Logo Interact!on
Archive
Mot clé "réseaux"

Les liens faibles sont les plus communs au sein de la majorité des communautés en ligne. Leur intérêt est évident: un individu ne pouvant maintenir des liens forts avec plus de quelques dizaines de personnes, il peut avoir besoin de rentrer en contact avec des personnes moins proches, mais plus à même de lui apporter quelque chose sur un sujet donné, ou de partager une passion particulière. Les liens faibles offrent donc aux communauté leur activité, leur liant, et en grande partie leur intérêt.

Pourtant, l’intérêt des liens forts ne doit pas être négligé. Ils sont plus complexes, car plus difficiles à créer de toutes pièces dans des communautés en ligne, et moins nombreux, mais essentiels.

Ils apportent de la stabilité, de l’activité sur le long terme aux communautés. Si les liens faibles permettent de faire croître une communauté, les liens forts constituent son cœur, son âme. Là où les liens faibles vont apporter des éléments nombreux, les liens forts vont apporter les éléments qui demandent plus d’engagement

Comment renforcer les liens forts?

  • Tout d’abord, il faut éviter l’écueil apporté par Facebook: on ne crée pas un lien fort en faisant cliquer les gens sur “like” ou sur “Add as a friend”. Créer un lien fort entre des membres d’une communauté doit partir d’un acte engageant, plus complexe. Pourquoi ne pas demander à deux membres de faire quelque chose en commun avant de les mettre en contact?
  • Il faut ensuite développer des activités impliquantes au sein de la communauté: jeux, actions communes,…
  • Le meilleur créateur de lien reste la rencontre offline. Organiser des évenements pour les membres les plus engagés dans la communauté, ou favoriser les rencontres réelles au sein de la communauté me semblent être de bonnes bases de départ.
  • Mais, pour être certain de voir des liens forts émerger au sein d’une communauté, le plus simple reste de regrouper des gens qui partagent déjà ce type de lien. Quel que soit votre domaine d’activité ou presque, il existe des communautés pré-existantes, en ligne ou hors ligne, dans lesquelles des liens forts existent. Si votre support communautaire apporte de la valeur, vous n’aurez pas de difficultés particulière à recruter ces membres et en faire un noyau solide de votre communauté.

Tous les liens ne doivent pas être forts, mais ils permettent de s’assurer de l’activité à long terme de la communauté.

Lire la suite

Observant avec plaisir sur ma timeline Twitter que les articles sérieux sur les typologies des réseaux sociaux commencent à remplacer les listes qui expliquent comment gagner 10000 followers sur Twitter en 3 jours ou comment développer sa marque sur Facebook en 15 points, je me prends au jeu.

Pourquoi est-ce si important, avant même de parler techniques de community management de comprendre la communauté au sein de laquelle on souhaite s’engager?

Parce que cela permet de comprendre s’il vaut mieux s’appuyer sur le bouche à oreille ou sur les leaders d’opinion. Parce que cela permet d’anticiper la façon dont un message va être transmis. Parce que cela permet de comprendre si les réseaux qui composent la communauté vont permettre à un buzz de se développer. Parce que cela permet de prévoir la façon dont un bad-buzz pourrait s’étendre, et donc comment agir au mieux pour tuer le poussin dans l’œuf (j’adore cette expression, miam…).

Un petit rappel, pour commencer. Comme le rappelle Olivier dans cet excellent article, les réseaux sont constitués de liens, plus ou moins forts et plus ou moins denses. Leur principale caractéristique ? Chaque réseau est différent, et complexe à représenter.

Modèle réseau

Il est intéressant cependant de segmenter les réseaux en deux catégories : les réseaux homogènes et les réseaux qui prennent la forme de “grappes”. Un réseau ne sera jamais totalement homogène ou totalement sous forme de “grappes”, mais faire cette différenciation permet ensuite d’orienter les stratégies à mettre en œuvre.

Un réseau homogène est constitué de liens de force et de densité relativement égales.

Réseau homogène

Un réseau sous forme de “grappes”, quant à lui, est beaucoup plus hétérogène. Il existe des “grappes” d’utilisateurs densément connectés, par des connexions plus ou moins fortes. Les liens entre ces grappes sont beaucoup moins nombreux.

Réseau sous forme de grappes

Existe-t-il une formule magique pour savoir comme classer une communauté en particulier ? Surement pas, d’autant plus que la majorité des communautés a une typologie qui emprunte un peu à chaque modèle.

On peut toutefois essayer d’anticiper comment pourrait être la communauté en fonction de deux critères : le potentiel d’engagement de la communauté, et la taille de son public (communauté de niche / communauté grand public).

En effet, plus une communauté sera impliquante, plus elle aura un potentiel d’engagement fort, plus les gens vont se regrouper en grappes d’utilisateurs pour partager leur passion. Il y aura également plus de chance de voir émerger des leaders d’opinion, qui pourront potentiellement rassembler d’autres membres autour d’eux.

Le fait que l’on ait affaire à une communauté de niche ou à une communauté grand public va également jouer un rôle important dans sa typologie. Plus la communauté est grand public, plus les connexions seront homogènes et denses (exemple : Facebook), grâce au nombre importants de membres. Au contraire, plus une communauté s’attaquera à une niche de population, plus les utilisateurs vont être regroupés en grappes de personnes intéressées (je rappelle que je parle là de communautés au sens premier du terme, et pas de communautés regroupées sur un support communautaire)

Comprendre le type de réseau

Comme je le disais, chaque typologie doit être traitée de façon spécifique lorsque l’on s’attaque au développement de la communauté.

Une communauté constituée de réseaux homogènes devra en priorité actionner les leviers du bouche à oreille, de la viralité. Facebook est un excellent exemple de support communautaire de ce type. Les principaux leviers d’action sur Facebook sont le partage et la viralité. L’objectif est de favoriser l’activité sur une page de marque, par exemple pour déclencher des partages, et des interactions, qui permettront d’acquérir de nouveaux fans. Concentrer ses efforts sur quelques membres actifs de la communauté pourra être efficace pour atteindre d’autres objectifs, mais ce ne sera pas la façon la plus rentable pour acquérir de nouveaux fans. Comme la vie est bien faite, les réseaux de ce type sont surtout intéressants pour les marques importantes, qui auront les moyens de tirer profit de ce potentiel de bouche à oreille.

Dans une communauté dont les réseaux forment des grappes d’utilisateurs, par contre, la stratégie sera relativement différente. Le plus rentable sera de se concentrer sur ces grappes, et d’attirer les membres par groupes. Comment identifier ces grappes ? Elles sont la plupart du temps regroupées autour d’un support dédié (blog, forum, groupe Facebook) ou d’un leader d’opinion. Si la marque arrive à convaincre le cœur de la grappe (leader d’opinion ou utilisateurs les plus actifs), alors le reste des membres ont de grandes chances de suivre.

Une communauté fortement mixte (homogénéité + grappes d’utilisateurs) devra être traité en empruntant les leviers aux deux cas. Il faudra mettre en place des outils qui favorisent le partage et la viralité, mais dans le même temps concentrer des efforts importants sur les grappes d’utilisateurs présentes au sein du réseau.

Il faut cependant être attentif au fait qu’une connexion, aussi forte soit-elle, n’est pas toujours synonyme d’influence, comme le rappelle fort justement Lucile Mera dans cet article. L’influence est un sujet très complexe qu’il est quasiment impossible de mesurer dans les réseaux homogènes (à part peut-être grâce à des études quantitatives). Même si c’est plus rationnel d’espérer le faire dans le cadre des réseaux qui prennent la forme de grappes, cela reste complexe.

Lire la suite

Je ne suis pas loin de penser comme Serge Soudoplatoff, qui remonte, lui, jusqu’à l’invention de l’alphabet pour retrouver une innovation d’une telle portée : les managers sont aujourd’hui dans la position des scribes lors de l’avènement de l’écriture.
J’ai beaucoup de mal à voir dans la minimisation systématique des réseaux sociaux autre chose que du déni : la première étape de la phase du changement.
Cécil Dijoux, Hypertextual

Si la comparaison entre les médias sociaux et l’invention de l’écriture est sans doute un peu exagérée, je rejoins totalement la dernière phrase. Voir des entreprises qui considèrent les réseaux sociaux comme un simple moyen de communiquer un peu plus, ou des hommes politiques qui ne s’y intéressent que pour ajouter un peu de modernité à leur image me surprend toujours autant.

Les implications de ces nouvelles technologies qui ont démultiplié l’effet des réseaux sont tellement énormes que je ne suis pas loin de penser qu’elles font plus qu’apporter de nouveaux outils: elles vont modifier profondément chaque métier, qu’il soit au contact de l’innovation, du produit, de grandes causes, des consommateurs, des électeurs, des fans…

Ceux qui ne sauront pas adapter leur métier se retrouveront en difficulté, tant à un niveau personnel qu’au niveau des organisations. Et pourtant, ces disciplines sont à peine présentes au programme des écoles de commerce, alors qu’elles devraient l’être dans toutes les filières, de façon sérieuse.

Sur Hypertextual

Lire la suite

La notion « d’amis » sur Facebook est tellement galvaudée qu’elle est souvent sujette à moquerie. En effet, si les réseaux sociaux permettent théoriquement de prolonger la notion de contacts sociaux sur Internet, un contact Internet est loin d’avoir la même valeur qu’un lien réel.

Qu’est-ce qui différencie alors un « ami réel » d’un « ami virtuel »? Paul Adams, UX researcher chez Google, s’intéresse au sujet de façon approfondie (nul doute qu’il travaille sur le très attendu Google Me).

Il s’est en particulier inspiré d’un ouvrage de Liz Spencer et Ray Pahl. Dans cet ouvrage, les deux auteurs déterminent les éléments constitutifs d’une relation entre deux personnes. Du simple contact virtuel unique à la réelle amitié.

Paul Adams présente ses idées sous la forme d’un graphique qui fait le rapprochement entre ces éléments constitutifs d’un lien social et le type de la relation entre les deux personnes.

Amitiés en ligne

Voici le détails de ces éléments constitutifs d’un lien social:

  • Personne avec qui l’on partage des informations personnelles
  • Personne qui nous apporte un support émotionnel
  • Personne qui nous apporte un support matériel
  • Personne avec qui l’on passe du temps par loisir
  • Personne avec qui l’on partage des informations et des conseils
  • Personne avec laquelle on partage une activité ou un centre d’intérêt

Je suis par contre moins d’accord avec les différents types d’amis que Paul Adams construit à partir de ces éléments. A mon avis, toutes ces raisons d’être en contact peuvent être distribuées différemment en fonction des personnes et des cas. Par exemple, je peux très bien avoir un confident avec lequel je partage un centre d’intérêt mais qui n’est pourtant pas un ami proche (« Soulmate »). C’est par ailleurs une classification qui est très culturelle, et je suis persuadé que ce même graphique fait par un européen ou un africain serait totalement différent.

Malgré cette limite, il est essentiel pour toute personne travaillant sur une application en ligne ou une campagne de community management d’intégrer ces données. Il faut avoir une bonne compréhension de ce que recherchent les membres de la communauté et de ce que l’on peut leur apporter. Cela permet de comprendre quel lien va les unir entre eux. Si par exemple Facebook est une application plutôt adaptée pour les « Soulmate », ce ne sera pas du tout le cas d’une application comme Yahoo Answers par exemple.

Il ne faut pas non plus hésiter à être ensuite un peu disruptif dans ce domaine. Burger King l’avait parfaitement fait avec sa campagne Whopper Sacrifice. Là où la promesse de Facebook est de vous aider à garder contact avec vos amis, pourquoi ne pas ringardiser cette notion d’amitié en ligne et la mettre en balance avec une récompense matérielle (de qualité en plus)?

Lire la suite