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Mot clé "politique"

Je ne vais pas forcément faire dans l’originalité en parlant une fois encore de la crise que traversent nos sociétés « développées ». Après la crise financière, qui finalement relevait du fantasme pour beaucoup de gens tellement les chiffres, par leur démesure, étaient difficiles à appréhender, voici venir le volet économique de la crise.

Et celle-ci devient tout à coup beaucoup plus palpable, beaucoup plus tragique, car elle touche la population de plein fouet.

En plus, la situation semble plus sérieuse que ce que nous en disent les gouvernements : certains économistes pensent que le système est globalement insolvable. Nos sociétés occidentales vivent au dessus de leurs moyens. A tous les niveaux (banques et ménages surtout), nous vivons à crédit. N’étant pas économiste, je vous laisse aller jeter un œil à cet article qui explique la situation de façon limpide.

Le message est clair : il faut être plus raisonnables. Stopper la course en avant de la consommation. D’ailleurs de nombreux organismes d’études des tendances ou même des personnalités comme Karl Lagerfeld semblent le dire : nous nous dirigeons vers un ralentissement global de la consommation, vers une tendance à l’austérité. Un ralentissement, certes dû en partie à la crise actuelle, mais encouragé par les consommateurs. Ce qui est positif, c’est que cette évolution sera profitable également à notre planète, qui crie elle aussi à l’aide. Une rationalisation de notre consommation irait donc dans la bonne direction.

Mais que vont devenir les entreprises, et surtout les entreprises de grande consommation, qui vivent justement grâce à cette demande des ménages? On peut envisager deux solutions.
Le 1ère est plutôt à court-terme. Dans un environnement de forte baisse de la demande, il existe deux solutions : gagner des parts de marché ou répondre à de nouveaux besoins. Et ces deux solutions vont dans le même sens : on essaie coûte que coûte de développer nos ventes, en investissant toujours plus dans le marketing. Ou alors en investissant de façon plus intelligente, grâce aux outils 2.0 par exemple.
La 2nde solution vise beaucoup plus loin que le court terme. Mais peut-être très difficile à défendre face aux annonceurs (qui auront eux à la défendre face à leurs actionnaires). Cette solution est de placer l’entreprise dans la société. Elle doit se poser de nombreuses questions :

  • Est-ce qu’elle répond à un besoin essentiel du consommateur ou est-ce qu’elle se contente de vendre un produit plus cher car elle pose son logo dessus?
  • Est-ce qu’elle pousse son consommateur à se conduire de façon responsable ou est-ce qu’elle lui vend un 4×4 pour aller chez Monop?
  • Est-ce que son but est vraiment de servir son consommateur au mieux ou est-il seulement de faire le plus gros bénéfice chaque mois?
  • Est-ce qu’elle offre des produits de qualité, qui pourront être utilisés longtemps, ou est-ce qu’elle vend des produits kleenex?
  • Est-ce que son impact sur l’environnement en vaut vraiment la peine?
  • Est-ce qu’elle investit vraiment dans l’avenir ou est-ce qu’elle utilise celui-ci pour communiquer tout en faisant du lobbying pour que les choses n’avancent pas et qu’elle puisse conserver sa position dominante? (Qui a dit Total?)

Je pense qu’il est vraiment temps que les entreprises s’intéressent à ce qui se passe autour d’elles au lieu de rester paralysées par la peur des résultats mensuels et des actionnaires. C’est peut-être un peu utopique, mais si l’on ne profite pas des crises pour changer un peu les choses, quand le ferons nous?

Sur ce, je vous souhaite une excellente semaine!

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Ou quand arriver tout en haut fait perdre tous repères…

On a eu un joli aperçu avec la bourde monumentale des principaux actionnaires d’EADS qui vendaient une grosse partie de leurs actions du groupe quelques jours avant l’annonce du retard de la production des Airbus A380. Comment des gens censés être plus intelligents que la moyenne (c’est ce qui justifie leur paie, non?) ont-ils pu imaginer passer entre les griffes de l’AMF et de l’opinion publique?

Et puis les exemples de personnes brassant des millions qui perdent tous leurs repères se sont accumulés : Kerviel qui expose la SG sur des positions de plusieurs centaines de millions, les cadres de la Fortis qui s’offrent un repas à 150 000€ juste après que leur établissement a été sauvé de la faillite pas la BNP, Rachida Dati qui se fait prendre en photo avec une bague à 15000€ ou encore notre Président de la République qui s’accorde une augmentation de 140% au moment ou Fillon déclare que les caisses de l’Etat sont vides…

C’est maintenant au tour des patrons des trois gros constructeurs automobiles américains de se faire remarquer. En grandes difficultés, les « Big Three » (Ford, GM, Chrysler) ont envoyé leurs patrons respectifs rencontrer le Congrès pour leur demander une aide de 25 milliards de dollars. Jugeant que les 24 vols quotidiens assurés entre Detroit et Washington n’étaient pas suffisants, ils ont préféré utiliser chacun leur jet privé pour se rendre à ce rendez-vous (le coavionnage : un secteur d’avenir?). A l’image de Mr Fuld, ancien patron de Lehman Brothers, ils se sont fait remettre à leur place et sont revenus bredouilles de Washignton :

« It’s almost like seeing a guy show up at the soup kitchen in high-hat and tuxedo. . . . I mean, couldn’t you all have downgraded to first class or jet-pooled or something to get here? »
(traduction ici)

Le truand, la brute et le bon

Le truand, la brute et le bon

Comment des gens aussi haut placé peuvent commettre des erreurs de communication aussi grave? Comment peuvent-ils imaginer que leur manœuvres vont passer auprès de l’opinion? Ça reste un mystère pour moi…

Voyons le bon côté des choses : en tant que marketeur, avoir une partie de la population qui a perdu toute échelle de grandeur en matières d’argent peut nous faire saliver. Et les marques dans l’hyperluxe se font plaisir : stylos, voitures, montres. Tant qu’il y a des gens pour acheter…

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L’actualité financière est croustillante ces jours-ci. C’est là qu’on se rend compte que lorsqu’on est en mauvaise posture, on a tendance à oublier voir à renier ses principes. C’est humain… Mais c’est médiocre.

La situation me rappelle une histoire qui est arrivée à Booba (vous savez, l’excellent rapper du 9-2). Ce mec a passé sa vie à rapper qu’il était le « numéro 10 de sa team », que les flics ne méritaient pas le respect… Pourtant, le jour où des membres de sa famille ont été kidnappés, la première chose qu’il a faite a été… d’appeler la police pour réclamer de l’aide. Voyons… Avait-il oublié tout ce qu’il avait balancé sur la police?

Et bien la finance américaine se comporte exactement comme ce médiocre rappeur. On connait la volonté des financiers, qui sont pour la plupart plutôt libéraux économiquement, à se battre contre l’interventionnisme de l’État. D’ailleurs, quand une entreprise est nationalisée et sort du giron de l’Etat, les marchés saluent la nouvelle.

Et là, face à la crise qui touche les établissements financiers de Wall Street, que font ces libéraux? Ils appellent l’État à la rescousse pour nationaliser les plus touchés d’entre eux. Il y a eu tout d’abord Fannie Mae et Freddie Mac il y a quelques jours. C’est maintenant au tour de Lehman Brothers, établissement mythique de Wall Street, d’appeler l’État à l’aide en lui demandant d’apporter des garanties à un éventuel repreneur.

Mais où est donc leur sens de l’honneur? Est-ce qu’ils vont ensuite pouvoir continuer à appeler les Etats à ne pas trop intervenir dans la régulation des marchés? D’accord, dans des situations graves il vaut mieux savoir mettre ses principes de côté pour éviter des conséquences désastreuses. Mais il faut savoir en tirer les conclusions ensuite.

Je vous invite à lire cet excellent article du blog « Les cordons de la Bourse » sur le sujet.

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McCain, la patate et le candidat

On imagine que le créateur de la marque de produits à base de pomme de terre McCain n’avais pas du tout anticipé la présence de McCain (John, de son petit nom) aux présidentielles américaines.

Il n’en reste pas moins qu’il aurait été dommage de ne pas sauter sur l’occasion pour faire marcher le bouche à oreille. McCain a donc lancé une campagne de notoriété (d’abord en print puis en ligne) aux USA avec comme slogan : « Why McCain should be in the White House ». D’autres slogans sympas : « McCain goes to war over oil » (puisque leurs frites contiennent peu d’huile), « McCain brings ‘smiles’ to million ».

McCain nous avait déjà gratifié d’une belle opération sur le web avec la rigolote Potato Parade. Là, la campagne est assez « facile », mais il aurait été dommage pour la marque de ne pas se saisir de l’opportunité.

Via AdAge

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La contre-attaque de Mc Cain contre Obama me semble tellement irréelle qu’elle m’a interpellé. Est-ce que l’on peut vraiment baser une stratégie de vente (ou de conquête politique, basée sur les même outils) sur le seul dénigrement de la concurrence?

En France, la publicité comparative est légale, et pourtant, seules quelques entreprises l’ont utilisée. On peut penser à Télé2 par exemple, qui comparait ses tarifs à ceux de FT.

Mais si on peut comprendre que pour un argument basique et indiscutable comme le prix, la comparaison puisse avoir un (faible) intérêt, quid de la politique? Est-ce qu’il vaut mieux mettre en avant ses idées ou les défauts de son adversaire? Je suis assez sceptique…

En basant sa campagne sur les défauts de son adversaire, on lui offre de la notoriété gratuite. On écorne éventuellement son image, mais on prend également le risque d’écorner la sienne, car la critique est rarement glorieuse, surtout quand elle se sent seule au milieu de 2-3 idées qui se battent en duel.

On voit également que Mc Cain a le plus grand mal à faire passer ces 2-3 idées car tout le reste de se campagne est éclipsée par la pub qu’il a lancée contre Obama. Cette campagne de dénigrement brouille totalement le reste de sa communication.

Et on risque également de voir son adversaire retourner la situation en sa faveur. S’il arrive à gommer la mauvaise image qu’on souhaite lui faire endosser, on se retrouve sans idées face à un concurrent à qui il reste ses idées, et l’image de quelqu’un qui est capable de corriger ses défauts.

Et pour se détendre, l’une des meilleures pub comparative à mon goût, un grand classique :

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Une bien belle exposition chez Ogilvy & Mathers NY : « Yo! What happened to Peace? ».
Cette exposition regroupe un grand nombre d’affiches anti-guerre de tous genres.

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Pour ce deuxième et dernier épisode de la série, je vais adapter l’idée que j’exprime dans le précédent article aux particuliers.

Comment l’État peut-il s’enrichir tout en diminuant les impôts et les taxes?

A mon avis, le principe du bonus/malus peut également être appliqué aux particuliers. Il y a de nombreux comportements à favoriser et d’autres à éviter. En fait, ce principe existe déjà dans certains domaines, comme la sécurité routière avec les amendes.

Voici comment je verrais l’évolution de ce pré-existant pour rentrer dans un cadre de bonus/malus:

  • Etendre le principe à d’autres domaines que la sécurité routière : gestion des déchets, respect de l’environnement
  • Baisser les impôts et taxes
  • Indexer les amendes aux revenus des ménages
  • Renforcer le coût des amendes graves: encore une fois, ceux qui n’ont rien à se reprocher ont tout à gagner, puisque les impôts auront baissé. En plus, augmenter le coût des amendes peut avoir de bons résultats : dans certains états américains, il coûte 1000$ de jeter un papier ou un mégôt par terre (oui, bon ok, l’exemple est mal choisi, c’est pas super grave). Le résultat est excellent : les rues sont très propres

Il est clair que ces mesures sont un peu « moralisatrices » et pas très funky. Mais je pense que c’est un moyen juste pour renflouer un peu les caisses de l’État, tout en évitant de faire fuir les fortunes de France (grâce à la baisse d’impôts).

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En ces temps de faible croissance, le problème de la dette de l’État français risque d’être un sujet de plus en plus sensible. Pourtant, je pense qu’il y a des moyens assez simples pour que l’État puisse bénéficier de plus de revenus tout en baissant les impôts ou les taxes, que ce soit pour les entreprises ou les particuliers (à voir dans un prochain billet). Je pense notamment à un principe qui est bien connu des assureurs : le bonus/malus.

Pour les entreprises :

Pour les entreprises, le principe du bonus/malus est simple à mettre en œuvre. Il faut identifier une liste des actions de l’entreprise qui sont bénéfiques au pays, et une liste de celles qui ne le sont pas. Ces indicateurs doivent être simples à mesurer et être spécifiques à chaque secteur d’activité. Une fois cette liste déterminée, il suffit de moduler les taxes et impôt de l’entreprise (de façon très significative) en fonction des points accumulés en bonus et malus.

Malus :
- pollution, rejet de déchets, forts utilisation d’eau ou d’énergies sales
- emploi précaire, licenciements
- délocalisations à outrance
- discrimination dans les salaires
- …

Bonus :
- emploi durable
- emploi de personnes qui sont en général rejetées par le marché du travail (chômeurs de longue date, seniors, handicapés…)
- mise en place de plans d’économie d’énergies
- …

L’avantage d’intégrer ces bonus/malus aux impôts et taxes est qu’une entreprise qui respecte ces critères deviendra très compétitive (même internationalement) car elle n’aura que très peu d’impôts (et elle fera quand même gagner de l’argent à la France, car le non respect de ces critères coûte cher au pays, à moyen ou long terme). Et une entreprise qui ne les respecte pas comprendra bien vite que financièrement elle a intérêt à mettre ne place les actions pour y remédier (quand on tape significativement sur les finances on a des chances d’être entendu).

On peut alors éventuellement craindre que les recettes de l’État chutent dangereusement si toutes les entreprises se mettent aux normes. Mais au final, si toutes les entreprises se mettent à respecter ces critères, alors l’État aura moins besoin de revenus pour réparer les dégâts occasionnés par celles-ci.

Le respect ou non de ces critères pourra également constituer un score pour l’entreprise qui pourra être publié afin de favoriser encore plus les entreprises qui respectent leur environnement (au sens large).

C’est un système qui fonctionnerait plutôt pas mal dans une démocratie à mon avis.

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