Logo Interact!on
Archive
Marketing

Je m’intéresse depuis longtemps aux startups Internet. Sans doute ma fibre entrepreneuriale qui me chuchotait dans un coin de l’oreille que ça me servirait un jour.

Et ce jour est arrivé : tout en continuant mon activité de conseil, que je ne suis pas prêt d’arrêter tellement elle est enrichissante pour moi, je suis maintenant acteur du lancement d’un beau et ambitieux projet. Projet qui commencera à être dévoilé en partie à la fin de l’année 2009.

L’une des premières questions qui se posent lors du lancement d’un grand projet est celle du financement. Même si la crise a quelques peu freiné les levées de fond, c’est une option qui reste offerte aux entrepreneurs porteurs de bons projets. Pourtant, je suis convaincu qu’il est plus prudent d’essayer de limiter au maximum l’investissement de départ. Et ce pour plusieurs raisons :

  • D’une part pour limiter le risque : sur Internet, le mix des facteurs clés de succès est complexe : certains projets moyens arrivent à percer alors que d’autres bien meilleurs peinent à décoller.
  • Il y a ensuite un problème de dilution du capital : faire appel à un fort investissement extérieur pour financer le projet amène inévitablement les entrepreneurs à diluer fortement leurs parts du capital, car leur apport est souvent mineur par rapport aux levées de fond. Et qui dit dilution des parts dit perte de contrôle. Quand on a une vision claire de là où on veut emmener le projet, il est toujours préférable de garder les rênes. Il vaut mieux procéder à une levée de fond dans un second temps, lorsque l’entreprise a déjà une certaine valeur.
  • La frugalité peut-être très positif : cela favorise la créativité. Quand on n’a pas d’argent, il faut avoir des idées. Le manque d’argent amène aussi souvent à trouver des solutions plus simples. Je ne vais pas me lancer dans l’éloge de la simplicité, mais plus de simplicité peut être très bénéfique sur la qualité du produit/service. Il vaut mieux se concentrer sur de choses simples et bien les exécuter que vouloir en faire beaucoup et le faire moins bien.
  • Il ne faut pas hésiter non plus à utiliser le temps dont on aurait eu besoin pour la recherche des fonds pour travailler sur le projet et sur la compréhension des futurs clients. Le financement d’un projet peut-être très chronophage.

Comment faire pour se lancer sans un investissement important?

Il faut faire preuve de créativité : trouver des solutions plus simples, moins chères. Cela ne veut pas dire concevoir un produit simpliste, mais systématiquement se demander s’il n’est pas possible de simplifier chaque aspect du projet sans toutefois nuire à sa qualité globale. Et parfois il faut savoir trancher. Certaines fonctionnalités peuvent être développées dans un second temps pour se concentrer sur le cœur du projet.

Apprendre à être un radin-malin (je pense que je viole un copyright avec cette très belle expression, je m’en excuse). Il faut savoir repérer les coûts qui peuvent être limités sans porter préjudice à la qualité du projet : utiliser au maximum les outils de travail à distance pour limiter les déplacements, travailler dans un garage ou à domicile plutôt que dans des locaux flambants neufs…

Dans le même esprit, il faut limiter les frais de personnels : l’excitation du lancement d’un produit innovant devrait compenser chez les premiers employés les avantages financiers et les avantages en nature. Il faut bien sûr prendre soin de ses collaborateurs, leur donner les moyens de travailler dans de bonnes conditions mais il est tout à fait possible de les motiver dans un premier temps sans leur acheter une voiture et un iPhone de fonction. Et en tant que dirigeant, il est important de montrer l’exemple et de ne pas s’acheter une 205 GTI de fonction avec les investissements de départ. Comme on dit souvent, créer une entreprise pour s’enrichir à court ou moyen terme n’est pas un bon calcul.

Se renseigner sur ce qui existe déjà. La richesse des technologies et des entreprises Internet est sans limite ou presque, et des entreprises ont sans doute déjà avancé sur certains aspects de votre projet. Il faut faire des recherches approfondies et se demander à chaque fois s’il existe des partenariats potentiels sous forme d’échange de technologie, de service, de visibilité…

Savoir externaliser : il faut trouver le juste milieu entre garder les compétences en interne et externaliser certaines fonctions. Garder les compétences en interne permet d’avoir des équipes très au fait du projet et de la technologie, qui peuvent avancer très rapidement sur certains points grâce à cette maîtrise du produit. Externaliser permet d’être plus agile et de maîtriser la masse salariale en dehors des gros pics de production. L’externalisation permet également d’intégrer des technologies nouvelles sur le projet sans embaucher une nouvelle personne pour chaque technologie, de limiter l’investissement en matériel et licences…

Penser à la délocalisation. Je ne vais pas me faire que des amis en disant ça. Mais je pense qu’il est plus bénéfique pour l’économie française que des startups se lancent en délocalisant une partie de leur production plutôt que ces startups ne se créent pas. Le Maroc par exemple est un pays intéressant pour sous-traiter une partie de la production : il y a des techniciens et ingénieurs très bien formés, francophones, et qui travaillent à des tarifs bien inférieurs à ceux qui se pratiquent en France.

Lancer le produit/service en plusieurs étapes. Il faut se concentrer au préalable sur les fonctionnalités orientées vers le client. Le produit doit plaire très rapidement, sous peine d’être enterré vivant. Toutes les fonctionnalités qui rapportent de l’argent peuvent être lancées ultérieurement (mais le business model doit être prêt et carré dès le lancement du projet). Une fois qu’une communauté importante est réunie autour du produit et que celui-ci a fait ses preuves, il devient beaucoup plus simple de financer la suite.

Il faut privilégier les solutions évolutives (en particulier pour les aspects techniques et hardware : hébergement, serveurs…). Il n’est pas nécessaire dès le lancement d’acheter des fermes de serveurs. Par contre, il faut que le système de départ puisse évoluer rapidement en cas de succès. Il n’y a rien de pire qu’un produit inaccessible à son lancement (sauf si on s’appelle Apple et qu’on lance l’Iphone).

Lire la suite

Les éléments nécessaires au lancement d’un buzz efficace sont extrêmement complexes.

On a tendance à dire qu’il faut prendre appui sur les influenceurs. C’est vrai que c’est un bon début : en plus de l’audience importante, ce qui qualifie l’influenceur est sa légitimité. Il est reconnu pour être compétent dans son domaines. Mais réussir à toucher les influenceurs ne suffit pas. Si les lecteurs de cette personne ne relaient pas l’information, le bouche à oreille ne pourra pas se développer fortement.

Et les dynamiques à l’œuvre dans la large transmission des informations par bouche à oreille sont encore très complexes à appréhender.

Dans cette optique, Patrick, auteur du blog de neurosciences Very Evolved, a essayé d’isoler un composant essentiel du bouche à oreille : l’Attention.

Cet élément est précieux. Devant le manque de temps et les afflux d’informations importants que nous subissons, notre attention vaut de l’or. Nous sommes devenus très sélectifs, et il faut que le gain espéré soit important pour que nous prenions de notre temps pour être attentifs à une information.

Et c’est encore plus complexe d’arriver à faire partager une informations par une personne à une autre. La valeur importante de l’attention se transforme alors en risque social élevé. Nous avons peur de solliciter quelqu’un avec une information qui ne l’intéressera pas. Il aura alors gaspillé de sa précieuse attention, et risque de nous le faire payer socialement : il sera moins attentif aux informations que nous lui transmettrons dans le futur. C’est vrai dans les discussions traditionnelles, de pair à pair, mais également sur les blogs, les medias…

L’infobésité donne de plus en plus de valeur à notre attention. Les stratégies de buzz ou de bouche à oreille doivent être basées sur cet élément : est-ce que le message que l’on veut faire passer est suffisamment intéressant/remarquable pour que les gens prennent le « risque » de gaspiller leur attention, ou pire encore, de gaspiller l’attention de leurs contacts sociaux. Et il faut également garder en tête qu’une personne qui partage une information est principalement intéressée par ce que ce partage va dire d’elle-même, une personne ne partage une information que si ce partage va l’aider à développer l’image qu’elle souhaite se donner.

Lire la suite

Dans cet excellent article sur Adage.com, Chris Abraham explique pourquoi faire de l’humour sur Internet est risqué. Il prend pour cela l’exemple d’une campagne de Grey Germany, pour la marque de préservatifs Doc Morris. Campagne qui a fait beaucoup parler d’elle sur Internet avec sa baseline assez osée qui signifie en substance « Un préservatif aurait pu nous épargner ça ».

Doc Morris et Hitler

Doc Morris et Hitler

Doc Morris et Mao

Doc Morris et Mao

Doc Morris et Ben Laden

Doc Morris et Ben Laden

Et si visiblement, en Europe, la campagne a été plutôt bien comprise, ça n’a pas été le cas aux USA. Cela soulève le problème de l’humour sur Internet : si sur les médias traditionnels on peut relativement décider de qui verra la publicité, ce n’est pas la cas sur Internet, média qui permet la diffusion à grande échelle et sans frontière de toute information.

Une publicité qui a été créée et testée pour une certaine cible a de forts risques d’être visibles par de très nombreuses personnes qui n’ont rien à voir avec cette cible. De plus, sur Internet, on ne peut pas revenir en arrière. Si dans les médias traditionnels, il est facile d’interrompre la diffusion d’un spot ou d’une annonce, c’est impossible sur Internet. Les informations se diffusent à trop grande vitesse pour pouvoir s’assurer de leur suppression du réseau.

Faut-il alors s’auto-censurer et s’astreindre à ne diffuser que des messages consensuels? Sûrement pas!

Il faut être prêt à assumer ce que l’on diffuse
Il faut peser le pour et le contre de la prise de risque : est-ce que le message vaut la peine de risquer une polémique? Je reste persuadé qu’il est inutile de choquer gratuitement. A chaque marque de décider jusqu’où elle peut aller, en prenant en compte son ADN, ses valeurs, sa cible stratégique…

Il faut préparer la crise
Une polémique en ligne est une crise et doit donc être préparée. Comment réagir? Où prendre la parole? Sous quelle forme?… Il faut admettre que certaines personnes, en dehors de la cible, puissent être choquée, et leur expliquer pourquoi la volonté n’était pas de choquer gratuitement mais de faire passer un message. Il faut donc repérer les principaux diffuseurs de l’information et dialoguer avec eux pour comprendre ce qui les gêne et leur expliquer la position de la marque. Un ton personnel est souvent plus efficace qu’un ton « corporate ».

Ne pas chercher à revenir en arrière
Comme je l’expliquais précédemment, Internet ne permet pas d’effacer toute trace d’une polémique. Essayer tout de même de le faire, en contactant les blogueurs, les diffuseurs de l’information pour leur demander de stopper la diffusion du message ne peut qu’empirer les choses. Ces personnes risquent au contraire de parler encore plus de l’affaire et de mettre en avant sa mauvaise gestion par la marque.

Le dialogue ne doit pas s’arrêter avec la polémique
Le dialogue établi lors de la gestion de la crise doit continuer à vivre. La marque doit continuer à tirer un bénéfice des connexions crées avec les diffuseurs d’information. Cela permet tout d’abord de profiter de l’attitude positive qui découle de ce dialogue, mais également de montrer que la marque ne s’ouvre pas au dialogue seulement quand elle est au pied du mur.

Lire la suite

A l’heure du crowdsourcing, du buzz marketing et des réseaux sociaux, l’une des forces de la publicité pourrait être sa capacité à être recyclable. Cela ne signifie pas que la publicité doit être respectueuse de l’environnement, mais plutôt qu’elle soit facile à copier, à parodier, à reprendre.

Cela permettra aux fans de reprendre la publicité ou le spot, sous la forme de mèmes, et augmenter ainsi sa diffusion de façon spectaculaire.

La précédente campagne d’Apple pour l’Iphone est un excellent exemple de publicité simple, impactante, avec un thème et un message très propices à être repris largement, en particulier sur un ton humoristique.

Elle a été reprise par de nombreuses personnes qui en ont fait des spots, plus ou moins réussis, mais qui ont permis à l’Iphone d’assoir encore un peu plus sa notoriété.

Bien sûr, ces spots ne seront pas toujours favorables à la marque, mais ils démontrent en tous cas un fort engagement des consommateurs envers celle-ci.

Le but n’est pas de faire une publicité banale, terne, mais plutôt de mettre en avant l’idée plutôt que les moyens. C’est à dire oublier un peu les méthodes de conception (stratégique et créative) de la publicité traditionnelle et se pencher sur les méthodes du buzz marketing : une « idée qui colle« , très universelle ou très spécifique, forte, simple à réaliser et qui encourage le partage. Cela implique de ne plus pouvoir cacher la pauvreté de l’idée avec des moyens financiers et techniques importants, démarche au demeurant très saine.

Post inspiré par What consumes me

Lire la suite

L’arrivée des réseaux sociaux pose des problèmes nouveaux en gestion de l’entreprise. Jusqu’à présent, le management stratégique passait en priorité par des investissements dans les secteurs de l’entreprise que l’on souhaitait améliorer ou développer. Pour améliorer la production, on augmentait le budget du département production pour qu’ils puissent acheter de nouvelles machines. Pour améliorer le marketing, on décidait de consacrer un budget important aux focus groupes ou aux études marketing. Pour améliorer l’image de l’entreprise, on acceptait de payer cher une agence reconnue et d’investir massivement en achat d’espace.

Même si l’argent n’était pas le seul critère de réussite, il contribuait fortement aux résultats des différentes composantes de l’entreprise. L’art de la stratégie était en partie une bonne répartition des investissements.

Les média sociaux sont en train de bouleverser tout cela. On peut obtenir des résultats exceptionnels sans budgets énormes. Scott Monty, responsable des medias sociaux chez Ford, a apporté énormément à l’entreprise en ne coûtant quasiment que son salaire. Lego a pu développer ses relations avec les consommateurs sans investissements massifs en achat d’espace ou en marketing direct, grâce à une très bonne utilisation de sa communauté. Dell a pu vendre pour 1 millions de $
de matériel grâce un à simple compte Twitter. Au lieu d’augmenter son budget de R&D, Procter & Gamble a préféré faire appel à sa communauté. Les exemples qui montrent que les medias sociaux peuvent parfois remplacer de lourds investissements sont nombreux.

La réussite n’est plus corrélée aux seuls investissements financiers. Un manager-leader ayant une bonne connaissance des usages des medias sociaux et un très fort sens du client pourra beaucoup apporter à la marque, en la conduisant dans la bonne direction et en la rapprochant de ses consommateurs. Cela ne signifie pas que la marque ne doit plus investir, mais elle doit à chaque fois se demander si une action intelligente utilisant les medias sociaux ne pourrait pas produire les même résultats. Et les médias sociaux ne demandent pas d’investissements financiers énormes. Ils demandent des managers modernes, formés à ces outils, créatifs, à l’écoute des consommateurs.

Le succès de l’entreprise ne vient plus simplement de la stratégie de développement, il vient de multiples micro-interactions entre l’entreprise et ses consommateurs. De plus en plus, la différence se fait dans le détail, et de petites sociétés peuvent marcher sur les plates-bandes de multinationales.

Lire la suite

…du moins, pas tout de suite…

Décidément, Techcrunch m’inspire beaucoup ces temps-ci. Après un billet sur les choix à faire en termes de management de la communauté, c’est un billet sur le futur de la publicité en ligne qui me fait réagir. Eric Clemons publie toutes les raisons pour lesquelles selon lui, la publicité sur Internet ne peut pas fonctionner. Même si ses arguments ne peuvent pas être contestés, je pense qu’il y a des raisons bien plus fortes pour lesquelles je suis persuadé que la publicité en ligne a encore de beaux jours devant elle.

1. La publicité peut être efficace
Je pense qu’on a tous été un jour ou l’autre convaincu par une publicité. Même en gardant à l’esprit que les gens ont de moins en moins confiance dans les publicité, on peut être convaincu par un spot, un print ou une bannière. On peut être convaincu sous différentes formes : décision d’achat, meilleure image, notoriété… Et d’ailleurs si ce n’était pas le cas, les annonceurs arrêteraient de dépenser des milliards en achat d’espace. Je ne dis pas que l’efficacité de la publicité vaut ces milliards, je dis que si la publicité n’était jamais efficace, personne n’en ferait.

2. Elle permet un excellent ciblage
La publicité en ligne bénéficie d’un atout majeur par rapport à la publicité traditionnelle : elle permet un ciblage très précis. Même si certaines agences Média ont encore tendance à cibler par CSP plutôt que par comportement, il n’en reste pas moins que le potentiel des publicités en ligne est énorme à ce niveau là. Quand on recherche un aspirateur silencieux et qu’une bannière vantant le silence de l’une de ces machines nous apparaît, il est évident que l’on va y prêter attention. Après si l’offre n’est pas compétitive, on ne va pas acheter, mais au moins on y aura prêté attention.

3. Elle est interactive
L’infobésité, additionnée à une prolifération des publicités en ligne fait que l’un des enjeux de la publicité en ligne est d’obtenir l’attention des internautes. C’est là qu’intervient l’interactivité. Si l’on offre à l’internaute un peu plus qu’un simple message promotionnel, on a plus de chance de gagner son attention. Les mini jeux, les jeux concours sont des dispositifs très efficaces en ce sens.

4. Elle implique le consommateur
L’interactivité, et les moyens offerts par Internet permettent également d’impliquer les consommateurs dans la publicité en ligne. Certains, comme Facebook, utilisent les avis des consommateurs (option like/unlike sur les publicités) pour cibler encore mieux l’affichage des publicités. D’autres, comme BlogBang, impliquent directement les consommateurs dans la conception et la réalisation des bannières. Même si à mon avis ces exemples sont loin d’utiliser tout le potentiel du crowdsourcing, ils permettent d’une part de proposer des publicités plus en adéquation avec les motivations des internautes, et d’autre part d’impliquer les internautes, ce qui permet d’avoir leur attention.

5. La publicité est nécessaire
L’argument le plus évident pour moi est la nécessité de la publicité. Eric Clemons avance l’argument que les gens préfèrent être conseillés par une relation sociale qu’être sollicités par une publicité.
Certes.
Mais si la publicité n’existait pas, alors une multitude de produits/services ne seraient connus par personne. Et parmi ces produits qui ne seraient jamais connus, peut-être que certains seraient les meilleurs. On assisterait donc à une régression.
La publicité est en quelques sortes une assurance pour les entreprises. Quelle entreprise accepterait d’investir de fortes sommes pour développer un produit sans avoir l’assurance qu’un certain nombre de personnes aient ensuite connaissance du produit? J’ai presque envie de dire que sans publicité, plus de R&D.
Et je ne parle même pas de l’industrie qui est construite sur les revenus de la publicité. Même si ce n’est pas un argument très convaincant en soi, il est suffisant pour garantir que les choses ne pourront pas bouger avant un moment.

Alors bien évidemment, la publicité n’est pas toujours efficace, pas toujours bien utilisée, parfois trop présente, rarement éthique. Mais si elle a survécu tant d’années malgré tous ces défauts, c’est bien le signe que c’est un mal nécessaire. Au lieu de parier sur sa disparition, autant mettre de l’énergie à l’améliorer et à gommer ses défauts.

Pour ceux qui souhaiteraient approfondir le sujet, vous trouverez un excellent article, un peu plus orienté vers les médias, sur Novövision.

Et je devrais écrire incessamment sous peu un article qui expliquera pourquoi Internet menace l’équilibre qui permettait à la publicité de continuer à être si puissante sans avoir besoin de se réinventer. Le sujet est complexe, il serait dommage de s’en tenir à un seul point de vue.

Lire la suite

Au départ était le Fordisme et cette célèbre phrase de Henry Ford : «Les gens peuvent choisir n’importe quelle couleur pour la Ford T, du moment que c’est noir.»

Pour reprendre un article précédent, les besoins à combler étaient tellement grands qu’un produit unique par gamme était suffisant.

Puis, avec des réponses de plus en plus nombreuses à ces besoins, et donc une concurrence accrue, les entreprises ont commencé à concevoir des gammes beaucoup plus large. Cela permettait de répondre précisément à des besoins plus subtils et différents. Et l’on pouvait penser que cette stratégie était la bonne : en multipliant les produits au sein d’une gamme, on pouvait répondre à des besoins multiples et donc toucher un grand nombre de consommateurs.

Le problème a alors été que la concurrence devenait également plus intense au niveau du marketing. La surexposition publicitaire demande beaucoup de cohérence. Pour qu’une marque soit mémorisée, elle doit proposer un positionnement cohérent et unique, afin d’éviter la confusion dans l’esprit des gens. Il est très compliqué de mettre en avant plusieurs produits à la fois, les moyens investis en promotion étant alors éparpillés, tout comme l’image de la marque dans l’esprit des consommateurs.

C’est là que les gammes très fournies posent problème : il est beaucoup plus complexe et onéreux d’imposer plusieurs produits qu’un seul. De nombreuses marques l’ont compris. Apple pousse le concept assez loin. La marque arrive à s’imposer avec des gammes très restreintes. Et je pense que son succès vient en partie de cette simplicité : offrir un seul produit, en plus de permettre une grande rationalisation industrielle, permet à Apple de concentrer tous ses efforts marketing sur un seul objet, qui devient par là objet de désir, objet unique.

Mais cette stratégie peut également poser problème :

  • Que faire si le produit ne marche pas? Il n’est pas simple de se diriger vers une stratégie alternative quand on a tout misé sur un produit.
  • L’attractivité de la marque a des chances de se trouver affectée : les gens cherchent généralement à avoir un produit unique. Voir le même produit partout peut conduire à la banalisation de l’objet.

Alors comment faire? Plusieurs solutions à mon avis :

  • Il est possible de créer des gammes très courtes, avec seulement quelques produits, mais grandement personnalisables. On peut faire cela avec du User Generated Content : en personnalisant le produit lui même à partir d’une base commune, le consommateur a un produit qui est à la fois unique, et totalement adapté à ses envies. Au delà de l’intérêt industriel de produire une base commune, il est intéressant de pouvoir concentrer les efforts marketing sur un seul produit, tout en offrant des options différentes pour satisfaire tous les besoins. C’est une stratégie très commune dans le secteur automobile par exemple.
  • Une autre solution consiste à promouvoir la marque plutôt que les produits. C’est une solution adoptée par des marques de vêtements par exemple, comme Diesel. Cela permet d’offrir une image simple et cohérente, tout en ayant de larges gammes pour répondre aux besoins d’exclusivité des consommateurs. Le problème est que l’on ne peut plus se reposer sur le produit comme positionnement, ce qui peut être un handicap, car les consommateurs choisissent une marque pour ses produits en priorité. Ce n’est donc pas valable pour tous les secteurs d’activités.
  • La situation est également favorable lorsque la marque peut se positionner sur un avantage concurrentiel commun à tous les produits de la gamme. Cela permet de pouvoir concentrer la communication sur un élément, tangible, afin de gagner en cohérence et en attractivité, tout en proposant une gamme assez large.
Lire la suite

Après Facebook qui permet aux utilisateurs de noter les publicités, Hulu.com, la plateforme de vidéos en ligne offre la possibilité à ses visiteurs de choisir la façon dont sera affichée la publicité.

Hulu et les publicités choisies par les utilisateurs

Un nouveau domaine pour le User Generated Content, en quelques sortes?

Je le pense et je crois beaucoup à ce concept. Il part d’un constat très simple : plus une publicité est ciblée et acceptée, plus elle est efficace.

Malgré de meilleures possibilité de ciblage des publicités sur Internet, les taux de clic continuent à diminuer. Et ceci pour deux raisons majeures. La première est la saturation des individus qui continuent, années après années, à être bombardés de messages publicitaires. La seconde raison est un problème de ciblage justement. Ce n’est pas parce qu’on visite un site sur la course automobile que l’on veut s’acheter une voiture : le thème du site n’est pas suffisant pour un bon ciblage.

Le fait de consulter les consommateurs dans ce choix répond à cette double problématique : les utilisateurs seront mieux ciblés puisque le choix des publicités affichées vient d’eux et ils seront plus réceptifs car les publicités correspondront mieux à leurs motivations.

Comment mettre tout cela en place?
Je vois plusieurs solutions :

  • Si des moyens avancés de connaissance des consommateurs sont déjà en place sur le site (identification des visiteurs), on peut classer les publicités par thème, et afficher en priorité des publicités du même thème que celles sur lesquelles il a déjà cliqué. C’est un peu le principe des ventes croisées (« vous avez acheté tel produit, vous aimerez aussi… ») appliqué à la publicité.
  • On peut également, comme sur Facebook, proposer au consommateur de noter les publicités, afin d’affiner ce qu’il est prêt à regarder et ce qu’il considère comme de la nuisance.
  • On peut enfin demander au consommateur ses motivations, en lui proposant des thèmes à choisir pour l’affichage des publicités.
  • Pour revenir au contenant plus qu’au contenu, on peut imaginer une interface riche qui permette aux visiteurs de placer la publicité à l’endroit où ils le souhaitent sur le site Internet.
  • On peut aussi proposer aux visiteurs de « consommer » la publicité comme ils le souhaitent : on peut par exemple leur proposer lors de l’abonnement à un site s’ils préfèrent recevoir les publicités par email ou avoir des bandeaux publicitaires sur le site.

Tous ces moyens sont encore complexes à mettre en place, mais valent le coup d’être étudiés pour faire face à l’indigestion publicitaire dont souffrent de plus en plus de personnes. Cela n’empêchera pas la publicité sur Internet d’être globalement considérée comme une nuisance, mais il ne faut pas oublier que c’est souvent un moyen de financer des services gratuits.

Lire la suite