 3% / 21%
- Téléphonie mobile et services associés :2% / 21%
- Soins personnels, produits de beauté… : 3% / 15%
- Automobile : 2% / 15%
- Epicerie et alimentaire : 2% / 13%
- Produits médicaux : 1% / 10%

Les résultats sont assez étonnants et vont à l’encontre d’idées que j’ai sur certains points. Je pense en particulier que plus l’achat est impliquant, plus les gens vont se renseigner avant d’acheter. Il est donc étonnant que les gens utilisent plus les médias sociaux pour acheter des produits de beauté que pour acheter une voiture.

Le 1er élément qui permet de pondérer ces résultats est que 83% des américains utilisent les médias sociaux, et plus de 47% des américains les utilisent de façon hebdomadaire. Quelques % d’une telle masse de personnes représente quand même un marché intéressant.

Et puis surtout je me suis un peu intéressé à la méthodologie de l’enquête. Ces résultats concernent exclusivement l’utilisation des outils sociaux suivants dans le processus de renseignement avant achat :
Bebo.com Blackplanet.com Cafemom.com Classmates.com ClubPenguin.com Del.icio.us Digg.com Facebook.com Flickr.com Flixster.com Friendster.com Hi5.com Imeem.com Last.fm Live.com LinkedIn.com Livejournal.com Myspace.com Myyearbook.com Ning.com Picasa.com Plaxo.com Reddit.com Reunion.com Tagged.com Twitter.com YouTube.com

Même si ces outils sont les plus populaires, ils sont loin de représenter la majorité des médias sociaux. Il manque en particulier les forums, particulièrement actifs dans certains domaines, comme l’automobile. Il manque également les blogs. Dans le secteur High-Tech, en particulier, les tests de matériel réalisés par des blogueurs doivent avoir un impact significatif sur les achats. Il manque aussi les notes d’utilisateurs, présentes sur tous les sites de vente en ligne ou presque, qui ont un impact non négligeable sur les ventes. Et finalement, il manque les conversations privées, par email, par messagerie instantanée… Si ce ne sont pas directement des outils sociaux, ce sont des conversations qui sont influencés par ceux-ci. Une bonne campagne utilisant les médias sociaux va convaincre les gens, qui vont ensuite parler du produit en privé avec leurs proches.

Si cette enquête doit nous aider à garder la tête froide, et à ne pas penser que les médias sociaux sont la solution ultime pour augmenter les ventes, elle ne doit pas non plus remettre en cause l’intérêt des campagnes sur les médias sociaux.

L’étude est disponible ici.
Via LSD

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…du moins, pas tout de suite…

Décidément, Techcrunch m’inspire beaucoup ces temps-ci. Après un billet sur les choix à faire en termes de management de la communauté, c’est un billet sur le futur de la publicité en ligne qui me fait réagir. Eric Clemons publie toutes les raisons pour lesquelles selon lui, la publicité sur Internet ne peut pas fonctionner. Même si ses arguments ne peuvent pas être contestés, je pense qu’il y a des raisons bien plus fortes pour lesquelles je suis persuadé que la publicité en ligne a encore de beaux jours devant elle.

1. La publicité peut être efficace
Je pense qu’on a tous été un jour ou l’autre convaincu par une publicité. Même en gardant à l’esprit que les gens ont de moins en moins confiance dans les publicité, on peut être convaincu par un spot, un print ou une bannière. On peut être convaincu sous différentes formes : décision d’achat, meilleure image, notoriété… Et d’ailleurs si ce n’était pas le cas, les annonceurs arrêteraient de dépenser des milliards en achat d’espace. Je ne dis pas que l’efficacité de la publicité vaut ces milliards, je dis que si la publicité n’était jamais efficace, personne n’en ferait.

2. Elle permet un excellent ciblage
La publicité en ligne bénéficie d’un atout majeur par rapport à la publicité traditionnelle : elle permet un ciblage très précis. Même si certaines agences Média ont encore tendance à cibler par CSP plutôt que par comportement, il n’en reste pas moins que le potentiel des publicités en ligne est énorme à ce niveau là. Quand on recherche un aspirateur silencieux et qu’une bannière vantant le silence de l’une de ces machines nous apparaît, il est évident que l’on va y prêter attention. Après si l’offre n’est pas compétitive, on ne va pas acheter, mais au moins on y aura prêté attention.

3. Elle est interactive
L’infobésité, additionnée à une prolifération des publicités en ligne fait que l’un des enjeux de la publicité en ligne est d’obtenir l’attention des internautes. C’est là qu’intervient l’interactivité. Si l’on offre à l’internaute un peu plus qu’un simple message promotionnel, on a plus de chance de gagner son attention. Les mini jeux, les jeux concours sont des dispositifs très efficaces en ce sens.

4. Elle implique le consommateur
L’interactivité, et les moyens offerts par Internet permettent également d’impliquer les consommateurs dans la publicité en ligne. Certains, comme Facebook, utilisent les avis des consommateurs (option like/unlike sur les publicités) pour cibler encore mieux l’affichage des publicités. D’autres, comme BlogBang, impliquent directement les consommateurs dans la conception et la réalisation des bannières. Même si à mon avis ces exemples sont loin d’utiliser tout le potentiel du crowdsourcing, ils permettent d’une part de proposer des publicités plus en adéquation avec les motivations des internautes, et d’autre part d’impliquer les internautes, ce qui permet d’avoir leur attention.

5. La publicité est nécessaire
L’argument le plus évident pour moi est la nécessité de la publicité. Eric Clemons avance l’argument que les gens préfèrent être conseillés par une relation sociale qu’être sollicités par une publicité.
Certes.
Mais si la publicité n’existait pas, alors une multitude de produits/services ne seraient connus par personne. Et parmi ces produits qui ne seraient jamais connus, peut-être que certains seraient les meilleurs. On assisterait donc à une régression.
La publicité est en quelques sortes une assurance pour les entreprises. Quelle entreprise accepterait d’investir de fortes sommes pour développer un produit sans avoir l’assurance qu’un certain nombre de personnes aient ensuite connaissance du produit? J’ai presque envie de dire que sans publicité, plus de R&D.
Et je ne parle même pas de l’industrie qui est construite sur les revenus de la publicité. Même si ce n’est pas un argument très convaincant en soi, il est suffisant pour garantir que les choses ne pourront pas bouger avant un moment.

Alors bien évidemment, la publicité n’est pas toujours efficace, pas toujours bien utilisée, parfois trop présente, rarement éthique. Mais si elle a survécu tant d’années malgré tous ces défauts, c’est bien le signe que c’est un mal nécessaire. Au lieu de parier sur sa disparition, autant mettre de l’énergie à l’améliorer et à gommer ses défauts.

Pour ceux qui souhaiteraient approfondir le sujet, vous trouverez un excellent article, un peu plus orienté vers les médias, sur Novövision.

Et je devrais écrire incessamment sous peu un article qui expliquera pourquoi Internet menace l’équilibre qui permettait à la publicité de continuer à être si puissante sans avoir besoin de se réinventer. Le sujet est complexe, il serait dommage de s’en tenir à un seul point de vue.

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Suite à cet article : « Community manager ou Community leader?« , qui a suicité une discussion intéressante, je me suis posé une question : finalement, est-ce qu’il faut un leadership fort pour développer une communauté ou est-ce qu’il faut plutôt laisser la communauté se développer elle-même.

Faut-il écouter ou diriger?

L’exemple de Facebook est intéressant à ce sujet. Il y a quelques semaines, Facebook a fait machine arrière pour suivre l’avis de ses utilisateurs et supprimer les nouvelles conditions d’utilisation. Aujourd’hui, c’est le nouveau design qui met une partie des utilisateurs en émoi. Après avoir à priori rejeté l’idée de revenir en arrière, il est probable que la page d’accueil de Facebook évolue pour prendre en compte les remarques des utilisateurs.

Alors faut-il écouter ou diriger? Je pense que nous sommes à un point d’inflexion important sur ce sujet, et d’ailleurs les articles sur le thème se multiplient ces derniers jours. Le plus virulent étant sans doute celui de Mickael Arrington « No, never surrender to your users Facebook!« . Selon lui, écouter les utilisateurs conduit à concevoir des produits édulcorés, ennuyants.

Serait-on en train de remettre en cause toutes les avancées du web 2.0 de ces dernières années? Les utilisateurs auraient-t-ils tord?

Je ne pense pas. Dire que les utilisateurs peuvent apporter beaucoup ne veut pas dire qu’ils doivent avoir le pouvoir. La réponse, comme souvent, se trouve à mi-chemin entre ces deux extrêmes. Et le succès de la campagne d’Obama, en ce sens, est intéressant. Obama a utilisé l’intelligence collective et il a mis en place de nombreux outils d’écoute. Mais il s’est posé comme un leader. Un leader qui écoute, qui s’inspire, mais qui décide ensuite, qui tranche, qui assume. C’est ce qui a fait son succès, et c’est ce qui a manqué à Ségolène Royal pour imposer son idée de « Désirs d’avenir ».

Une marque, comme un leader politique, doit prendre en compte les motivations des gens, mais elle doit montrer qu’elle maîtrise son sujet. Cela passe par l’écoute et par la prise de décision. Il faut écouter et diriger.

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Au départ était le Fordisme et cette célèbre phrase de Henry Ford : «Les gens peuvent choisir n’importe quelle couleur pour la Ford T, du moment que c’est noir.»

Pour reprendre un article précédent, les besoins à combler étaient tellement grands qu’un produit unique par gamme était suffisant.

Puis, avec des réponses de plus en plus nombreuses à ces besoins, et donc une concurrence accrue, les entreprises ont commencé à concevoir des gammes beaucoup plus large. Cela permettait de répondre précisément à des besoins plus subtils et différents. Et l’on pouvait penser que cette stratégie était la bonne : en multipliant les produits au sein d’une gamme, on pouvait répondre à des besoins multiples et donc toucher un grand nombre de consommateurs.

Le problème a alors été que la concurrence devenait également plus intense au niveau du marketing. La surexposition publicitaire demande beaucoup de cohérence. Pour qu’une marque soit mémorisée, elle doit proposer un positionnement cohérent et unique, afin d’éviter la confusion dans l’esprit des gens. Il est très compliqué de mettre en avant plusieurs produits à la fois, les moyens investis en promotion étant alors éparpillés, tout comme l’image de la marque dans l’esprit des consommateurs.

C’est là que les gammes très fournies posent problème : il est beaucoup plus complexe et onéreux d’imposer plusieurs produits qu’un seul. De nombreuses marques l’ont compris. Apple pousse le concept assez loin. La marque arrive à s’imposer avec des gammes très restreintes. Et je pense que son succès vient en partie de cette simplicité : offrir un seul produit, en plus de permettre une grande rationalisation industrielle, permet à Apple de concentrer tous ses efforts marketing sur un seul objet, qui devient par là objet de désir, objet unique.

Mais cette stratégie peut également poser problème :

  • Que faire si le produit ne marche pas? Il n’est pas simple de se diriger vers une stratégie alternative quand on a tout misé sur un produit.
  • L’attractivité de la marque a des chances de se trouver affectée : les gens cherchent généralement à avoir un produit unique. Voir le même produit partout peut conduire à la banalisation de l’objet.

Alors comment faire? Plusieurs solutions à mon avis :

  • Il est possible de créer des gammes très courtes, avec seulement quelques produits, mais grandement personnalisables. On peut faire cela avec du User Generated Content : en personnalisant le produit lui même à partir d’une base commune, le consommateur a un produit qui est à la fois unique, et totalement adapté à ses envies. Au delà de l’intérêt industriel de produire une base commune, il est intéressant de pouvoir concentrer les efforts marketing sur un seul produit, tout en offrant des options différentes pour satisfaire tous les besoins. C’est une stratégie très commune dans le secteur automobile par exemple.
  • Une autre solution consiste à promouvoir la marque plutôt que les produits. C’est une solution adoptée par des marques de vêtements par exemple, comme Diesel. Cela permet d’offrir une image simple et cohérente, tout en ayant de larges gammes pour répondre aux besoins d’exclusivité des consommateurs. Le problème est que l’on ne peut plus se reposer sur le produit comme positionnement, ce qui peut être un handicap, car les consommateurs choisissent une marque pour ses produits en priorité. Ce n’est donc pas valable pour tous les secteurs d’activités.
  • La situation est également favorable lorsque la marque peut se positionner sur un avantage concurrentiel commun à tous les produits de la gamme. Cela permet de pouvoir concentrer la communication sur un élément, tangible, afin de gagner en cohérence et en attractivité, tout en proposant une gamme assez large.
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