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Mot clé "crowdsourcing"

Petite pensée de début de semaine…

Vous connaissez peut-être l’histoire qui raconte la construction d’un ensemble de bureaux, et la façon dont l’architecte a géré celle-ci. Les concepteurs d’applications sociales de tous poils ont tout intérêt à s’en inspirer.

« Une fois les bâtiments terminés, l’équipe en charge de la réalisation du parc vient voir l’architecte pour lui demander où ils doivent placer les chemins entre les différents bâtiments. L’architecte leur demande d’attendre un peu et de seulement planter de l’herbe partout pour le moment. Quelques semaines après, l’architecte observe les chemins naturellement créés dans l’herbe par le passage régulier des employés des bureaux et fait construire les allées à ces endroits. Le résultat : un aspect innovant et surtout un produit parfait, optimisé au maximum et qui répond parfaitement aux besoins des gens. »

Ce que l’on doit retenir de cette histoire? Laisser de la liberté aux consommateurs et observer les usages qui émergent permet de concevoir des outils proches de la perfection, et surtout de découvrir des solutions auxquelles on n’aurait pas pensé.

C’est finalement la stratégie qui a cours dans la Silicon Valley actuellement : sortir le plus rapidement les produits, avant même qu’ils soient tout à fait finalisés (et donc avant que leurs usages soient gravés dans le marbre), et laisser les utilisateurs faire ressortir les usages les plus intéressants. Le dernier exemple en date? La sortie de Google Buzz. L’application est loin d’exploiter toutes les possibilités offertes par l’écosystème Google. Mais Google a pour habitude d’observer beaucoup les utilisateurs pour affiner ses applications au fur et à mesure et y ajouter seulement les applications nécessaires. Ils laissent les utilisateurs tracer le chemin, pour ensuite bénéficier de cette connaissance collective et mettre en place les fonctionnalités indispensables uniquement.

Anecdote trouvée dans l’excellent « A whack on the side of the head« , de Roger von Oech

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Lors de la conception d’un produit ou d’un service, il revient à l’entreprise de placer le curseur entre laisser la main aux consommateurs ou tout concevoir en interne. L’entreprise peut choisir de ne prendre en compte que l’avis de ses experts, d’écouter les consommateurs, ou de leur laisser totalement la main.

La tendance du crowdsourcing, fortement liée à l’avènement des médias sociaux ne doit pas nous faire perdre de vue que ce n’est pas la solution ultime, applicable dans toutes situations.

Alors quand faut-il privilégier le crowdsourcing?

Quand le public n’est pas satisfait par la qualité du produit
Globalement, quand les consommateurs ne sont pas satisfaits par l’offre, il faut essayer de les impliquer au maximum dans la création des produits/services. Cela a plusieurs bénéfices : tout d’abord, ça améliore l’image de la marque (la marque parait à l’écoute, proche de sa clientèle), ensuite, il y a de grandes chances d’améliorer le produit/service (quand l’offre ne plaît pas, il peut y avoir simplement un décalage entre celle-ci et l’attente des consommateurs, au delà de toute considération sur la qualité intrinsèque du produit) et pour finir, cela donne une plus grande légitimité à la marque, qui pourra ensuite se défendre en mettant en avant l’implication des consommateurs.

Quand la marque manque de force relationnelle
Pour ce point, je vous laisse consulter la matrice du positionnement relationnel, que j’avais mise en place. Lorsque la marque se trouve dans la catégorie « marque anonyme » ou « marque de communication de masse », l’implication des consommateurs dans la création de l’offre peut-être très bénéfique. Elle permet à la marque de renforcer sa relation avec ses clients. Et cela en évitant les deux principales difficultés de ces marques : le manque de moyen pour la marque anonyme et les difficultés à mettre en place du marketing « personnalisé » pour la marque de communication de masse.

Quand l’unicité du produit est importante
Difficile pour une grosse marque d’offrir des produits originaux et différents. Pourtant dans certains secteurs, comme la mode ou le prêt à porter, c’est très important : un produit banalisé perd beaucoup de son attrait. L’une des solutions est d’augmenter le prix pour le réserver à une élite. Je préfère de loin la solution de la conception par le consommateur. Les marques de sneakers par exemple, comme Nike ou Converse, ont choisi cette approche : en laissant le consommateur personnaliser totalement son produit, on lui permet d’avoir un produit différenciant, même si la marque est très diffusée.

Quand la marque manque de notoriété
Le crowdsourcing permet également dans certains cas d’améliorer la notoriété de la marque. Le procédé en lui-même permet souvent d’avoir plus de visibilité. Tout d’abord car il existe encore une certaine « prime à la nouveauté », qui fait qu’une marque qui se lance dans la crowdsourcing sort du lot et peut obtenir une bonne couverture dans la presse. Mais les dispositifs incitatifs liés au crowdsourcing (concours, jeux…) permettent également de développer le bouche à oreille autour de la marque.

Quand la concurrence est plus forte
Lorsque les concurrents sont plus fortes sur le positionnement de la marque (que ce soit sur le prix, la qualité, la réactivité face aux nouvelles tendances, l’usage…), alors il peut être intéressant de tenter le crowdsourcing. Cela permet de sortir la marque de sa position de suiveuse et de la remettre au centre de l’attention des consommateurs.

Le crowdsourcing est un procédé intéressant. Cependant, il y a deux points essentiels à respecter:

  • Il doit être bien mis en place : le crowdsourcing ne se suffit pas à lui-même. Il convient de rester vigilant sur la qualité, le prix, la distribution, le marketing…
  • Selon moi, il est dangereux de faire du crowdsourcing son positionnement. C’est un avantage concurrentiel trop facile à copier. Si une marque concurrente dominante décide de se lancer dans le crowdsourcing elle aussi, alors il ne reste aucun avantage et la marque peut se retrouver en position inconfortable.

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A l’heure du crowdsourcing, du buzz marketing et des réseaux sociaux, l’une des forces de la publicité pourrait être sa capacité à être recyclable. Cela ne signifie pas que la publicité doit être respectueuse de l’environnement, mais plutôt qu’elle soit facile à copier, à parodier, à reprendre.

Cela permettra aux fans de reprendre la publicité ou le spot, sous la forme de mèmes, et augmenter ainsi sa diffusion de façon spectaculaire.

La précédente campagne d’Apple pour l’Iphone est un excellent exemple de publicité simple, impactante, avec un thème et un message très propices à être repris largement, en particulier sur un ton humoristique.

Elle a été reprise par de nombreuses personnes qui en ont fait des spots, plus ou moins réussis, mais qui ont permis à l’Iphone d’assoir encore un peu plus sa notoriété.

Bien sûr, ces spots ne seront pas toujours favorables à la marque, mais ils démontrent en tous cas un fort engagement des consommateurs envers celle-ci.

Le but n’est pas de faire une publicité banale, terne, mais plutôt de mettre en avant l’idée plutôt que les moyens. C’est à dire oublier un peu les méthodes de conception (stratégique et créative) de la publicité traditionnelle et se pencher sur les méthodes du buzz marketing : une « idée qui colle« , très universelle ou très spécifique, forte, simple à réaliser et qui encourage le partage. Cela implique de ne plus pouvoir cacher la pauvreté de l’idée avec des moyens financiers et techniques importants, démarche au demeurant très saine.

Post inspiré par What consumes me

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