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Mot clé "Medias sociaux"

Lorsque l’on observe les marques qui ont le plus de fans sur Facebook, on se rend rapidement compte qu’il leur devient impossible d’utiliser l’outil pour dialoguer avec leur communauté.

Là où Twitter offre suffisamment de flexibilité, grâce à la simplicité de l’outil et à son API (qui permet la mise en place d’applications comme Cotweet), pour la mise en place de programmes de dialogue ambitieux, tels la Twelpforce de BestBuy, la rigidité des fan pages sur Facebook ne le permet pas.

Une marque comme Whole Food (350 000 fans sur Facebook pour le compte principal), qui a pourtant toujours démontré un intérêt fort pour le dialogue, ne peut répondre aux 30 / 40 interactions qui sont publiées quotidiennement sur son mur. Manque de volonté? Manque de moyens? Problème de rentabilité? Facebook devient alors un outil de diffusion de contenu de marque.

Certes, les « Like » et autres commentaires font illusion un moment, mais à partir du moment où la marque ne peut plus répondre à chaque consommateur individuellement, elle cesse d’être une marque de proximité. Il y a un réel risque de lassitude de la part des internautes qui vont se rendre compte qu’en devenant fans d’une marque, ils ne font rien de plus que de lui offrir un canal de communication supplémentaire. Les consommateurs commencent d’ailleurs à intégrer ce glissement. Une étude nous informe que si 20% des gens qui entrent en contact avec une marque sur Twitter le font pour interagir avec la marque, le chiffre est beaucoup plus faible pour Facebook.

La question devrait intéresser Facebook, car passer d’un format de dialogue entre marques et consommateurs à un format purement publicitaire aura un impact important sur son modèle. Si les consommateurs n’y trouvent plus leur compte, les entreprises réduiront leurs investissements sur la plateforme, pour se tourner vers des supports plus adaptés au dialogue.

Les solutions existent, et Facebook devrait s’inspirer de ce qui se fait sur d’autres types d’outils 2.0: possibilité de faire remonter les contributions de fans les plus populaires, création de groupes de fans pour isoler les plus actif et leur offrir un réel espace de dialogue… Facebook pourrait également regarder du côté de Whole Food qui a su adapter son utilisation de l’outil aux réseaux de points de vente, ce qui lui a permis de constituer des communautés de taille plus modestes, centrées autour d’un magasin (l’arrivée de Facebook Places pourrait ouvrir des opportunités en ce sens).

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Ben & Jerry’s, célèbre marque de glaces et autres plaisirs sucrés a fait une annonce assez suprenante aux abonnés de sa newsletter: la marque arrête totalement l’emailing pour se concentrer sur sa présence sur les médias sociaux. Les abonnés venaient donc de recevoir leur dernier email de la marque.

Venant d’une marque aussi importante, qui a souvent été remarquée par ses campagnes marketing et son positionnement léché, la nouvelle doit être prise avec sérieux. On peut imaginer que la marque a du étudier avec beaucoup d’attention ce changement radical.

Il semble, selon un article publié sur Hubspot, que les responsables marketing de Ben & Jerry’s avaient des informations qui montraient que les consommateurs n’étaient pas favorables aux communications par email.

Par ailleurs, la marque était présente depuis longtemps sur les médias sociaux. S’il est difficile de savoir ce qu’elle en retirait réellement, elle avait en tous cas réuni une large communauté: plus d’1,3 millions de fans sur Facebook, plusieurs milliers de followers sur ses différents comptes Twitter… On peut parier que les résultats obtenus sur ces supports étaient considérés comme suffisamment positifs pour qu’ils deviennent les principales sources de contact entre la marque et ses consommateurs.

Par curiosité, je suis donc allé jeter un œil sur le travail réalisé par la marque sur Facebook et Twitter. Et j’ai été fortement surpris, car ces deux supports présentent quand même de sacrés défis.

Certes, la marque bénéficie d’un engagement hors du commun grâce à la qualité de ses produits: les avis de consommateurs sur la page Facebook sont très positifs, les discussions demandant à la marque de relancer d’anciens parfums abondent et globalement, la participation des fans semble bonne (plusieurs centaines de « Like » et de commentaires à chaque prise de parole de la marque).

Malgré cela, certains éléments me laissent sceptique. Il y a tout d’abord une très faible fréquence de prise de parole de la marque sur sa page Facebook. Moins d’un contenu par semaine, cela me semble vraiment peu pour une marque mondiale qui veut concentrer son budget de marketing digital sur Facebook. Et surtout, rien n’a été fait pour lutter contre le spam, ce qui fait qu’aucun message de la marque n’apparaît sur la première page, ceux-ci étant complètement noyés sous un déluge de messages promotionnels sans aucun intérêt. Le contenu des messages me laisse également perplexe: beaucoup de promotion, peu d’appel à l’action, aucune utilisation de la possibilité offerte par Facebook de cibler géographiquement les messages (ce qui leur éviterait de poster à chaque fois le même message en plusieurs langues)…

Et surtout, j’ai du mal à saisir d’où venaient ces insights marketing sur le fait que leurs fans n’appréciaient pas le canal email. S’ils étaient abonnés à la newsletter, c’est sans doute qu’ils y trouvaient leur compte. A mon avis, il faut plutôt aller chercher l’explication de cette décision du côté des insights financiers.

Cette histoire ne me semble pas très fair en tous cas…

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Une petite note personnelle pour annoncer une nouvelle étape: j’ai rejoint depuis Avril dernier l’équipe de Big Youth (Paris) avec pour mission de développer l’offre de l’agence en conseil en stratégie médias sociaux et community management.

J’ai pu travailler régulièrement avec Big Youth en tant que prestataire externe. Mon intégration à leur équipe est venue de façon assez naturelle et je suis très heureux d’en faire partie.

L’agence a une très forte expertise sur deux axes en particulier : le marketing digital et la conception d’interfaces utilisateurs, web ou mobiles.

Je reste toutefois basé au Maroc (avec des déplacements réguliers à Paris) et continuerai à être impliqué dans les deux projets qui me tiennent à cœur : Entreprunner et Massolia.

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Dans une discipline qui est encore assez nouvelle comme les médias sociaux, les exemples de réussite concrets sont très importants. La présentation faite par Drew Houston, CEO de Dropbox, sur les raisons pour lesquelles seuls les médias sociaux ont fonctionné pour faire de la marque la référence dans son domaine est en ce sens particulièrement intéressante.

Dropbox s’est lancé sur un marché – celui du stockage et du partage des données – qui était déjà particulièrement encombré. Cette forte concurrence entraîne une course aux budgets marketing, et, fort logiquement, une très forte hausse du coût d’acquisition d’un client. Dropbox en était arrivé au point où acquérir un consommateur payant (l’application ayant également une version gratuite) leur coûtait entre 233$ et 388$. Sachant qu’un abonnement d’un an coûte 99$…

La situation était donc grave… Et lorsqu’une marque n’a pas les moyens de se lancer dans la bataille sur les outils marketing traditionnels, elle n’a qu’une solution : innover. Dropbox s’est appuyé sur son principal avantage : la satisfaction de ses clients. Là où ses concurrents créaient beaucoup de client mécontents, Dropbox avait d’excellents scores de satisfaction. Se baser sur ses clients fidèles et conquis était donc assez naturel, surtout que la marque était reconnue pour son écoute de la communauté. Ce fut fait simplement en donnant aux fans de la marque les moyens de s’exprimer et en les récompensant lorsqu’ils amenaient de nouveaux clients.

Le résultat? Sur le mois d’Avril 2010, 2,8 millions de recommandations du service Dropbox furent faites sur Internet. Entre Septembre 2008 et Janvier 2010, le nombre d’abonnés au service est passé de 100 000 à 4 000 000. Et ces nouveaux abonnés sont venus à 55% des programmes de recommandation ou de supports diffusant le bouche à oreille. Le bouche à oreille a réussi non seulement à convaincre les gens que Dropbox était le meilleur service de partage de données, mais surtout qu’ils avaient besoin de ce type de service!

Voici la présentation, qui aborde un certain nombre d’autres points tout aussi intéressant, comme à quel moment lancer le produit, comment récupérer les feedbacks…

Via Maxime Guarrigues

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Difficile de séparer l’utilisation des médias sociaux du dialogue et de l’écoute. Ce sont d’ailleurs les premières actions à conseiller à une marque qui souhaiterait tirer parti des médias sociaux pour développer sa communauté. Comme souvent expliqué sur ce blog, l’écoute permet deux choses en particulier : faire remonter des insights marketing qui vont aider la marque a améliorer son offre, et acquérir une parfaite compréhension de la cible et ses usages, pour préparer au mieux la phase de dialogue.

Pourtant, nous pouvons lire de plus en plus d’articles qui remettent en cause l’intérêt de l’écoute. En général, c’est pour proposer de l’observation en remplacement. Les arguments avancés sont intéressants :

  • Les consommateurs sont capables de dire ce qu’ils pensent d’un produit, de qualifier leur expérience d’utilisation, mais ils ont plus de difficultés à trouver des solutions pertinentes, à se projeter dans ce que devrait être le produit. On peut avoir grâce à l’écoute une bonne vision de l’utilisation qui est faite du produit et de la satisfaction qui en est retirée, mais ce n’est pas en écoutant les consommateurs que l’on va innover.
  • Trop écouter les utilisateur conduit à faire un produit qui convient plus ou moins à tout le monde, mais finalement qui ne convient parfaitement à personne : un produit ennuyeux (je ne ferais aucun commentaire sur la vision que l’on a de la démocratie si on est d’accord avec cet argument…).
  • Le mode déclaratif est toujours à prendre avec des pincettes en raison des freins sociaux. L’un de mes profs de marketing avait pour habitude de rappeler une anecdote intéressante : les français déclarent se laver les dents deux fois par jours en moyenne. Mais quand on regarde les statistiques d’achat et de renouvellement des brosses à dents et du dentifrice, la situation est toute autre : les français se laveraient en réalité les dents moins d’une fois par jour en moyenne. Cet écueil est encore plus important sur les médias sociaux où la conversation entre la marque et ses consommateurs est le plus souvent publique.

Cette argumentation se conclue invariablement par l’énumération de quelques arguments massues : Steve Jobs n’est pas réputé pour écouter ses consommateurs, ça ne l’empêche pas de créer les produits les plus sexys de l’époque. Henry Ford disait que s’il avait demandé à ses consommateurs ce qu’ils voulaient, ils auraient pensé à des chevaux qui galopent plus vite. Robert Scoble explique que si vous demandez à des utilisateurs de Porsche ce qu’ils aimeraient améliorer, ils se retrouveraient avec une Volvo…

La solution proposée est souvent de privilégier l’observation plutôt que l’écoute (on sort au passage totalement du monde des médias sociaux, pour entrer dans celui de la veille et des études marketing). Le principal avantage de l’observation? Elle n’est n’est pas (trop) biaisée par des facteurs exogènes comme les freins sociaux.

Mais à mon avis, se contenter d’observation est extrêmement limitatif :

  • L’observation est très limitée
    On peut observer l’utilisation d’un produit/service, mais on ne saura jamais quel est le plaisir et la satisfaction qui auront été retirés de cette utilisation. La partie émotionnelle de l’expérience utilisateur est primordiale, et, à part avec des moyens très coûteux, comme des IRM, elle n’est décelable qu’avec le déclaratif.
  • L’un des principaux intérêts de l’écoute est la reconnaissance
    La valeur retirée d’un dialogue entre une marque et ses consommateurs ne se traduit pas uniquement par une amélioration de l’offre, le fait que les consommateurs sentent que la marque les écoute est très favorable. Ceci est totalement absent lorsqu’une marque se contente d’observer.

Que faire alors?

Il faut savoir piocher les meilleurs aspects de chaque technique
Utiliser l’observation pour travailler sur l’expérience utilisateur et comprendre les usages qui se développent sur les supports de la marque. Mais utiliser aussi le dialogue et l’écoute pour aller plus loin dans la compréhension des motivations des membres de la communauté.

L’écoute et l’observation ne doivent pas être utilisés pour trouver des solutions
Ces deux techniques doivent permettre de récolter des indices, des idées. Mais la solution définitive doit être développée par la marque. Ce sont ses équipes qui doivent déterminer ce qui est pertinent, et surtout découvrir s’il n’y a pas des moyens plus innovants pour arriver au résultat suggéré par la communauté. Comme je l’ai déjà dit ici, c’est ce qui a manqué à Ségolène Royal et à Désirs d’Avenir par rapport à Barrack Obama. Lui a su écouter, mais ensuite imposer son leadership et montrer qu’il avait une réelle vision, elle s’est limité à la phase d’écoute.

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A l’époque des médias de masse et de la publicité traditionnelle, le schéma créatif était assez simple. Il fallait acquérir une excellente connaissance de la cible, et trouver LA bonne idée, potentiellement déclinable sur les différents supports disponibles. Cette idée devait attirer l’attention de la cible et faire passer un message marketing dans le même temps. L’efficacité de ce procédé était très intéressant étant donnés les supports disponibles pour faire passer le message : des supports de masse, peu personnalisables. C’est ce qui a fait la fortune des agences de publicité.

Mais, comme le disait Malcolm Gladwell dans une très belle présentation au TED, vouloir faire un café universel permet d’atteindre un niveau de satisfaction de 60/100 parmi les consommateurs. Pour améliorer ce score, il ne faut pas faire un café, mais des cafés adaptés aux différents goûts.

Les nouveaux outils marketing nous permettent, à l’inverse de la publicité traditionnelle, d’arriver à cette personnalisation. Cette personnalisation permet, comme le dit Helge Tennø sur l’excellent blog 180360720, de passer de la crispation au bonheur extrême.

Quel impact sur les concepts créatifs à l’heure des médias sociaux?

Il faut prendre le temps de les adapter à chaque type de motivation décelé chez le cible, à chaque profil de membre de la communauté.

Il faut accepter de laisser les membres de la communauté prendre en main ces concepts créatifs et les décliner selon leur goût.

Il faut peut-être chercher DE bonnes idées plutôt que LA bonne idée, même si c’est souvent moins valorisant.

Et on peut même imaginer que le concept créatif doit être drivé par les usages qui se sont développés sur le support plutôt que par une idée.

C’est ce qui fera la fortune des agences conseil en stratégie digitale.

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Un article très intéressant de Wired pose une question en forme de provocation : Et si la consultation des médias sociaux au travail nous rendait plus productifs? Il est de notoriété publique que les médias sociaux au travail ce n’est pas bien. Cela nous fait perdre notre concentration, empiète sur notre temps de travail, nous rend bête, bref, de nombreuses entreprises filtrent l’accès à ces sites contre-productifs.

Certes, ce qui suit est plutôt valable pour les gens qui ont besoin d’être créatifs dans leur travail, mais au final, ça concerne une grande partie de la population. Les bénéfices des interruptions dues aux médias sociaux sont multiples :

  • Le moment où l’on est le plus créatif est le moment où l’on est en face d’une information nouvelle. C’est ce que les spécialistes de la créativité appellent la période d’incubation.
  • Le fait de sortir la tête du guidon est aussi extrêmement positif pour la créativité, comme le rappellent les auteurs de « Creativity and the Mind« . Cela permet en particulier de prendre en compte des informations extérieures à la tâche qui nous occupe.
  • L’un des processus les plus puissants de la créativité est l’association d’idée. Pour le favoriser, c’est simple, il faut multiplier les sources d’information et aider les rencontres entre informations qui n’ont à priori rien à voir.

N’hésitez pas à envoyer vos patrons vers l’article de Wired s’ils vous coupent l’accès aux médias sociaux (sauf si vous êtes chirurgien ou contrôleur aérien). Et évitez chatroulette au boulot quand même…

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Petite pensée de début de semaine…

Vous connaissez peut-être l’histoire qui raconte la construction d’un ensemble de bureaux, et la façon dont l’architecte a géré celle-ci. Les concepteurs d’applications sociales de tous poils ont tout intérêt à s’en inspirer.

« Une fois les bâtiments terminés, l’équipe en charge de la réalisation du parc vient voir l’architecte pour lui demander où ils doivent placer les chemins entre les différents bâtiments. L’architecte leur demande d’attendre un peu et de seulement planter de l’herbe partout pour le moment. Quelques semaines après, l’architecte observe les chemins naturellement créés dans l’herbe par le passage régulier des employés des bureaux et fait construire les allées à ces endroits. Le résultat : un aspect innovant et surtout un produit parfait, optimisé au maximum et qui répond parfaitement aux besoins des gens. »

Ce que l’on doit retenir de cette histoire? Laisser de la liberté aux consommateurs et observer les usages qui émergent permet de concevoir des outils proches de la perfection, et surtout de découvrir des solutions auxquelles on n’aurait pas pensé.

C’est finalement la stratégie qui a cours dans la Silicon Valley actuellement : sortir le plus rapidement les produits, avant même qu’ils soient tout à fait finalisés (et donc avant que leurs usages soient gravés dans le marbre), et laisser les utilisateurs faire ressortir les usages les plus intéressants. Le dernier exemple en date? La sortie de Google Buzz. L’application est loin d’exploiter toutes les possibilités offertes par l’écosystème Google. Mais Google a pour habitude d’observer beaucoup les utilisateurs pour affiner ses applications au fur et à mesure et y ajouter seulement les applications nécessaires. Ils laissent les utilisateurs tracer le chemin, pour ensuite bénéficier de cette connaissance collective et mettre en place les fonctionnalités indispensables uniquement.

Anecdote trouvée dans l’excellent « A whack on the side of the head« , de Roger von Oech

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